‹ Le VaticanChapitre 37 sur 91 · LA PAPAUTE APRES TRENTE. ICI · texte numérisé non relu

LA PAPAUTE APRES TRENTE. ICI

Béranger; et, grâce aux négations de Béranger, cette foi fut précisée. « Il faut qu'il y ait des hérésies », a dit saint Paul. Elles servent à la surveillance des mœurs, à la réforme de la discipline, elles servent aussi à la complète illumination du dogme. Telle est l'économit' du catholicisme : son Credo résulte d'une collaboration de Dieu et de l'homme : l'évolution dogmatique se rattache à la révélation, comme l'effet à la cause, le corollaire au théorème; elle n'ajoute rien, mais explique et déduit. Il n'y a pas de dogmes nouveaux, mais des définitions nouvelles; suggérées par un mot de la révélation divine, mûries dans la pensée et approfondies par la réflexion de l'humanité croyante, condensées en formules par un acte souverain de l'autorité ecclésiastique, elles ne surgissent point par de brusques explosions, elles résument un long travail des esprits et des consciences. Il appartient aux catholiques, par leur croyance anticipée, leur travail et leurs aspirations, de hâter la fixation d'un nouvel article de foi, comme d'avancer l'heure de la canonisation d'un saint. Voilà l'histoire du Credo catholique : il est à la fois stable et vivant, immobile et progressif, d'une rigoureuse unité et d'une complexe fécondité. C'est ainsi que l'Église romaine se tient â égale distance des Églises orientales et des communions protestantes. Dans les Églises orientales séparées de Rome, le dogme n'a pas développé toutes ses virtualités, produit tous ses fruits; la vie est arrêtée, tarie. Après Photius et Gérulaire, elles n'ont plus connu les grands conciles; susceptibles d'ailleurs de retrouver, lorsqu'elles voudront, leur ancienne vitalité, elles subsistent, depuis dix siècles, dans une sorte de léthargie ; et l'on n'y trouve

pas. comme dans l'Église romaine, cette active harmonie entre l'intuition des fidèles, la déduction des théologiens et l'affirmation des docteurs, d'où résulte le développement dogmatique. Au contraire, dans les communions protestantes, il appartient à chaque fidèle de se faire son dogme par une interprétation personnelle de la Bible : l'initiative des consciences détruit alors la société religieuse; de ces intuitions individuelles, soustraites à toute autorité, diffuses et confuses, on ne peut, en les additionnant ensemble, faire un Credo; à l'unité des croyances succède l'anarchie des opinions.

Le Concile de Trente marque une date, non seulement dans l'histoire de l'organisation ecclésiastique, mais dans celle de la pensée catholique ; il lui fixe des lois, il lui prescrit une attitude pour l'époque qui va s'ouvrir. Au moyen âge, les sommes de théologie étaient le point de départ et le point d'arrivée de toute connaissance ; c'est d'elles que divergeaient, et c'est vers elles que venaient de nouveau converger les infinies déductions où se complaisaient les penseurs ; la religion et la science s'appuyaient et se recouvraient mutuellement. La Renaissance et la Rél'orme convièrent les esprits à de nouvelles habitudes. La science cessa d'accepter, comme postulats, les dogmes révélés par le Christ ou enseignés par l'Eglise ; dans l'édifice qu'elle rêvait d'élever, elle ne les installait pas a jjriori comme des pierres nécessaires et fondamentales, elle les ignorait. Si, les rencontrant dans sa marche, elle les trouvait justifiées, alors elle consentait à faire siennes ces communications de Dieu ; elle daignait les authentiquer. Il fallait que Dieu se laissât prendre en flagrant délit d'exac-

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