‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 12 sur 123 · L.V SOUVERAINETÉ DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

L.V SOUVERAINETÉ DE L'ÉGLISE

I.A SOUVERAINETE DE L ÉGLISE, .IISQUA L ELECTION DU Sl'CCESSEUR, EST EXERCÉE COLLECTIVEMENT PAR LE SACRÉ COLLÈGE.

Lo cardinal Simeoni, secrétaire d'État, notifia la mort au corps diplomatique; ce fut le dernier acte de ses fonctions : elles expiraient avec son maître. L'Éminentissime Monaco La Valletta fit afficher aux portes des églises une notification au clergé et au peuple; il ne s'intitulait plus « vicaire général de Notre Très Saint Seigneur Pape », mais « vicaire général et juge ordinaire de Rome » : il conservait, pendant l'interrègne, la gestion du diocèse de Rome. Le cardinal Bilio, grand Pénitencier, gardait aussi son office : la Pénitencerie ne saurait chômer, tant qu'il y a des pécheurs. Les secrétaires et employés des Congrégations continuaient de vaquer à leurs besognes ; mais ils en référaient au Sacré Collège ou au camerlingue, non plus aux préfets. La Chancellerie, la Daterie, la secrétairerie des Brefs, qui expédient les lettres et faveurs pontificales, fermèrent leurs bureaux. L'administration intérimaire de l'Église revenait aux cardinaux; ils la devaient exercer discrètement et se souvenir, surtout, que « durant l'interrègne rien ne doit être innové ».

L'étiquette affirmait leur nouvelle souveraineté. Du vivant du ])ape, dans Rome, ils couvrent leur rochet d'une manlellclla et d'une mozette; le pape mort, ils le découvrent; leur juridiction n'est plus res-

treinle par une autorité supérieure. Ils n'admettent plus personne à leurs côtés dans leur voiture. Réunis même en petit nombre, le fidèle s'agenouille devant eux, comme devant le Saint-Père. Le soir même du 7 février, commença, pour les cardinaux, cette grandeur éphémère.

LES DEPOSITAIRES DU POUVOIR EXÉCUTIF 1 CARDINAL CA- MERLINGUE (JOACUIM PECCI), TRIUMVIRAT DES CARDI- NAUX CHEFS d'ordres.

Le Sacré Collège ne peut être directement mêlé à tous les actes de l'interrègne : on ne conçoit pas la puissance executive entre soixante-dix mains. Elle est confiée à quatre cardinaux. Trois d'entre eux forment un directoire, renouvelable : jusqu'au quatrième jour du conclave, il comprend les trois doyens d'ordres; ils font place, ensuite, aux trois sousdoyens; si le conclave se prolonge, de trois en trois jours on change le directoire, en suivant, pour chaque ordre, la liste chronologique des promotions. Quant au quatrième cardinal, le camerlingue, il conserve jusqu'à l'élection du pape son office exécutif. Sa puissance est ancienne : dès le onzième siècle, chef de la Chambre apostolique, il présidait la gestion des biens du Saint-Siège et des États Romains; par surcroît, il avait l'intendance de la maison pontificale. Il fut, au quatorzième siècle, déchargé de ce dernier soin; sa puissance politique, réduite, au seizième, par la secrétairerie d'État, fut annihilée par les réformes de Grégoire XVI et Pie IX. A l'heure

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