UN MÉTIER DIFFICILE
pas les réunions de l'été, les courses, le. fêtes de plein air, le métier ne serait pas tenable. » Et il s'agit, notez-le, d'un des maîtres du genre, d'un de ceux qui honorent leur profession par une incontestable dextérité. Que doivent donc devenir les autres, durant la mauvaise saison, les débutants, ceux qui rougissent encore en passant la main sous votre paletot, ceux qui se troublent sous le regard sévère du policeman ? Les Anglais se tiennent trop sur leurs gardes. On ne saurait trop conseiller aux pickpockets de Londres de venir passer l'hiver à Paris. D'abord le climat est plus doux, puis les gens y sont sans méfiance. On a arrêté l'autre jour une femme qui, en quelques heures, avait rassemblé dans ses poches une soixantaine d'objets différents, insignifiants, d'ailleurs, pris dans celles de ses voisins, à un enterrement. On voit ce que pourrait rendre une foule sous la main d'un de ces Anglais qui savent vraiment leur métier.
DECORATIONS
Une revue illustrée donne dans son dernier fascicule deux grandes planches coloriées où l'on voit, comme sur la poitrine d'un citoyen éminent, universel et sympathique, étalées toutes les décorations françaises de l'heure actuelle et même depuis Napoléon. J'ai été bien aise de contempler cela. Pour le détail, cela demande un bon moment. Il n'y en a pas moins de quarante et une pour le présent, parmi lesquelles peu de jolies et pas une sans doute qu'une femme élégante voudrait pour bijou. Mais c'est toujours assez bon pour des hommes. Matière que j'avais négligée jusqu'ici, cela m'a instruit. J'ai appris qu'il y avait une médaille spéciale pour les vétérans du service pénitentiaire : elle est même pourvue d'un des rubans les moins laids. On cultive l'esthétique dans cette partie. J'ai longtemps attendu autrefois qu'on m'offrît le mérite agricole en faveur des titres de quelques-uns de mes livres où il est beaucoup question d'arbres, de fleurs, de culture et de l'espèce chevaline. Qu'il eût été amusant et sans doute facile, de tromper quelque ministre