LES BREFS
174o, a déterminé les faveurs spirituelles et temporelles que la secrétairerie a le droit exclusif de procurer. C'est à cotte porte que frappent les ecclésiastiques, pour devenir protonotaires, prélats de la maison de Sa Sainteté, assistants au trône pontifical. Là s'adressent aussi les laïques, pour se faire affilier, à titre de chevaliers ou de commandeurs, à cette antique Milice de l'Éperon d'or que réorganisa Grégoire XVI sous le nom d'ordre de Saint Sylvestre, pour être décorés, soit de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand, qui date de 1831, soit de l'Ordre de Pie IX, qui date de 1847. Ils y recourent aussi, pour devenir « comtes du palais apostolique et de la cour du La- Iran », plus brièvement comtes romains.
La secrétairerie des Brefs est un organisme actif, mis en branle par deux moteurs. L'un est le pape, qui ordonne soit personnellement, soit par le canal de la Daterie; sur son commandement, la machine fonctionne, comme il veut, tant qu'il veut, parce qu'il veut; tout est matière à bref, dès que le pape entend donner cette forme à l'expression de sa volonté. L'autre moteur est le monde chrétien qui réclame; si les requêtes sont de la compétence de la secrétairerie des Brefs, celle-ci accélère et multiplie son travail; si elles se sont trompées d'adresse, la secrétairerie reste inerte. Au gré du pape elle peut être, auprès des fidèles, une sorte de messagère universelle ; mais les traditions et les règles qui déterminent sa compétence et son incompétence ne permettent pas qu'elle remplisse, au gré des fidèles, le rôle d'un avoué universel auprès du pape.