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LA PAPAUTE APRES TRENTE ET LA PENSEE MOPERNE

Lorsque le Concile de Trente clôt ses sessions, toutes les lignes de l'édifice catholique, celles que l'hérésie respectait et celles qu'elle effaçait, réapparaissent, marquées en traits plus vigoureux. Certaines iuciTtitudes de construction sont désormais réparées; lunilé de l'édifice est plus solidement assurée que jamais. A sa base et à son faite, il y a la Papauté : c'est d'elle que tout part et vers elle que tout revient. Sans elle, les conciles généraux ne sont ni légitimes en droit ni viables en fait. Sans elle, les Églises nationales deviennent des établissements d'État. L'ensemble du dogme, qu'elle maintient ou qu'elle définit, requiert une croyance intégrale ; on n'a pas le droit de distinguer entre les articles, d'après leur importance ou d'après leur source. Il n'en est pas d'essentiels, il n'en est pas de secondaires. L'Église romaine ne marchande pas avec ses fidèles, elle ne mesure pas à la crédulité de chacun la somme de

dogmes qu'elle impose à sa créance. Cette somme est la même pour tous ; elle a deux sources : lEcriture et la tradition. En plaçant sur la même ligne la tradition et l'Écriture, rassemblée de Trente a, si l'on ose dire, défini l'Eglise romaine.

« Avete il vecchio e il nuovo Testamento c( E il pastor délia chiesa che vi guida : 0 Qucsto vi basti a vestro salvamento » (1).

Ainsi parle Béatrice dans la Divine Comédie : la révélation et l'enseignement traditionnel de l'Église sont inséparables.

Il est un certain nombre de dogmes qui, virtuellement contenus dans la primitive croyance, ont pris corps à travers les âges. Dès l'origine, on les professait implicitement, sans les énoncer. Telle hérésie surgit qui choque une sorte d'instinct orthodoxe sans démentir pourtant un seul des articles de foi proclamés auparavant; alors cet instinct cherche à prendre conscience de lui-même; l'Église sent la nécessité de préciser ces croyances tacites; par les définitions de ses théologiens, les intuitions encore indécises de ses fidèles sont éclairées et ratifiées; en face de la négation hérétique, qui apportait aux consciences un vague malaise, est posée l'affirmation doctrinale, qui leur donne une satisfaction nette. Ainsi s'accroît le dogme : il sert de couronnement à la charpente de la tradition. L'erreur, par le mouvement de protestation qu'elle provoque, suggère la définition du dogme. On croyait à l'Eucharistie avant

(1) Dante, Paradis, chant V: « Vous avez le vieux et le nouveau Testament et le pasle.ir de l'Église qui vous guide; que cela suffise pour voire salut ».

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