ARLEQUINS DE MARBRE
M. Héron de Villefosse vient de communiquer à l'Académie des Inscriptions cette découverte que la Vénus d^ Arles n'est qu'un rafistolage opéré dans les ateliers de Girardon. On a, en eèet, retrouvé un moulage de la statue telle qu'elle était avant son départ d'Arles pour la grande galerie du château de Versailles, où elle ne fut admise qu'après une sévère autant que maladroite et profanatrice mise au point. Girardon, qui ne la trouvait pas de son goût, en refit ou en retoucha le bras droit, l' avant-bras gauche, la figure, la chevelure, la poitrine, les hanches et les draperies. A cela près, la Vénus d' Arles est une œuvre grecque du iv^ siècle. M. Héron de Villefosse, qui parle purement la langue du jour, a bien voulu appeler la restauration de Girardon un véritable « sabotage artistique ». Son indignation a gagné l'Académie entière, qui a émis le vœu qu'on fît figurer à côté du marbre retapé l'authentique et véridique moulage. L'étonnement de l'excellent archéologue n'est pas sans me surprendre un peu, car enfin toutes