Le Vatican et les arméniens
À peine Mgr Placide Casangian, archevêque d’Antioche, abbé général des Antonins et vicaire patriarcal de Cilicie, eut-il publié vers la fin de l’année dernière sa Eisposta finale deoli Oriextali aoli Occidentali, {Dernière réponse des orientaux aux occidentaux), tout le parti clérical, tant sur les bords du Tibre et de la Seine que sur les rives du Bosphore, poussa un cri d’alarme contre cette publication, et nous avons vu une série de brochures plus ou moins violentes, qui attaquaient Mgr Casangian, non seulement dans sa publication, mais aussi dans ses actes particuliers et dans son honneur individuel.
Toutes ces attaques sont anonymes, et à juste raison, car à aucune d'elles un homme d'honneur no pourrait apposer son nom. Mais nous croyons pouvoir affirmer, que la maladresse de ces auteurs anonymes a presque toujours laissé apercevoir la main qui lançait le trait à la dérobée.
Il serait presque impossible de suivre une à une toutes ces publications et de passer en revue dans un travail de réfutation tous les faux arguments qu'on a pu mettre en avant
et toutes les calomnies que l’esprit violent a pu lancer contre Mgr Casangian, en changeant une discussion grave en un rainas de bassesses et de personnalités. Plusieurs de ces publications ont déjà été réfutées par d’autres, et nous, en le voulant faire à notre tour, nous ne pourrions pas les suivre dans leurs détails et dans leurs particularités. Notre attention a été frappée par la plus récente d’entre elles, également anonyme, à laquelle pourtant la voix commune assigne une haute prove^ nauce. Cette brochure a recueilli et réuni comme en un seul faisceau tous les traits lancés contre Mgr Casangian. Aux attaques elle a donné plus d’ordre et d’ensemble, en faisant même un certain choix, pour prendre celles qui avaient une apparence de plus juste raison et laisser celles auxquelles une trop grande violence enlevait toute espèce de valeur, môme aux yeux de ce nouvel auteur mieux avisé.
Cette brochure est sortie de l’imprimerie du Courrier d' Orient à Constantinople, il y a presque deux mois, à ce que nous savons, et elle porte le titre de Réponse à la hrochm'e intitulée: Dernière réponse des orientaux aux occidentaux. Son auteur se déclare vers la fin de la brochure (page 46) un vrai arménien catholique du rite oriental, mais il pouvait plus proprement se nommer un hassouniste, nom que l’usage commun a consacré pour désigner les arméniens cléricaux. Comme nous disions plus haut, l’auteur n’est pas seulement un grégaire de ce parti, mais un de ses chefs, ou mieux encore, un aller ego de l’homme qui lui a donné son nom. L’auteur de cette brochure, que nous appellerons tout brièvement la Réponse, aux anciens arguments a ajouté de son fond un grand nombre de citations, lesquelles nous obligeront à nous arrêter pour les étudier. Du reste les arguments et les citations, que nous rencontrons dans la Réponse, 'comprenant tout ce qui avait été dit jusqu’ici, l’étude que nous allons
en faire suffira pour donner à nos lecteurs une idée complète do cette longue discussion, en même temps qu'un aperçu général sur la question arménienne au point de vue religieux et ecclésiastique et des rapports existant entre l’église romaine et l’eglise arménienne, ou mieux encore entre le Vatican et les Arméniens.
Et comme ces solutions doivent nécessairement découler dos arguments contradictoires sur lesquels s’appuie le différend entre le Vatican et les Arméniens, les lecteurs trouveront ici les principes qui conduisent à connaître et à juger la question arménienne. Nous sommes pourtant bien loin de la prétention d'affirmer que cette brochure contienne tous les principes, jtuisque, obligés do rester sur le terrain do la brochure à laquelle nous devons répondre, nous ne pourrons pas considérer la question arménienne au point de vue civil, ni étudier les rapports de la communauté arménienne catholique avec le gouvernement de la Sublime Porte et les autres communautés non-musulmanes de l’empire.
Avant d’entrer dans la discussion, nos lecteurs nous permettront sans doute quelques lignes sur Mgr Casangian. L’auteur de la Réponse, quoiqu’il ait déclaré ne pas vouloir faire de personnalités, n’a pas pu pourtant se tenir strictement à cet engagement et épargner à Mgr Casangian les imputations d’imposteur, do falsificateur, de renégat, de parjure, de schismatique, d’hérétique, ajoutant ainsi les injures aux arguments et sans dégager sa responsabilité des injures antérieures.
Par conséquent nous croyons que, soit comme une réiwnse à ces injures, soit comme un avant-propos indispensable
au moment d’entreprendre la défense de la publication et des principes de Mgr Casangian, il est de notre devoir do faire connaître à nos lecteurs que, s’il y a une carrière épiscopale honorable et irréprochable, c’est bien celle parcourue par Mgr Casangian, que l’ordre dos Antonins se vante de compter comme un de ses membres les plus distingués. 11 a fait ses études supérieures au lycée de Saint-Apollinaire de Rome, et a été professeur des lettres et des sciences dans sa propre congrégation; il a été aussi professeur dans le lycée du Collège do la Propagande; comme directeur du collège et recteur des études, et ensuite comme procureur général de son ordre à Rome, il se fit remarquer par son esprit élevé et ses idées vastes et lumineuses. Comme chancelier patriarcal et comme lieutenant du patriarche, à Constantinopole. il a prêté ses services à sa nation et a mérité la reconnaissance et l’admiration de tons, de sorte que la nation l'avait alors désigné comme candidat au patriarcat national. La congrégation Antonine l'a nommé son supérieur général en 1864, et le siège de Cilicie l’a consacré archevêque diocésain d’Antioche. Mgr Casangian, avec une si rapide et si brillante carrière, compte à peine dix lustres.
Mais nous montrerons mieux encore son mérite en enregistrant les témoignages que ses adversaires ont dû lui rendre malgré eux. La Propagande et ses agents no peuvent avoir oublié les efforts qu’ils ont fait pour le séduire et l’amener à leur cause. La cour du Vatican ne peut pas nier le fait de son opposition à tous les avancements de ^Igr Casangian dans les diverses charges et à son progrès dans la faveur de la communauté. Elle ne pourra jamais démentir qu’une élection régulière do la congrégation Antonine et un acte canonique du patriarcat de Cilicie ont été combattus par elle pour la seule raison que l’objet do ses actes était .Mgr Casangian. Le Vatican
devra avouer ses tentatives pour le priver de ses fonctions , quoique elles n’aient pas été couronnées de succès. Il en est de luême des intrigues déployées par cotte cour pour éviter la présence de Mgr Casangian dans toutes les circonstances oii elle voulait faire un coup de main contre l'église d'Orient pour on abolir les privilèges et les traditions. L’acte honteux d'ordonner l’emprisonnement d’un archevêque pendant le concile œcuménique, sous des prétextes ridicules, n’a eu lieu que pour Mgr Casangian. Et actuellement l’acharnement que l’on a mis à combattre par de nombreuses publications une petite brochure de Mgr Casangian, n’ est-il pas une preuve de la force morale ■ que possède son nom ?
Que les organes du Vatican multiplient leurs efforts pour combattre les actes et la personne de Mgr Casangian, ils ne pourront qu’augmenter sa gloire. L’énergie qu’ils déploient dans leurs actes dément le dédain qu’affichent leurs paroles, et les esprits impartiaux jugeront de la vérité. Il est inutile que ses adversaires déclarent que sa brochure ne leur a appris rien (le nouveau ni rien de se'rîcux (1), et qu’on s'abaisserait trop si on voulait en faire une réftitation sérieuse (2).
Les expressions de ce genre n’enlèvent rien à l’autorité, qui s’impose à eux, d’une brochure contre, laquelle ils recourent à toute sorte d’armes, sans exclure celles qui sont indignes d’un ennemi loyal.
Que Mgr Casangian nous pardonne si nous avons blessé sa modestie. Son nom se présentait à nous dans ce cas comme la personnification de nos principes. Ce nom étant calomnié par nos adversaires, nous ne pouvions pas, faute de laisser incomplet notre travail, nous dispenser do cette digression.
Abordons maintenant la question des principes.
11) Ht'ponsc à /a hmehure. iiitUiUêi\- Dertvère répnnMe de» orientaur urf-i-. dentfinx. page X
12) Ui 9€nie réponse des cnihoUtfues aux rehidles excommuniés, page 3.
L’auteur de la lieponse, selon l’usage de tous les organes du Vatican, commence par appeler le mépris universel sur les catholiques d’ Orient et par les peindre sous les couleurs les plus sombres. L’Orient catholique, cela est évident, est devenu une des préoccupations les plus graves de la cour du Vatican. Que de lettres apostoliques, d’encycliques, de missions diplomatiques, d’interventions politiques, de brochures et de publications périodiques à ce sujet ! Ce sont pour nous autant d’arguments qui prouvent les appréhensions de la cour du Vatican et de son parti, tandis que leurs organes, comme si leurs actes n’étaient pas assez éloquents pour expliquer l’opposition énergique des Arméniens, viennent nous crier avec le rire sur les lèvres: « C’est au nom de 900 à 1000 arméniens orientaux, récemment séparés de l’église catholique , que Mgr Casangian prend la parole, et c’est au nom de ce groupe qu’il envoie à l’église catholique de 250 millions d’Hines sa dernière réponse ! » (1)
La question du nombre des Arméniens, qui combattent présentement contre la cour de Rome, est une question secondaire. Si réellement il ne s’agissait ici que d’un groupe de 1000 personnes tout au plus, pourquoi la cour du Vatican, forte de l’appui de 250 millions, mettrait-elle tant de passion à vouloir écraser ce faible adversaire, et après une lutte do plusieurs années, après l’emploi de toutes les armes ecclésiastiques et diplomatiques , spirituelles et temporelles , se trouve-t-clle encore impuissante à soumettre ce petit ennemi, le groupe microscopique des Arméniens ? Helas ! combien les champions du Vatican sont inconséquents !
(I) Itejtoiisc « la hi-Dchure elc. pag. -i.
A quoi bon se mentir il soi même ! Et pourquoi leur bouche n'avoue-t-elle pas ce que déclarent leurs actes? Leur préoccupation, leurs efforts, tout, jusqu’aux armes qu’ils emploient, révèle en effet que la question arménienne n’est pas pour eux une question de 1000. ni môme de 100000 personnes, mais que c’est une question soulevée et on litige entre l’Orient et l’Occident, entre les deux parties de l’église, parties moralement égales quoique aujourd’hui matériellement inégales; c’est une question entre la tradition ancienne et les changements postérieurement introduits dans les canons sacrés au profit de l’arbitraire d’un seul; une question entre les principes de l’évangile et l’esprit de domination.
Le Vatican ne se croit pas sûr de son œuvre, tant que dans un coin de l’Orient, il se trouve une église, église parfaitement catholique et parfaitement conservatrice, qui s’y refuse et la contredit par le droit do son existence même. La cour, qui dans le Vatican a succédé à l’église dq Rome, croit voir un reproche tacite à ses actes dans le document parlant et pratique du catholicisme oriental, et elle combat avec acharnement cette église dont l’humilité actuelle ne fait que mieux ressortir, par la fidélité ferme qu’elle a conservée à ses doctrines, la gloire et la grandeur des anciens temps et la contradiction qui en résulte contre les nouvelles doctrines romaines.
Ce ne sont ni des palais ni des basiliques, ni des richesses ni des trésors, ni des bénéfices ni des rentes, qui constituent la grandeur du catholicisme actuel d’ Orient; et ce n’est pas de la puissance de son clergé, ni de la multitude de ses fidèles qu’il s’enorgueillit. Ses patriarches et ses évêques forts de leurs droits apostoliques, son clergé tout entier fier de la participation spirituelle du laïcat, ses fidèles glorieux dans leurs sincérité religieuse, ni indifférents, ni fanatiques; tels sont les titres qui permettent à l’église d’Orient de ne pas se considérer connue au dessous de l’église d’ Occident.
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C’est au nom de cette église d’Orient que Mgr Casangian a pris la parole quand il a publié la Risposta finale. Mgr Casangian s’est fait le défenseur d’un principe; et, dans les questions de principes, le nombre des personnes ne décide pas de la vérité. Que les adversaires de l’église d’Orient veuillent bien ne pas oublier, que ceux qui posent la force d'un principe et d’une vérité dans le nombre des personnes qui la soutiennent ou qui la combattent, ne défendent pas comme elle doit l’être la cause de l’église.
On peut construire des argumentations sur les principes, mais non sur les faits. Ces derniers tombent sous le domaine des sens , et, quand ils sont présents et contemporains, il faudrait se déclarer disciple de Pyrrhon pour en nier 1’ existence. Nous croyons avoir à com1)attre avec un sceptique, en lisant les assertions de l’auteur de la Ri'ponse , quand il vient nous dire avec une audace effrontée qu’ il n’ y a aucune distinction entre l'église d’Orient et l’église d’Occidont dans la discipline, dans le régime et dans les usages, et que les relations entre le pape et les catholiques de Constantinople ou de Babylone, sont tout à fait tes mêmes que les relations existant entre le pape et les fidèles de Rome ou de Dublin. Aurions-nous donc besoin de prouver par des témoignages et des arguments co qui est un fait universellement admis et connu par tout le monde? Nous le ferions sans difficulté, mais comme nous avons assez à dire et à expliquer et que, craignant de fatiguer nos' lecteurs par une surabondance de preuves, nous voulons nous en tenir aux points indispensables, nous croyons que notre adversaire sera capable, s’ il n’ est pas irréparablement tombé dans le scepticisme, d’admettre le fait existant d’une église
orientale ou d’ églises orientales, qui diffèrent de l’église occidentale par leur discipline, leur régime et leurs usages.
Si n’existait pas cette différence, les efforts du Vatican n’auraient aucune raison d’être, ses défiances auraient été purement imaginaires et ses actes devraient être jugés comme des fictions comiques. Quand le pape lui-même , par un acte solennel, vient de nous prévenir qu’ il veut abolir divers points delà discipline et du régime de l’église orientale arménienne, et les soumettre à la forme qui est en vigueur en Occident, en déclarant vouloir faire une constitution 'presque nouvelle du patriarcat arménien (1), ne sommes-nous pas en droit de demander: Qu’est-ce que le pape veut abolir, s’il n’y a aucune différence entre l’église orientale et l’église occidentale? Quelle est
l'interprétation que les avocats du Vatican pensent do donner aux
expressions de la dernière encyclique , quand on y affirme, de la part du pape, que c’ était un changement, une rénovation qu’on a voulu opérer par la lettre apostolique de 1867 (2).
Ou la différence existe, ou elle n’existe pas. Si elle existe, mentent nos contradicteurs ; si elle n’ existe pas, erre le pape, î^ous aimons mieux défendre le pape que ses faux avocats, le.squels, s’ils lui étaient sincèrement dévoués, lui devraient épargner cette triste alternative.
Le fait, dont nous sommes témoins, et dont nos adversaires le sont également malgré eux, s’ est vérifié dans les siècles passés ; et comme nos adversaires ne pourront pas démontrer que cette distinction ait eu son origine dans une époque
(1) llaec ferme nova patriarchatus annenii conslitiitio. (Mire aposlolû/ue Revkk- SL'lli;s (tu 12 juillet 1807. edil. de Rome de 1807, pag. 8).
(2) EnegcUque Qi'abti.s si i>ra du G janvier 1873, dan* la quelle le pape mel en parallèle le* pniids disciplinaires existant* avant 1807 et le* points étatili* par la lettre apostolique ItKVEHSl'Brs du 12 juillet 1807, et fait se* défenses pour ü^s diversité* qu'on y rencontre. U adopte souvent les mots vctiiiiniis (J| 2i), vetueriiniis 39), pour le* usages anciens, et le* mots eOixiimis (g 2-t), tdixerimus (g 13,) le* prescriptions dernière*, auniueUcs il donne même le nom d’innovation: ob innuvatain lej^em 431.
précise et déterminée , nous sommes en droit de déduire que cette distinction de discipline, de régime et d' usages, remonte aux premiers siècles du christianisme , et doit avoir son fondement et son germe dans les traditions apostoliques; autrement nous devrions admettre qu' il existe dans le sein du catholicisme un fait essentiel , qui est reconnu comme régulier par toute l’église, et qui a duré pendant tant de siècles, sans qu' il soit conforme aux principes de l’église même.
Nous forons observer aux écrivains qui attaquent les églises d’ Orient, que les docteurs des canons et des dogmes font une distinction entre les canons disciplinaires et les canons dogmatiques des synodes. Cette distinction, ils 1’ admettent même dans les délibérations formelles des synodes œcuméniques. Sur la base de cette distinction, ils enseignent que les canons disciplinaires n’ obligent que les églises qui ont pris part à leur constitution, quand, au contraire, si ce sont des canons dogmatiques, ils obligent indistinctement toute l’église catholique ; puisque la doctrine est une, mais que la discipline est variée dans l’ église du Christ. Cette doctrine est appliquée en plus d’un cas à l’interprétation des conciles de Trente, de Latran, de Lyon, de Vienne, de Constance, de Bâle. Les canonistes latins font' cette distinction même sur les conciles de Calcédoine et de Tnillum et du dernier de Constantinople, quand s’y trouvent quelques canons qiT ils ne veulent pas appliquer à la discipline de 1’ église latine. C‘ est la doctrine des canonistes d’ Occident , auxquels 1’ adver.saire de Mgr Casangian devrait prêter hommage, pour ne pas être suspect dans sa dévotion envers l’église latine.
Les études historiques et archéologiques nous pourraient donner beaucoup d’ arguments pour montrer une à une toutes les différences qui ont existé dans tous les temps entre l’Orient et r Occident quant à, la discipline, au régime et aux usages.
Mais comme nous voulons être bref autant qu’ il nous sera possible, nous laissons de cOtô des recherches longues et minutieuses.
Une seule expression doit être éclaircie, sur la<|uelle. par un jeu de mots, semble se fonder l'adversaire de Mgr Casansrian. L'illustre prélat a parlé de cette distinction comme ayant origine dès les premieis temps de l’ée/lise (1), laquelle phrase est reproduite en français un peu plus largement par les mots: depuis la fondation de l’ enlise, et l’auteur de la Réponse a voulu interpréter cette phrase dans ce sens qu'il aurait existé* une église orientale et une église occidentale parmi les cent-vingt fidèles (2) qui ont constitué au cénacle de Jérusalem l’église primitive. Non: l’auteur de la Risposta Juialc n’a pas pu et n’a pas voulu parler dans ce sens ridicule; et l’auteur de la Rc'pome ne pouvait l’entendre ni le supposer, s’il voulait donner preuve d’un écrivain sérieux et non d’un écrivain humoristique.
Les diversités dans l’église ont leur principe constitutif
dans la diversité de leur fondation et dans les autonomies de
chaque fondation. Ces fondations et ces autonomies reconnaissent leur principe dans la mission des apêtres, jninistres plénipotentiaires du Christ et non de Pierre, qui ont reçu cette mission du Christ et non de Pierre. Parler des apêtres. c’est parler de la fondation de l’église, et à plus forte raison, c’est parler des premiers temps de l’église, et tel est le sens véritable, telle est la seule interprétation sérieuse et de bonne foi des paroles de Mgr Casangian. Et en réalité, n’est-ce pas là, l’origine naturelle des différences qui ont existé dans l’église? Les apêtres qui ont fondé les diverses églises, en vertu de leur
(I) Fin ()ai primonli üclla Chiesa. (C4 S%nc.u,>. ïUrponla finale, 3L i Act. I. 15.
mission divine, ont pu constituer dans chacune d’elles des usages qui n 'étaient pas les mêmes que ceux adoptés par les autres. Est-ce que tel n’est pas le sens du différend des pâques au deuxième siècle, quand les évêques d’Asie opposaient la tradition de saint Jean aux evôques d’Italie se fondant sur la tradition de saint Pierre?
En vertu du môme pouvoir apostolique, dès le début, se formèrent les églises centrales des diverses villes et leurs diramations, c’est-à-dire, la hiérarchie chrétienne; laquelle, selon le cours ordinaire des évènements humains, même sans aucune délibération explicite, se conforma à la hiérarchie politique, de façon que dans les villes, où se trouvaient les préfets et les sous-préfets, s’établirent peu à peu les sièges patriarcaux et les métropolitains, lesquelles villes antérieurement par leur importance politique avaient nécessité la présence des apôtres en personne. La discipline spéciale a aidé l’autonomie ou la dépendance des sièges; l’autonomie et la dépendance à leur tour ont conservé la discipline spéciale; et c’est ainsi que, depuis la fondation de l’église, la diversité des églises et la diversité de la discipline unies à celle du régime hiérarchique, ont pu se développer au fur et à mesure que l’église progressait, et se trouvèrent dans les conditions d'un fait formel et complet, quand l’église arriva à son avancement complet et parfait.
Et les défenseurs des prestiges de l’église latine ne peuvent avoir la présomption de prouver l’unité des usages et des disciplines par l’unité originaire de l’église. Cet argument serait tout-à-fait au préjudice de l’église latine, qui ne pourrait certes pas prétendre être la première église par fondation.
L’Orient l’emporterait sur ce point; et si la raison d’origine devait décider de l’unité de la discipline, des usages et du régime, nous inviterions l’église mère latine, qui n’est certes pas mère par raison de maternité, à reconnaître dans l’é-
glise d’Orient le droit de proposer ses usages, sa discipline et son régime comme seuls et uniques. Elle doit se rappeler que rOrient est le berceau non seulement du christianisme, mais encore du catholicisme: que c’est en Orient qu'est instituée la discipline primitive; que c’est dans la langue grecque et dans la discipline grecque que la primitive église d’Occident célébrait ses rites religieux, qu'écrivaient ses pères et que régissaient ses pasteurs.
Notre contradicteur pourrait-il nous expliquer, pourquoi, malgré la suprématie de l’église occidentale, tous les conciles œcuméniques ont été convoqués eu Orient? pourquoi les canons de ces conciles ont été rédigés conformément aux usages de l’église d’Orient? Nous savons qu’il pourra nous dire que la convocation des conciles en Orient est dûe en partie à certaines circonstances secondaires, mais il ne pourra pas nier que la discipline de l’église d'Occidcnt n’était nullement universelle, ni quelle n’était pas propagée, adoptée et suivie par tout le monde. La prétention contraire n’est qu’une fiction de son imagination, ou mieux encore de ses désirs. Et de môme reste comme un fait acquis à, l’histoire, que ce fut dès le moment que les papes ont commencé h imposer aux autres pays leurs usages et leurs arbitres au lieu des canons ecclésiastiques et des usages traditionnels, que le siège ordinaire des grands conciles a commencé à être le Latran et non plus l’Orient.
Mais cela suffit pour indiquer la position de la question quant h ce qui regarde, soit les diversités qui ont existé en tout temps dans l’église, soit leurs origines traditionnelles et apo. stoliques, ou, si l’on veut, relevant de la fondation de l’église, soit enfin les usages et la discipline d’Orient mis en face de l’église primitive.
Le vrai arménien catholique du rite oriental dans sa Réponse trouve qu'il y aurait dualisme dans l'église si on admettait des distinctions entre l'Orient et l’Occideut, comme l’a soutenu Mgr Casangian. Et comme tout dualisme exclut l’imité, et comme l'église doit être une d'après la volonté de son fondateur, il conclut que toute distinction dans l’église doit être repoussée par tout vrai catholique comme lui. Pour nous prouver qu’il est à la hauteur d'un élève en théologie, en histoire ecclésiastique ou en droit-canon, personnes compétentes d'après lui à résoudre toutes les difficultés (1), il répète quelques extraits de ses leçons théologiques en amassant des citations, des faits et des noms, pour attester que l’église du Christ ne peut contenir aucune distinction, ni aucune différence dans son sein. C’est ainsi qu’il nous oppose l’unité de fondement en citant les paroles du Christ, que saint Pierre était une piei're, et que sur cette pierre il établissait son église (2), comme si l’église de même qu’elle se dit être fondée sur cette pierre (3), ne se disait pas être basée sur les douze fondements (4) qui représentent les douze apôtres, comme l’a vu l’apOtre-évangéliste dans sa vision à Pathmos. 11 cite le pouvoir donné à Pierre de gouverner (5), parole substituée par lui à celle textuelle de paître (6), comme si tous les apôtres n’eussent pas reçu le même Saint-Esprit d’autorité (7) et le même pouvoir de lier et d’absoudre (8), d’enseigner et de prêcher (9). Il semble attri-
(1) Béponje à la hrachure ctc. pag. 6.
(2j Hêponte à la brnctiure etc. pag.
(3) Mallli. XVI. 18.
(4) Apec. XXI. U.
(5) Itèpome à la hroi'hure olf. pag. 5.
(6) Joan. X.XI. 15.
(7) Joan. XX. îi.
(8) Malth. XVIII. 18.
(9) Matlh XXVIII. 19. iO
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buer un sens littéral aux paroles de Jésus-Christ (1), en prétendant que l’unité de Téglise doit être aussi profonde et atissi sublime que V union de Jésus-Christ avec le Père Etemel {2). Si c’est vraiment l’unité absolue que le vrai catholique cherche à établir dans l’église, il devrait supprimer plusieurs points de diversités que l’église a conservées, il devrait effacer de l’évangile maints passages qui parlent de l’autorité de plusieurs chefs ou ministres, afin de pouvoir réaliser son plan imaginaire d’une unité concentrant en elle tous les points possibles sans aucune trace de diversité et de différence.
Nous ne voulons pas nous occuper de l’interprétation do ce texte; assez d’autres écrivains l’ont fait et ont constaté que l’unité du Père et du Fils, prise comme type de l’unité de l’église, nous conduirait à une unité réelle, accompagnée d’une diversité réelle; ce qui, appliqué en pratique, voudrait dire que si l’église est une, ses parties, et à plus forte raison, les parties principales, l’orientale et l’occidentale, doivent être réellement distinguées, car elles ne pourraient être altérées ni modifiées sans offenser l’unité môme, telle qu’elle est conçue par le dogme catholique. Cette idée est dùe au révérend docteur Raphaël Miassérian, et voici ses paroles: « Qu'ils soient un, dit le Christ, comme, nous, nous sommes un; c’est-à-dire, que restent inconfondues les qualités propres des églises. » (3) La môme idée a été développée par le révérend docteur David Ciragiau: « Si, dit-il, malgré la distiuction des trois personnes divines, laquelle est une distinction réelle et non accidentelle, le Christ dit qiéils soient un, comme, nous, nous sommes un; pourquoi, malgré la distinction réelle des églises orientale et occidentale, le catholicisme ne pourra-tr-il pas ou ne devra-
(1) Joan. XVII. a.
(2) Répofue à la brochure clc. pag.
(3) Miasscuian. Quelques mots contre V anonyme nuleur de la brochure: Un coup, d’oeil. Brochure en anuénicn. pag. 14.
t-il pas se dire un? Un dans la substance, difff^rent dans le mode; un dans la foi et dans la morale, différent clans les rites, la liturgie et la discipline. » (1) Nous sommes précisément dans le cas affirmé par Mgr Casangian, et le texte évangélique cité par les adversaires appuie le principe qu’ils prétendaient combattre. Mais laissons ce genre d’arguments. Quand nous ne sommes pas dans le sens littéral d’un texte, le sens accommodé ne peut pas trancher la question. D’ailleurs, on chercherait inutilement dans les mots: Unum sint sient et nos mmm sumus, les rapports des églises d’Orient et d'Occident. Seulement c’est l’imagination des écrivains dépourvus d’arguments solides, qui se trouve obligée do recourir aux sens accommodés. Retournons donc aux autres arguments du vrai catholique du rite oriental.
Mais qu’est-ce là, vrai catholique du rite oriental! Qu’est-ce que cette différence de rite ? Est-ee que l’unité de l’église peut souffrir que se trouvent dans son sein des diversités semblables ? Est-ce que l’unité de l’église peut permettre que vous fassiez un acte de distinction et de division en vous déclarant en dehors des rites de la mère église latine, en dehors des rites dont fait usage le chef du catholicisme? Nous ne faisons pas de plaisanteries; nous voulons prendre acte d’une première distinction que nos adversaires sont obligés d’admettre, malgré leur zèle d’unité parfaite, malgré leur manie d’unité sans exception. Si on peut être bon catholique avec des rites différents, pourquoi no pourrait-on pas l’être avec une discipline et des usages différents ? Toute le question se réduit donc à voir si la discipline et les usages , de même que les rites, ne détruisent pas l’unité de l’église, et si l’on peut être ' bon catholique en conservant la discipline et les usages, comme les vrais catholiques de la Répotise prétendent l’étre en
U) CiRAGlAN, Alcunc hrevi considerazioni siUla ritjiosia dei sediceiüi caÀtolici. p. r>.
déclarant vouloir rester catholiques tout en conservant intacte la liturgie de leurs saints pères. (1) A ce qu’on voit par leurs déclarations péremptoires , ils ne veulent pas sacrifier leurs rites; alors ils ne doivent pas non plus se scandaliser si il y a des personnes qui ont des tendances conservatrices plus larges que les leurs, et si celles-ci, de môme que les rites, veulent encore conserver intacts leurs usages et leur discipline.
11 faudrait maintenant prouver que les usages et la discipline appartiennent à la classe des points qui peuvent être différents comme les rites, et non à la classe des points qui doivent être uns et invariables comme la foi. Après avoir réduit la question à ces termes nous pourrions ajouter que même le violent auteur de la Seule réponse a dû avouer que « l’unité admet les différences de langues, de rites, de nationalités, de privilèges, de consuétudes, etc. etc. et de tout ce qui n’est pas contraire à l’unité môme » (2), et qu’ ainsi les unitaires les plus avancés ont dû, malgré eux, avouer l’existence de plusieurs différences, jusqu a celle de privilèges et de consuctudes , ce qui équivaut à la différence des prérogatives et des usages.
Nous faisons ces remarques pour prouver comment ils se trouvent dans la nécessité de se contredire. Car d’ailleurs il nous est facile de prouver notre assertion en nous appuyant sur les faits antérieurs et en observant que ce que nous appelons discipline et usages ^ ce que les actes officiels de la cour du Vatican avouent avoir voulu abolir, changer et modifier, a été conservé par les Orientaux de môme que leurs rites, sans dommage pour l’unité de la foi. Nous observons en outre que si ces usages et cette discipline ont pu exister dès l’origine du christianisme jusqu’à 1867, ils pouvaient, ou mieux
<t) Réponse à la brochure etc. pag. 46.
La seule réponse des catholiques aux rebelles excommuniés, pag. 4-
encore, ils devaient rester après cette époque sans aucun préjudice de la foi. Ici revient l'argument exposé par Mgr Car sangian, lequel étant resté sans réponse de la part de ses nombreux adversaires, nous avons droit de répéter dans son intégrité et dans sa force. De deux choses Tune, dit-il, « ou les Orientaux ont pu jusqu’ici jouir de ces droits tout en restant catholiques, et ils ne sauraient être accusés do schisme, alors qu’ils défendent ces memes droits; ou bien, ces prérogatives étaient incompatibles avec lo catholicisme, et dans ce cas, nous le demandons, comment (sans parler de l’église catholique) la curie romaine et la Propagande ont-elles pu reconnaître jusqu’au jour de la proclamation do la malheureuse bulle Beversurus (1867) , cet Orient catholique , avec ses sièges patriarcaux, jouissant tous de la plénitude des droits exercés, soit par les patriarches, soit par lo peuple?* (1)
Nous ajouterons pour confînner cet argument, que les mots usages et droits . sont répétés dans les actes pontificaux antérieurs à 1867, aussi bien que le mot rites, comme des points que les Orientaux pouvaient conserver intacts, malgré l’unité de la foi, et pour l’attester il suffira de citer les noms de Benoit XIV, de Benoît XIII, d’innocent III, et celui de Pie IX lui-même dans sa première encyclique aux Orientaux. Benoît XIV veut expressément la conservation des usages. « Nous ordonnons dit-il en une bulle célèbre, que, dans leur ensemble et particulièrement, les rites de l’église grecque et les usages provenants de la tradition des pères soient à l’avenir conservés
(1) O rOripnte callolico rimanendo caltolico polcva godcrc tali dirifli ; cd allora, perché ncl difendcrli contro iina invasione curialcsca vengeno esser tacciati di scisma? O qiiesli dirilti sono incompatibili col callollcisrno: ebbene, conie in allora, non dico la chiesa caltolica, ma la stessa curia Roinana c la IVopa^anda sino alla proclamazionc dell’infausla bolla Heversurus nel 18(17, conobbe rOriente caltolico c le sedi patriarcal* calloliclic orinnlali, per tali; con lutlo e pieno esercizio di tali diritti, si per parte dei patriarchi stessi, si per parle del popolo caltolico orientale ! ! ! vCasanci.vn. Hispotta /înak. pag. 7).
intégralement. » (1); et ensuite, parlant au patriarche et aux éTôques orientaux, il ajoute: «Nous voulons que restent intacts tous les droits et privilèges de Vos Fraternités , et le libre exercice de votre juridiction pour régler les brebis confiées à votre fidélité* (2). Benoit XIII s’occupe des droits de tous les orientaux; « Nous n’entendons pas, dit-il, que soit porté aucun dommage ou préjudice, dans quelque manière que ce soit, à nul des droits des Grecs qui se trouvent en Orient sous la dépendance de leurs propres évêques, archevêques ou patriarches catholiques, ni aux droits des autres nations chrétiennes de tous les rites approuvés par le Saint-Siège, lesquels droits leurs appartiennent légitimement par jus ou par consuétude ou de toute autre manière que se soit » . (8) Innocent III fait mention des usages et des rites, en écrivant, « qu’il est licite et qu’il est opportun qu’en tolérant, autant qu’on peut en Dieu, les usages et les rites des Grecs, on cherche de les préparer à l’obéissance de l’église romaine » (4). Ce qui à présent se fait d’une manière tout à fait contraire; on change les usages pour avoir l’occasion de lancer des excommunications. Pie IX, aux premiers ans de son pontificat, en parlant aux Orientaux, disait: «Nous no vous imposons d’autres poids, que ceux qui sont nécessaires, c’est-à-dire, qu’en retournant à
(I) Oninesquo in poslcrum cl .singulos cccicsiac graccae ritus cl mores a patribus Iratlilos nmnino servari mandamiis. (CniutilulioH liEXSNnaTax du Ül liécemhre 17 . 13 , { 3 .).
,3) 1)0 caclcm fratemitalibus vesiris inlacta mancro voluiiius jura omnia ac privilcgia, et libcruni junsdictionis vesirac ctcrcilium ad regemias oves fidei vesirao cumnii.ssas. {Ibid J. 33).
(3) Graecoruiu in Ürienic sub propriis calholicis cpiscopis, .arrhiepiscopis vel patriarchis comniurantium, et aliarum christianarum natiunuiu qundeumque riluum a Sancta Sedu approliatorum Juribus qualibuscurjique quae illis dejure vcl ex consuetudinc vel alias quomodulibet légitime cum|>etant„ ullo pactu praejudicatum vel praejudicium ulluin tllatum esse non inlendimus. {ComUtutiOH, LVII. Èrsi I’astobali.s. J. 'J .V. il).
(4) Lied et expedit ut oiorcs ac ritus coruiii (Graecoruni) quantum in Domino possumus tolcrantes ipsos in romanac occlesiac obedientlam praeservemus. {Spitl. III. ad Othon. ep. Tutculai,.).
runité vous vous confomiez avec nous dans la vraie profession tenue et enseignée par l’église catholique, et que vous conserviez la communion avec cette église et avec le suprême siège de Pierre. » (1). Mais plus tard les changements disciplinaires furent mis en avant et on commença à lancer des excommunications pour faire prévaloir des mesures arbitraires, qui ne sont contenues ni dans la profession de foi ni dans la communion catholique. Pie IX dans sa dernière encyclique dit. que «quand le siège apostolique reçoit dans ses bras les orientaux nouvellement venus au catholicisme comme des enfants récemment nés, le premier souci qui l'y sollicite est de les confirmer dans la vraie foi catholique et de les conserver exempts de toute tache hérétique » (2). Cette interprétation que Pie IX a voulu donner pour concilier en quelque manière ses variations de langages et d'actes, en d’autres termes signifierait,' qu’il a voulu faire des déclarations fictives, ou au moins trop peu complètes pour être facilement entendues, en se réservant do faire les pas ultérieurs quand il pourrait compter sur la prépondérance acquise et sur les moyens préparés. Nous demanderons alors s’il y a encore quelque conditions de sécurité pour les années à venir ? Et, si nous nous en rapportons à la manière d’agir du pape, nous serions autorisés à répondre dubitativement. Mais laissons ces digressions pour retourner à notre raisonnement.
Quand nous parlons des droits et des usages, nous parlons en même temps de la discipline et de la hiérarchie. Car-
(1) itaque non alitid vohis iniponinui.s oncris qiiam hacc nccossaria; niniirmn ul ad iinitalem rever.si conscniiati.s nobiscurn in professione vcrae fidci, quam ecclcsia calholica tene( ac docol, et cuin ccclesia ipsa supreniacjnc bac Pciri sede cninmunioncm serveli.s {Encijdira 1\ stl*nK.M\ du C janrivr l8J8. KdiUnn de Home de 1818 pag. 18).
(2) Nonnullac diversormn rituuni ecclcsiac ad veritaleni cl unitalcm catholicam rcvcrsae .sunt: qua.s uti inTanles modo gcnilos ulnis suis oxcipiens apusiolica s«lc.«, sollicita iinpriinis fuit ul cas in vcra calliuiica Pidc solidarct, et ab onini liaoretica labc prorsus immunes sen’arcl {Encyclique QfAHTis si’I'Ha du 6 janvier 1878. g 17).
les usages et les droits constituent le règlement des fonctions et des charges ecclésiastiques de chaque membre de l’église. Le réglement, c’est l’organisation de son administration interne, ce qui en d’autres termes forme la règle des devoire et des droits corrélatifs et constitue les formes organiques de la hiérarchie. Tout cela s’appelle en d’autres termes, le mode d’existence d'un corps moral ou d’une église, l'ensemble de ses principes constitutifs, sa formation ou conformation, sa constitution spéciale, toutes paroles qui ont des divers sons, mais non des divers sens, quand on admet pour premier principe et pour première base de l’édifice cette déclaration, que le catholicisme est un quant à son essence et existence, et que toutes les distinctions dans son sein ne sont que des formes différentes, comme l’a établi Mgr Casangian dès les premières lignes de sa Risposta finale (1).
Ainsi le vrai catholique de la Réponse eût dû être plus consciencieux, et, à défaut des expressions qu’il désirait trouver, il n’ eût pas dû en créer à son aise et les mettre dans la bouche de Mgr Casangian. Les expressions de dualisme ron seulement de discipline mais aussi de régime, de deux existen' ces fondamentalement différentes l’une del’antre, de deux autonomies de discipline et de régime, de deux systèmes de principes constitutifs essentiellement distincts les uns des autres (2), n’ont pas été employées par Mgr Casangian. Il no parle jamais que de discipline et de rites différents (3), de constitution particulière (4), do principes constitutifs propres (.5), de constitution, forme et loi propres (6), de disci-
(I) l.a cattolicitâ fsitcnrlo un.i in qnanto all.i »o«tanza od esislenaa, Hn dai primevi délia chie:<a. ebbe due modi dilTerenti di esistcrc. (Casangian. Ritpnila finalt. pag. 3)
(i) Rêpnnte à la brochure eic. pag. 5.
(3) Discipline diverse, riti dilTerenti. (Cas.ancian. Rispoila finale, pag. 3.).
1*1 Cosliliilivi caràlleristici. llbhl. pag. 4i.
I5j Costitulivi prnpri a se ilbûl.).
(6) tkislituiione, forma o Icggc che hanno propric. flbid.).
pline spéciale (1), de mode particulier d’existence (2), de hiérarchie spéciale (3), de forme spéciale (4) de conditions (ou mode) de dépendance (5), et pour expliquer toutes ces locutions il dit et il répète que les églises orientale et occidentale, M«/ese« leur essence, ont différé quant au mode de leur existence (6). Une fois seulement Mgr Casangian parle de distinction essentielle, mais jamais de distinction dans Pessence de l’église, puisque il l’avait déjà déclarée une dans son essence. Il parle de cette distinction (7) c’est à dire de la distinction dans le mode d’existence, laquelle distinction on pourrait bien appeller essentielle pour en montrer la force, mais non pour en déterminer l’objet, comme prétend l’interpréter le vrai catholique.
Mgr Casangian est bien loin de ce prétendu dualisme de l’eglise, qu’on lui veut attribuer. D’après son exposition l’église est une dans son essence, et sous ce rapport a pour son chef le pape; elle est différente dans ses manières ou modes d’existence, et possède les patriarches respectifs comme chefs de chaque partie. Et, lorsque aux cinq patriarches, do Borne, de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, il veut adjoindre ceux d’Arménie et de Babylone, cela ne peut prouver qu’il admette un dualisme d’existence, do régime, do gouvernement et de dépendance. Seulement, comme le premier de ces patriarcats, celui de Rome, se trouve régi par les lois qui sont contenues dans les faux canons pseudoisidoriens et dans les décrétales des pontifes et des grands conciles d’Occident, tandis que les six autres patriarcats se ré-
(1) Disciplina a parte (IbùL).
(î) Modo di esislerc differente fPiid.).
(3) Gerarchia spéciale. (Ibid. pag. S.)
(*) Forma spéciale. {Ibid. pag. 8.).
(5) Modo délia dipendenza. (Ibid. pag. 5.).
(6) Fsistendo una, dilTcrironn in quanio al modo di esistcrc. {Ibid. pag. 3.).
(7) Questa esscnzialissima disthuione {Ibid, pag- 5 ).
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gissent par les lois anciennes des canons apostoliques ou traditionnels et des canons des premiers conciles oecuméniques, Mgr Casangian, suivant l’usage commun, unit ces patriarcats dans un seul groupe, dit oriental. Et en effet, la conformité de ces six patriarcats de Constantinople, d^ Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, d’Arménie et do Babylone, qui se trouvent tous en Orient, a donné ce nom d’oriental à leur système, à leur mode d’existence, à leurs églises et à leurs fidèles; et c*est à ce titre seulement que Mgr Casangian a fait, ou pour mieux dire, a adopté la distinction habituelle de l’église orientale et de l'église occidentale, un dualisme de forme ou do mode, et non dualisme d’église ou de régime. Il n’a pas institué un régime suprême patriarcal pour tout l’Orient, comme il y en a un pour tout l’Occident; son système, c’est le système patriarcal, système adopté par l’église catholique sans dommage pour l’unité, et que le vrai catholique de la iïcporwe doit accepter, à moins qu'il n’ait la prétention d'être plus cathoir que que l’église catholique elle-même.
Nous avons dit plus haut que la dénomination d ’ église orientale pour désigner les six patriarcats n’ était pas créée mais adoptée par Mgr. Casangian. Afin de prouver que ce n’est point là une assertion gratuite, nous citons ici les paroles de Benoît XIV, qui déclare, « qu’ il est connu de tout le monde que l’église orientale est constituée par les quatres rites, le grec, r arménien, le syrien et le cophte, et qu’ en effet tous ces rites •sont compris dans la dénomination d’ église grecque ou d’église orientale » (1). Pour prouver en outre que l’église orientale, telle qu’elle est définie pur Benoît XIV, possède une discipliné
(t) Oricntalein ccclcsiam ouinihus nolum ost quatuor rilibus consistere; graeco viclicel, armcno, syriaco cl coptico, qui sanc ritus untvcrsi sub noinine eccicsiae graecac aut oricnlalis intcliiguntur. (Corulilulion Allatae sunt du Id juillet 1755.).
spéciale, nous trouvons dans les allocutions du même pontife que l’élection du patriarche Michel Pierre III a été faite « selon la forme et la constante discipline de l’eglise orientale, qui défend d’élever à l’épiscopat ceu.'c qui n’ont pas prononcé le voeu de moine » (1). Voilà l' église orientale , voilà sa discipline spéciale, voilà les prescriptions de sa discipline, toutes confirmées par l’ autorité de Benoit XIV.
Si tout cela constitue un dualisme, Benoît XIV l’admet, et le vrai catholique de la Réponse, ne devrait pas se faire scrupule de l’ admettre lui aussi. Si ce qu’ admet Benoît XIV no constitue pas un dualisme, les paroles de Mgr Casangian ne le constituent pas non plus, et le vrai catholique lui attribue injustement cette doctrine.
Notre vrai catholique, après avoir combattu le prétendu dualisme de Mgr Casangian par les arguments bibliques de r unité de l’ église , que nous avons déjà examinés, passe aux arguments historiques. Aucune distinction n’ existe d’ après lui dans l’église; l’église n’était, ni ne fut jamais divisée en orientale et en occidentale , l’ Orient et 1’ Occident n curent de diversités ni dans leurs canons ni dans leurs droits; les pères et les conciles ne connurent que l’église chrétienne, les canons chrétiens, le droit chrétien, la discipline chrétienne et le régime chrétien.
Poser la question dans ces termes, serait donner à croire que Mgr Casangian ait nié 1’ unité de 1' église , son unique fondateur et son but unique ; et pourtant c’ est Mgr Casan-
(I) JuiU flrmam consUnlemque eccicsiac oricnl.alis disciplinarn, qua ad episcopatum assumi prohibelur qui monachalcin professionem non eniiseril. (AUnculinn du Ï3 juillet 1754.).
gian, qui, comme en prévoyant la nature des attaques qu’ on lui ferait, a affirmé autant de fois qu’ il 1’ a pu T unité de r église, du christianisme et du catholicisme. Nous avons cité divers passages, en voici un autre: « Nous avons dit, dit-il, que le catholicisme un et indivisible dans son essence , ne varie que dans les conditions de son existence » (1). Et pourtant l’auteur de la Réponse ne se gêne pas pour lui attribuer la doctrine des divisions et des différences essentielles. Lorsque cet auteur a transformé l’idée de distinction de discipline en celle de distinction essentielle d' église ou de dualisme de discipline, et celle do hiérarchie spéciale en celle de dualisme de régime, il a voulu faire une doctrine commode qui lui fournît des armes hypothétiques.
, L’ auteur de la Réponse dit que Mgr Casangian regarde le pontife romain comme pape et patriarche (2), et il présente cette opinion comme une doctrine particulière de Mgr Casangian ; ce serait celui-ci qui attribuerait de lui-même au pape ces deux titres. Mais alors quel est le sens du concile de Florence, quand il parle des antres patriarches (8) en outre de r évêque de Rome ? Et le canon de Chalcédoine ? (4) Et le canon de Constantinople? (5) Et le parallèle que le concile de Nicée établit entre les trois sièges de Rome, d’Alexandrie et d’Antioche au sujet de leur suprématie sur les provinces voisines? (d) Si dans la personne de l’évêque de Rome nous ne devons pas considérer en même temps le pape et le patriarche, mais seulement le pape, alors au lieu d’agrandir l’au-
(1) Chc, (la Cliiesa orientale e la Chicsa occidentale) corne si disse , essendo una inquanio alla sostanza, variano nel modo di esisterc. (Cxskstiks. Risprtxta finale, pap:. 10:)
(2) Réponse à la brochure etc. pag 3.
(3) f-aeterorum vcnerabiliuin patriarcarum. {Uecrel de l'union.).
(<i) Canon. XXVIIl.
(5) Canon. III. ^
(6) Canon. VI.
torité du pape, nous la diminuerons sensiblement. Et en effet
si le concile de Nicée, en mettant les trois sièges sur la même
ligne, n’ avait pas établi cette similitude sous le rapport du patriarcat, c’aurait été sous le rapport de la papauté et nous aurions alors trois papes, et la papauté de Rome serait partielle et non plus universelle. Donc le patriarcat de Rome n'est pas une invention nouvelle; les pères de Nicée la connaissaient déjà. Il figurait et figure môme sur l’ annuaire officiel de la cour du Vatican (1) , comme aussi sur les listes des pères du concile du Vatican (2).
S’ il y a une égalité entre les papes et les patriarches , comme il y en a une aussi entre le pape et les évêques , le
vrai catholique àiO\i admettre qu’ il n’ y a point là jeu de mots
et fausse attribution de titres. Si ces gradations existent, y comprises celles de métropolitains , d’ archevêques et de primats, qui lient les évêques aux patriarche.s, les règles les plus élémentaires de toutes les sociétés demandent qu’elles soient coordinées. Le rapport des diverses gradations de l’épiscopat chrétien forme dans la langue ecclésiastique la hiérarchie. Autant de groupes des diverses gradations de l’épiscopat, autant de hiérarchies spéciales. C est la méthode de classification et l’usage, qui en doivent déterminer le nombre et l’extension. Par rapport aux patriarcats, nous avons autant de hiérarchies que de patriarches ; ainsi l’ église arménienne ou le patriarcat arménien , constitue une hiérarchie spéciale arménienne. Par rapport au rite, les quatre patriarcats grecs constituent une
(I) Uoma, il cui voscovo é Vicario di Gesù CrUto, succcssoïc del principe dejîli aposluli, soiniuo pontcncc délia chiesa universale, patriahca t)ïLL'ÜrxiDF.MF., primate d'Ilalia, arcivescovo c mctrnpolita délia prorincia rninana, suvranu dei dumi ni temporali délia santa chiesa retnana. (/.a ijerarchia ciUInlica e la famiglia ponUfiria per f anao 1873. pag. 45.),
(4) i*io Niinti Vicario di Ge.sù Crislo, successore del principe dcgii apostoli, sommo ponteHce délia ebiesa universale, patiiivrcv d'Occideste, primate d'Ilalia. arcivescovo metrupolila délia provineia romana, vescovu di Itoma (Catatogo alfabetico Uei padri pretenti al eoncilio primo ecumenico ralicann. pag. 3.).
hiérarchie spéciale, la grecque. Les six sièges patriarcaux d’Orient constituent une hiérarchie spéciale orientale ; comme V Occident forme une hiérarchie spéciale occidentale, qui se nomme aussi latine ou romaine, en substituant le nom du rite ou du siège patriarcal au nom géographique continental do V Occident.
Quand nous parlons des patriarcats, nous excluons, cela va sans dire, les patriarcats in paréibus ou titulaires que l’annuaire pontifical réunissait déjà sous le titre de patriarcats latins, en opposition aux patriarcats réels et Juridictionnels, lesquels étaient unis sous le titre de patriarcats orientaux avec juridiction patriarcale (1). Cette distinction nécessaire a disparu dans les annuaires des dernières années, ce qui n’ empêche pas qu’ elle n’existe toujours réellement. Nous avons fait ces observations pour prévenir tonte équivoque. D’ ailleurs tout le système hiérarchique que nous avons exposé était une chose déjà connue sans qu’il fût besoin de notre exposition. Si nous l’avons faite, c’ est que nous nous trouvions en face des équivoques soulevés par l’auteur de la Réponse qui semble nier l’existence des hiérarchies spéciales, et vouloir en confondre le système avec un dualisme de régime dans l’église du Christ.
Quant aux différences de discipline ou de canons ou de droits, nous recueillerons quelques précieux aveux de notre contradicteur, involontaires bien entendu. « Les canons des conciles.., dit-il, ont fait partie du droit-canon général de l’église universelle, à part quelques petites variations accidentelles et indispensables pour les differents pays, » (2) « Quant au dualisme disciplinaire, ajoute-t-il, c’est également une hérésie de r admettre dans la discipline fondamentale. » (3) Ici la di- ,
(1) Patriarcati oriental! con giurisüizionc patriarcale. (Annuario poiUificio pel 180S pag. 72.).
(2) Réponse à la brochure etc- pag. G.
(3) Ibid. pag. 7.
scipline en général est mise de côté comme susceptible de dualisme, et pour donner la raison de l'exception en faveur de la discipline fondamentale, il dit « La discipline fondamentale, qui est basée s»n la foi et les principes des moeurs, ne peut être qu’ une. » Il dit en outre : « Nous avouons que plus tard certaines tendances de différences disciplinaires, et peu à peu de dualisme de régime ont commencé à se manifester. * (1) « Les variations accidentelles... c’ est lui qui parle , doivent être ou positivement approuvées par le Saint-Siège, ou ne pas en être repoussées. » (2) Quant à leur existence il n'en est pas question. A la bonne heure! La discipline ecclésiastique peut donc supporter des dilférences, et elles ont existé réellement.
Quant à, la discipline fondamentale que l’adversaire oppose aux variations accidentelles et indispensables, nous dirons franchement que cette expression peut être adoptée pour indiquer la partie pratique des dogmes ou la partie pratique des doctrines morales chrétiennes, et comme ces parties pratiques sont inséparablement unies aux dogmes et à la morale, ou, comme dit l'auteur de la Réponse, sont basées sur la foi et sur les principes des moeurs, ainsi cette discipline fondamentale ou discipline dogmatique comme d’autres l’appellent, a été considérée comme entrant dans le domaine de l’unité de la foi, et par conséquent toute différence sur ce point a été exclue. Mais les points , de discipline fondamentale ou dogmatique ne sont pas nombreux et ils ne doivent pas être confondus avec tout ce qui est compris sous le nom général et usuel de discipline. Ils regardent les essences des sacrements, les formes ou matières sacrementales, les expressions dogmatiques dans les professions do foi, etc; mais ces points
(I) Ibid.
{i) Ibid. pag. 8
dogmatico-disciplinaires n'ont rien de commun avec les points canonico-disciplinaires de droit électoral, d'administration des bienS; des fonctions plus ou moins étendues des membres de la hiérarchie et des fidèles, sur lesquels se base tout le différend arménien et dont s'occupe l'auteur de la Risposta finale.
Mgr Casangian aussi a fait consister l’unité de l’église dans son essence, dans son existence, dans sa foi et dans les principes des moeurs, et, si l’on veut, même dans l'exteriorité de la foi et des moeurs, ce qui équivaut à la discipline fondamentale ou dogmatique. L’auteur do la Réponse lui-môme admet des difiérences et des variations, et Mgr Casangian n’a pas voulu enseigner autre chose quand il a parlé de formes differentes et de modes différents. Quant à l'expression: cette distinction essentielle ou qnesta essenziaiissima distinzione, comme on lit dans le texte italien, nous avons dit qu'en face des cent autres dont se sert la brochure, celle-ci ne pouvait pas être prise dans le sens objectif de distinction d*essence, mais seulement comme une parole qualificative de distinction, marquant un degré plus haut ou une nécessité, interprétation plus claire et s'expliquant naturellement par l’emploi que Tauteur a fait du superlatif. Puisque les adversaires ont cru bon de fonder un édifice sur un mot incident, il nous a été nécessaire d’entrer même dans les discussions grammaticales, pour relever l’ingénuité ou la mauvaise foi, (nous ne voulons pas apporter un jugement sur ce point,) dont a donné preuve l’adversaire de Mgr Casangian.
Puisque finalement il devait en arriver à admettre des différences et des diversités disciplinaires, il pouvait s'épargner tant de fatigues et de diatribes. Entre différence accidentelle et indispensable d’un côté, et la forme spéciale et le mode différent de l’autre, il n’y a qu’une question de mots
et il ne valait pas la peine de soulever des oppositions pour avouer enfin ce que soutenait l’adversaire.
Quant à la chronologie de ces différences, formes o i spécialités, l’auteur de la Réponse dit qu’elles ont commencé à l’époque de la création du schisme d'Orient, c’est-à-dire dans le neuvième siècle (1), puis il les attribue au concile de Trullum, qui a eu lieu dans le septième siècle. Il fait mention aussi de la séparation de Tempire romain advenue au quatrième siecle; et enfin il cite la raison de la différence des pays (2), ce qui peut les foire remonter jusqu’au premier siècle de l'église. Mgr Casangian aussi avait donné comme causes de ces différences les moeurs, les us, les coûtumes et les caractères particuliers des peuples (3); il n’a pas nié le développement successif de ces différences, puisque, comme nous l'avons dit ailleurs, il serait ridicule d’établir une église orientale et une église occidentale dans le cénacle de Jérusalem, quoique les saints pères aient considéré virtuellement le fait de la grâce des langues comme le signe de la multiplicité des églises particulières par leurs usages et leurs hiérarchies respectives. En effet le nombre des apôtres et les fondations des églises créées par eux, indépendamment les unes des autres, suffisent, dans le sens chrétien et catholique, à donner une raison canonique à ces différences; tandis que le schisme, les conciles, les usages et les pays n’en sont que les causes occasionnelles; et la phrase de Mgr Casangian qui attribue une origine presque apostolique à ces différences, et leur donne une antiquité égale à l’antiquité de l'église, est une expression pleinement juste et chrétienne, si on veut l’examiner dans son vrai sens et selon le système de son auteur.
(1) Réponse à la brochure etc. pag. 7.
(i) Ibid. pag. 6.
(3) Casancian. Risposta finale, pag. 3.