LES CHEVEUX LONGS
avaient également adopté la riche chevelure qu'accompagnait une barbe non moins opulente. On connaît l'expression : une vieille barbe de 48. En ce temps-là, bien des poètes avaient sacrifié cheveux et barbe. Victor Hugo, Banville, d'autres, sans doute, étaient rasés. L'aspect chevelu dit aux familiers de son histoire la date d'un portrait de Hugo. Quant à Banville, je crois qu'il fut de bonne heure complètement chauve. Rien n'a été plus variable que la manière de porter cheveux et barbe, depuis 1848, et s'il y eut des modes générales, il y eut bien des caprices particuliers. On ne sait plus, il faudrait avoir d'authentiques collections de portraits. Depuis que la barbe est considérée comme un ornement, tout est incertain. Au xviii^ siècle, elle eut été un scandale. Comme les cheveux, on la tenait pour une « ordure )), les uns étaient voilés d'une couche de farine, l'autre supprimée. Tout cela ne résout pas la question de V Intermédiaire, à moins qu'on n'admette que les cheveux longs sont, tout bonnement, comme je le crois, une survivance du romantisme et nullement un signe particulier aux musiciens.