D EP MARNE PE SEE OAI
son chevet, pour lui donner ses soins. On vit alors ce grand évêque prosterné à terre auprès de ce pauvre malade sale, dégoûtant, malpropre, et qui sentait déjà la pourriture, lui prodiguer tous jes services qu'il pouvait lui rendre, et lui laver même de ses propres mains les endroits où il devait recevoir les onctions sacrées.
Quelques jours plus tard, donnant solennellement la confirmation dans l’église paroissiale, 1l
. commence par les sauvages, afin de leur faire voir
qu’à ses yeux leurs âmes n’ont pas mains de prix que celles des Européens. Puis connaissant le goût de ces pauvres enfants des bois pour les festins et voulant gagner leur cœur afin de les attacher à notre sainte religion, il leur fait préparer un repas abondant, dans lequel il les sert lui-même avec une humilité et une charité qui remplissent tout le monde d’admiration.
La charité chrétienne possède des secrets étonnants pour opérer le bien. Celle de Mgr de Laval était immense ; elle embrassait tous les hommes, mais particulièrement les pauvres sauvages, dans
les entrailles de Notre-Seigneur. Les sauvages les À
plus farouches et les plus barbares se sentaient subjugués et comme fascinés par le seul charme de sa présence ; ils devenaient doux comme des agneaux.
‘“ Les Iroquois infidèles eux-mêmes, disent quelque part les ÆeZafions, attirés depuis peu, et ne
la gr
2 22) nr se or er ee} a in A Gr L | | AS a bite hd Dis die div hide FAR PGA F did 1 A NE LE à 1 4
que cons leurs talen cher enco!
tudes Ms Dieu avait pour langa
presti l'Amé
t alors de ce et qui ous jies même it rece-
snnellesiale, il ire voir de prix le goût stins et acher à in repas vec une tout Îe
ts étonle Laval ommes, es, dans
ages les #
ent subne de sa
igneaux. |
nt quelu, et ne
sn Ole
respirant que fierté, voulurert aussi recevoir la bénédiction du prélat, comme si la présence d’an si bon pasteur eût changé ces loups cruels en de doux agneaux.”
On voit, dans les pieuses légendes des saints, que Dieu leur accorda quelquefois, suivant les circonstances, des faveurs spéciales pour le bien de leurs semblables, Les uns avaient reçu du Ciel le talent d’apaiser les procès, d’autres, celui de toucher les cœurs et de les ramener à Dieu, d’autres encore, celui d’exciter l’enthousiasme des muititudes pour le succès d’une grande œuvre.
Mgr de Laval, appelé à inaugurer le règne de* Dieu parmi les sauvages de la Nouvelle-France, avait reçu de la divine Providence un don spécial pour toucher les cœurs de ces barbares. Dans leur langage caractéristique, ils l’'appelaient l’Aomme de
D la grande affaire, et il exerçait sur eux le même
prestige que saint Pierre Claver sur les Noirs de
| l'Amérique du Sud.
Un illustre prélat de nos jours 1, appelé À mon-
$ ter sur le siège épiscopal de saint Martin, disait aux
fidèles dont la conduite venait de lui être confiée :
1 — Le Cardinal Guibert,
es 02 mms
dévo “ Nous avons à demander pour nous-même à ce E ; grand évêque un peu de cette flamme sacrée dont des | il était dévoré pour étendre le royaume de Dieu à 3,
sur les âmes ; son inépuisable char:té pour les souf- “ frances des pauvres ; sa prudence et sa fermeté
apostolique dans les saints combats de la Foi. Sup Puissions-nous, ajoutait-il, le regard fixé sur ce par- tem fait modèle, nous inspirer sans cesse de l’exemple à oi de ses vertus, et, dans tous les actes de notre minis-Æ LL,
tère sacré, ne jamais rien faire qui soit indigne de £ & : la mémoire de cet incomparable pontife ! ”
Mgr de Laval avait, lai aussi, une tendre dévo-R réa: tion pour saint Martin. Son séminaire était en E somr union de prières avec le chapitre de ia cathédrale | gran de Tours. Que de fois, sans doute, le pieux pontifeË et bi s'adressa au grand apôtre des Gaules, afin d’enS aux obtenir les grâces dont il avait besoin pour admi-Æ sur s
nistrer l'immense diocèse confié à sa sollicitude !5 fut u
Mais ne peut-on pas dire aussi, que, par la misé-Æ la gr ricorde de Dieu, il était parvenu à reproduire en saint lui toutes les vertus d’un véritable apôtre ? En sur-M dénu vant les différentes phases de sa laborieuse carrière, doub il est facile de trouver dans le premier évêque del Fran Québec plus d’un trait de ressemblance avec le zèle, grand saint Martin de Tours. L'Eglise de Québec auqu comme celle de Tours, peut admirer dans son l’auré
saint fondateur, ‘ cette flamme sacrée dont il était de gl
1ême à ce crée dont e de Dieu ir les soufa fermeté le la Foi.
ur Ce parl'exemple tre minisndigne de
idre dévo-
> était en cathédrale À ux pontife à
afin d’enk jour admi- li
ollicitude !
ar la misé-
roduire enk
»? En su:-
se carrière,|
évêque de € avec le
e Québec,
dans sonk
ont il était
an F3 im
dévoré pour étendre le royaume de Dieu sur les âmes, son inépuisable charité pour les souffrances des pauvres, sa prudence et sa fermeté apostolique dans les saints combats de la Foi.”
‘ Après avoir étudié la vie de Mgr de Laval, dit un pieux ecclésiastique du séminaire de Saint- Sulpice, après avoir consulté les mémoires du temps et puisé aux sources les plus pures, après avoir recueilli les témoignages les plus authentiques, tels que ceux de la Vén. Mère de l’Incarnation, du F. Houssart, qui avait si bien connu son cher maître, du P. Lalemant, et des diverses Xelations rédigées dans le temps par les PP. Jésuites, nous sommes demeuré plein d’admiration pour cette grande figure, et il nous reste la conviction intime et bien fondée que Mgr de Laval a été comparable aux plus grands saints que l'Eglise ait jamais placés sur ses autels, depuis les siècles apostoliques ; qu’il fut un saint Charles Borromée par sa constance et la grandeur de son courage et de ses sacrifices, un saint Ligori, par son esprit de pauvreté et de dénuement, un saint Jean de la Croix, par son double esprit de prière et de mortification, un saint François-Xavier, par l’ardeur et l’étendue de son zèle, enfin, un vrai saint et un véritable apôtre, auquel nous désirons que l’autorité légitime ajoute l’auréole des saints et les honneurs de l’autel, afin de glorifier en ce grand homme le principal orne-
ment de l'Eglise du Canada, et le fondateur de
lépiscopat catholique dans la Nouvelle-France et }
dans toute l'Amérique du Nord...
‘ Du haut du ciel, le Serviteur de Dieu continue à veiller sur l'Eglise qu’il a fondée, et sur ce pays
qui lui a toujours été cher, ce qui fut le théâtre de }
ses vertus et de ses travaux apostoliques.”