‹ Le vase magiqueChapitre 83 sur 100 · LE POURBOIRE · texte numérisé non relu

LE POURBOIRE

Je ne suis pas l'ennemi du pourboire, même de celui des ouvreuses, car enfin toube peine mérite salaire et il me serait désagréable de recevoir un menu service sans le reconnaître aussitôt d'une façon précise. Et quoi de plus précis que la monnaie ? Comme le disait Mallarmé, c'est le seul langage connu de tous et compris sans ambages. Seulement, c'est un langage ruineux et, à s'en servir trop souvent, on risque de n'avoir bientôt plus rien à dire. Le pourboire est obligatoire ou facultatif. Obligatoire, il mérite très peu son nom, car il est perçu, malgré l'apparence, par l'employeur et non par l'employé, auquel il est compté comme salaire. Ne pas le verser, c'est diminuer d'autant des gains assurés par contrat. C'est une évidence à laquelle les cochers de fiacre aiment à vous rappeler, quelquefois un peu vertement. Quant aux pourboires facultatifs, ils ne le sont que de nom ; l'attitude de celui qui attend vous l'apprendrait, si vous ne le saviez pas, et suffirait à vous faire comprendre combien il est dangereux d'ignorer les usages sociaux. Car voilà ce qu'est

Page 1