LES CÉRÉMOMES DE L'INSTALLATION PONTIFICALE
delà Confession, et recevait une troisième fois les hommages du Sacré Collège. C'est dans la Sixtine, le malin du 21, que cette troisième obédience fut rendue à Léon XIII.
LES CÉRÉMONIES DE l'iNSTALLATION PONTIFICALE : LA PRISE DE POSSESSION DU LATRAN- — LA MESSE DU COURON- NEMENT. — LA gUATRIt;ME ET LA CINQUIÈME OBÉDIENCES. — l'imposition de la TIARE.
Si le pape élu na pas reçu la consécration épiscopale (c'était le cas pour Grégoire XVI), elle lui est conférée parle cardinal-évèque d'Ostie. Pour Léon XIIL évéque depuis 18 4 i, cette cérémonie était superflue. En raison des « conditions exceptionnelles » de l'Église, la prise de possession du Latran, qui clôturait jadis l'avènement des papes, fut supprimée.
Des solennités qui complètent l'élection, une seule fut conservée, le couronnement. C'est du jour où ils reçoivent la tiare, non de celui où ils sont élus, que les papes, depuis le onzième siècle, datent leur pontificat; généralement, jasqu'à celte cérémonie, ils écrivent des brefs, non des bulles. En théorie, pourtant, leur autorité n'est pas accrue par le couronnement; elle y reçoit seulement son insigne, la tiare, caractérisée par les trois couronnes et portée par les papes depuis le treizième siècle.
C'est le 3 mars 1878 que Léon XIII coiffa la tiare : la cérémonie eut lieu, non point, comme jadis, dans la Loi/f/ia de Saint-Pierre, mais à l'intérieur du Vatican. Dans la salle Ducale, les cardinaux, pour la ([ua-
trième fois, apportèrent leur obédience; lorsque ces pompes se déroulaient dans la basilique Vaticane, on disposait sous le portique, devant la porte sainte qui s'ouvre aux années jubilaires, le trône sur lequel le pape accueillait ces hommages. Puis le cortège gagna la Sixtine; et devant Léon XIII, porté sur la Sedia, uncérémoniaire, à trois reprises, fit brûler des flocons d'étoupes, au bout d'un bâton : « Père saint, disait-il, ainsi passe la gloire du monde » ; les vieux rituels exigent qu'au moment de conférer au pape l'insigne de la suprême grandeur, on lui rappelle la vanité de la gloire. A la Sixtine, Léon XIII célébra la messe, d'une liturgie complexe et perpétuellement symbolique. Dès le Confiteor, il regagna la Sedia, et le premier cardinal-diacre lui passa la petite écharpe de laine qu'on appelle pallium : « Reçois, lui dit-il, ce sacré pallium, plénitude de la fonction pontificale, pour l'honneur du Dieu tout-puissant, de la très glorieuse vierge Marie sa mère, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et de la sainte Église romaine ». Le 21 janvier de chaque année, à Sainte-Agnès hors les Murs, on bénit des agneaux et leur laine sert à la confection des palliums. Déposés dans une urne sur le tombeau de Saint-Pierre, ils sont envoyés par le pape aux patriarches, aux archevêques, parfois même aux évêques; mais seul le pape porte \e pallium de plein droit. Revêtu de cette écharpe, Léon XIII se rendit au trône pontifical, et les cardinaux défilèrent, apportant la cinquième et dernière obédience. Elle fut suivie par le chant des litanies : « Exaucez-nous, Christ! » qu'entonna le cardinal-diacre. Et les autres répondaient par trois fois : « A notre Seigneur Léon, établi par Dieu souverain pontife et pape universel,