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CHAPITRE YII La cour pontificale

LA PRÉLATURE ACTIVE, SES DIVERSES FONCTIONS. — PRK- LATS palatins; CAMÉRIERS SECRETS PARTICIPANTS. — PROTONOTAIRES PARTICIPANTS. — PRÉLATS DE COLLÈGE. — CÉRÉMONIAIRES. — CHAPELAINS SECRETS.

On range sous la rubrique : Prêlaluro, deux catégories d'ecclésiastiques. La première, peu nombreuse, comprend les prélats qui remplissent près du pape des fonctions actives moyennant un traitement annuel. La seconde, dont les cadres sont élastiques, comprend un certain nombre de prélats vivant à Rome, un grand nombre vivant hors de Rome : leur dignité, purement honorifique, les convie à shabiller de violet et à se qualifier « Monseigneur » ; elle les rehausse, mais ne les nourrit pas; elle est une récompense prestigieuse, mais nullement lucrative, de leurs services.

.\u premier rang des prélats actifs sont les prélats palatins. Le plus haut, le majordome, est le gérant

l.-iO LE GOUVERNEMENT CENTRAL DE L'ÉGLISE.

suprême de la maison du Pape. A ce titre, il surveille l'intérieur du Vatican, en désigne le personnel, et distribue les cartes d'entrée pour les cérémonies publiques oii paraît Sa Sainteté. Cette surintendance est d'ailleurs limitée, comme il convient, par les pouvoirs du cardinal-secrétaire d'État, préfet des palais apostoliques. — Le prélat maître de chambre est le distributeur des audiences : son entremise est indispensable pour approcher le pape. Les secrétaires des congrégations doivent être reçus, à intervalles réguliers, pour soumettreles décisions : c'est lui qui dresse, chaque semestre, le tableau général de ces audiences périodiques. Les fidèles qui souhaitent d'être admis auprès du pape recourent au maître de chambre; il les convoquera s'il y a lieu. — L'auditeur de Sa Sainteté prépare la besogne des consistoires ; nous avons dit que les préconisations épiscopales requièrent l'examen de ce prélat. — Le maître du Sacré Palais, un Frère Prêcheur, est le gardien de la librairie romaine ; jadis tous les écrits publiés à Rome étaient pourvus de son Imprimatur. — Le sacriste est préposé à l'entretien de la sacristie du Pape; il veille sur les reliques qui y sont déposées ; il est le curé de la population du Vatican. — Le secrétaire de la Cérémoniale connaît l'étiquette ; préfet des cérémonies pontificales, il la fait observer. Il est à la fois pouvoir législatif et exécutif.

Sous le titre commun de camériers secrets participants, la Gerarchia range : l'aumônier secret, lointain successeur du diacre saint Laurent, président du bureau d'aumônes ; le secrétaire des Brefs aux princes, le substitut de la secrétairerie d'État, le sousdalaire, le secrétaire des lettres latines, personnages

LA PllÉLATURE ACTIVE. 151

(\m nous sont familiers; — et quatre autres, enfin, ([ui font réellement office de camériers secrets participants : l'échanson {coppiere), attaché jadis à la table du pape lorsque celui-ci recevait (souci dont il est affranchi depuis 1S70); le secrétaire d'ambassade, chargé de porter aux princes de passage à Rome les cadeaux du pape; le « garde robe », préposé au vestiaire; et un quatrième camérier auquel la Gerarcliia n'assigne aucune attribution spéciale. INi le quatrième n'est désœuvré, ni les trois premiers ne sont absorbés par l'oftice spécial auquel ils empruntent leur nom; ils forment, à eux quatre, l'entourage assidu du pape, et s'acquittent, réellement, d'un service de cour.

Les sept protonotaires participants formaient aux quinzième et seizième siècles un collège important. Us ont encore, dans les consistoires, un rôle et une place ; ils dressent, à certains moments solennels des funérailles et du conclave, des procès-verbaux; enfin l'adjonction d'un protonotaire aux congrégations des Rites et de la Propagande témoigne que le notariat apostolique n'est point devenu une complète sinécure.

On appelle prélats de collège les membres des quatre collèges prélatices. Le premier, le tribunal de la Rote, prit à partir du quatorzième siècle un sérieux développement. Ses décisions avaient des considérants : elles se distinguent, par là, des sentences laconiques des congrégations romaines. « Le tribunal suprême des États Romains, écrivait en 1831 le comte de Tournon, est la Socra Ituola Romana, qui reçoit les appels des jugements de tous les tribunaux inférieurs, lorsque la valeur du litige dépasse H:2o scudi. L'étendue de la juridiction de ces douze amphictyons

était fort grande dans les temps anciens, et, de toutes les parties de l'Europe, on s'en remettait à la sagesse reconnue de leurs décisions. Maintenant, la Rote n'est plus qu'un tribunal d'appel pour les seuls États pontificaux dans les causes civiles. Les auditeurs de Rote sont des prélats du second rang, entourés d'une grande considération; et ceux qui appartiennent aux couronnes remplacent, dans certains cas, leurs ambassadeurs. Parmi les auditeurs français, on a souvent compté des hommes de premier mérite, tels que MM. de Polignac, depuis cardinal et auteur de Y Anti-Lucrèce, de Canillac, de Very, de Bayanne etisoard, ces deux derniers cardinaux ». Aujourd'hui la Rote est inoccupée; cour d'appel et jury amphictyonique chôment également. Mais les cadres en existent toujours : elle compte neuf auditeurs, un Autrichien, un Français et sept Italiens. Ils sont associés aux travaux des RUes et remplissent près du pape les fonctions de sous-diacres. Dans les diplomatiques dialogues entre le Saint-Siège et les États étrangers, les auditeurs de Rote appartenant à ces États placent opportunément leur mot : le caractère de leur nomination, la nature de leur activité, les convient à servir deux maîtres : le pape et leur pays ; ils esquivent le péril en travaillant à l'entente de ces deux maîtres, et leur action, discrète et constante, peut seconder utilement les diplomaties nationales. Depuis 1879, l'auditeur de Rote pour la France est M-"" Mourey.

Le second collège est celui des clercs delà Chambre Apostolique. On appelait ainsi, jadis, le ministère des finances des États Romains. Aujourd'hui les huit clercs de la Chambre, sous la direction du camerlingue, gèrent les palais apostoliques durant Tinter-

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