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LES DEPOSITAIRES DU POUVOIR EXÉCUTIF

actuelle, du vivant du pape, il reçoit le serment d'un certain nombre de fonctionnaires pontificaux : voilà sa seule besogne. Cependant lélévation d'un camerlingue demeure solennelle. En septembre 1877, la mort du cardinal De Angelis rendit la charge vacante. En consistoire secret, Pie IX déclara : « Par l'autorité du Dieu tout-puissant et celle des Apôtres Pierre et Paul, nous confions la charge de camerlingue de la Sainte Église Romaine au cardinal Joachim Pecci, et nous le créons et députons tel, pour sa vie durant, avec toutes les charges, privilèges et facultés, selon la teneur des bulles apostoliques. In nominc Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen! »

Vingt-quatre heures après, dans les appartements pontificaux, se déroulait le second épisode de l'avènement du camerlingue. « Rerois le bâton de ta juridiction et de ton autorité, disait Pie IX au cardinal Pecci, et sois le camerlingue de la Sainte Église Romaine ». Il lui tendit le bâton symbolique que couronnent deux pommes d'or.

Ces solennités s'expliquent, parce qu'à la mort du pape le camcrlingat cesse d'être une sinécure. Instituant le conclave en 4274, Grégoire X écrivait : « Que tout reste sous la garde de celui à la fidélité et à la diligence duquel a été confiée la Chambre apostolique ». Six siècles durant, le camerlingue, pendant linterrègne, apparut aux Romains comme le représentant provisoire de l'autorité suprême : il battait monnaie à ses armes; à travers la ville, la garde pontificale escortait son train de gala. En 1878, le • ardinal Pecci dut rompre avec ces traditions : il gérait l'intérim d'une souveraineté spoliée. Mais cette situation même lui créait une lourde responsabilité,

son office regagnait en importance ce qu'il perdait en éclat : les lois antérieures et des instructions de Pie IX chargeaient le camerlingue de préparer le conclave, d'en surveiller les incidents et den protéger la liberté. Pour régler les funérailles du premier pape dépossédé et pour exercer dans l'enceinte du Vatican la régence de TÉglise orpheline, un ordonnateur de pompes ecclésiastiques neùt point suffi : le cardinal Pecci avait une plus haute conception de sa mission.

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