TT. DOS
PAS TN Ter EL ere
RS en CT UP
sa vie à dominer les mauvais penchants de la nature, et parvint à acquérir cette parfaite possession de lui-même qu’on admirait dans toute sa conduite.
Il pouvait bien dire avec l’apôtre saint Paul: ‘“ Je châtie mon corps, et je le réduis en servitude ; ” car il portait presque habituellement le cilice, malgré sa complexion délicate et sensible, et en dépit des souffrances et des infirmités dont il était accablé.
Le F. Houssart, qui nous apprend ce fait, ne le constat: iui-même, pour ainsi dire, qu’à la dérobée, car le Serviteur de Dieu prenait tous les moyens possibles de cacher ses mortifications.
‘ Il cherchait tous les jours, dit il, les moyens qu'il pouvait s'imaginer pour se procurer des douleurs et des souffrances ; comme, par exemple, de porter le cilice, et de le quitter tous les soirs en cachette, de peur que je ne le visse en pansant le cautère qu'il avait au bras. Sur ses dernières années, qu’il ne pouvait agir, il le portait jour et nuit, et avait grand soin que je ne le visse pas en parsant son cautère. Quand il était déchiré, il le raccommodait lui-même, et avait toujours pour cela du fil et des aiguilles ; et quand il s’y engendrait de la vermine, il le lavait lui-même dans de l’eau chaude, et tout cela en cachette.”
Malgré le soin qu’il prenait de cacher ses morti-
fications, il communiqua le feu sacré de la péni-
le la )S$6S- Le Sa
Paul :
servint le le, et ont il
ne le robée, 1oyens
1oyens r des emple; birs en sant le rnières jour et pas en &, il le ur cela endrait le l’eau
s mortipéni-
es C9: mu
tence à tout son clergé. Nous voyons, par une lettre de M. Tremblay aux MM. du séminaire, que ce digne prêtre envoyait au Canada, en 1694, deux douzaines de @sciplines. Il envoyait en même temps un ouvrage du général des Jésuites sur le Probabilisme, et plusieurs livres contre le /ansénisme, qu’il appelait une pernicieuse doctrine.
Voilà quel était déjà, à cette époque, le clergé du Canada, un clergé instruit, éclairé, au courant des étu<es théologiques, éloigné des doctrines jansénistes, mais surtout ün clergé formé à l’image de son pieux fondateur, et aimant sincèrement la pénitence.
Mgr de Laval vivait de la manière la plus austère, Il couchait habituellement sur la dure ; et s’il s'apercevait que, par pitié pour ses infirmités, on avait mis une paillasse sous son matelas, il attendait que son domestique fût parti, Ôtait luimême le matelas, et couchait sur la paillasse, Le matin, il remettait son lit comme il était, sans qu’il y parût rien.
Du reste, c’est lui-même qui tous les jours faisait son lit, balayait sa chambre, desservait sa table, javait ses petits ustensiles. Il vivait comme le plus
| humble des séminaristes.
Ses repas étaient tout ce qu'il peut y avoir de plus "simple et de plus frugal: un potage, qu'il s’efforçait de rendre le moins bon possible, en y
versant beaucoup d’eau chaude ; un peu de viande, qu’il voulait aussi gâtée que possible, sous prétexte qu’elle était plus tendre pour ses dents, et une croûte de pain, au contraire, la plus dure qu’il pût trouver ; jamais de dessert.
‘“ Pour son boire ordinaire, dit le F. Houssart, ce n'était que de l’eau chaude un peu teinte de vin; et chacun sait que Sa Grandeur ne prenait jamais ni liqueur, ni vin exquis, ni aucune mixtion de sucrerie, de quelle que sorte qu’elle puisse être composée, soit pour boire, soit pour manger, excepté que, sur ses dernières années, je gagnai de lui faire prendre tous les soirs, après son bouillon qui était tout son souper, gros comme le pouce de biscuit, dans un peu de vin, pour l'aider à dormir.
‘ Te puis dire sans exagération que toute sa vie n’était qu’un jeûne continuel, car il ne déjeûnait point, et ne prenait tous les soirs que la valeur d’une légère collation.”
Cette vie étonnante de mortification nous rappelle les austérités des plus grands saints de l'Eglise. Ajoutons à cela les souffrances continuelles que lui faisaient endurer les plaies de ses jambes. Il acceptait ces douleurs avec une grande résignation, comme venant de la main de Dieu ; il les aimait pour l’amour de Notre-Seigneur ; il aimait les plaies dont il était affligé, et qui lui causaient des douleurs très aiguës, En signe de cet
viande,’ prétexte
et une qu'il pût
[oussart, einte de : prenait mixtion 1isse être manger, sagnai de bouillon pouce de à dormir.
ute sa vie déjeûnait la valeur
nous rapsaints de es contilies de ses ne grande e Dieu; il gneur ; il ui lui cauone de cet
mis
amour, il baisait ses bandages avec une dévotion toute particulière, à chaque fois qu’il les ôtait, ou les mettait, comme un précieux instrument qui servait à le faire souffrir.
C’est avec le même esprit de mortification qu'il supportait toutes les contrariétés de la vie, et les inconvénients de chaque jour, lesquels, souvent, font souffrir les natures vives et sensibles encore plus que les maladies elles-mêmes. Rien de plus admirable que sa patience vis-à-vis de ses serviteurs.
“ Ce n’a pas été une petite peine à Sa Grandeur, dit avec beaucoup d’humilité le F. Houssart, de se servir de moi si longtemps qu’'Elle la fait, à cause de mes indocilités, des attachements à ma propre volonté, et des raisonnements contradictoires que je lui faisais, quand Elle exigeait quelque chose de moi qui ne me plaisait pas. ‘Toute autre patience que la sienne se serait lassée, et m'aurait chassé cent fois d’auprès de sa personne....”
Que dirons-nous de sa grande pauvreté, fruit de son esprit de mortification ? Nous en avons déjà parlé à propos de son humilité.
‘ Il employait tout en aumônes et en œuvres pieuses, dit le F. Houssart ; et quand il avait
M besoin de quelque chose, comme habits, linge, etc.,
il le demandait au séminaire, comme le moindre de ses ecclésiastiques.
‘Il était fort pauvre dans ses habits ; et j'avais peine à l’empêcher de s’en servir, quoiqu'ils fussent fort vieux, sales et rapiécés. Pendant vingt ans, il n’a eu que deux soutanes d’hiver qu'il a laissées en mourant, l’une encore très bonne, l’autre toute rase et rapiécée. En un mot, il n’y avait personne au séminaire plus pauvre en habits....”
Voilà l’homme de pénitence et de mortification que la divine Providence avait placé à la tête de l'Eglise du Canada.
M. de Bernières lui avait dit un jour : “ Ce serait un grand malheur qu'un évêché empêchât d'être parfait chrétien.” Nous venons de voir à quel degré héroïque le pieux prélat pratiqua toutes | | les vertus chrétiennes ; et nous avons pu admirer en | Mgr de Laval le parfait chrétien, tel que le voulait M. de Bernières.
+ Xx +
Si maintenant nous essayons de dire ce quefut M < Mgr de Laval comme évêque, il n’y a qu’un mot | qui nous semble propre à exprimer son mérite : | il fut un véritable apôtre. Et c’est aussi le nom È glorieux que n'hésite pas à lui donner M. de la t Colombière :
‘‘ En vérité, dit-il, c’est ici un apôtre. Jamais il le n'y eut de désirs plus pressants de la gloire del Dieu et du salut des âmes ; jamais on ne sentit}l
et j'avais ls fussent agt ans, il aissées en toute rase rsonne au
rtification la tête de
out:: Ce empêchât de voir à qua toutes admirer en le voulait
ce que fut
qu’un mot :
on mérite :
ssi le nom
M. de la
Jamais NE :
la gloire des bn ne sentitis
ne
plus vivement cette sainte envie de convertir les pécheurs, de sanctifier les justes, de faire cesser les désordres, de faire régner les vertus.”
M. de la Colombière va plus loin. Il compare les travaux si pénibles du premier évêque de Québec aux supplices des martyrs. Le missionnaire qui dépense sa vie, pour ainsi dire, goutte à goutte, au service de Dieu, aurait-il, en effet, moins de mérite que le martyr qui verse son sang tout d’un trait pour confesser la foi de Jésns-Christ ?
‘ Croyez-moi, s’écrie-t-1l, peuple du Canada, vous pouvez vous glorifier de ce que votre Eglise a été plantée dans le sang de votre preinier pasteur. Ses travaux, par leur longueur, ont égalé, s'ils n’ont pas surpassé, les supplices de bien des martyrs.”
Ceux qui ont charge d’âmes, en général, ne peuvent se contenter des vertus chrétiennes ordinaires ; ou plutôt ces vertus, fidèlement pratiquées par les pasteurs des âmes, en produisent nécessairement d’autres qu’on appelle vertus apostoliques.
A plus forte raison, les évêques, que ‘“ Dieu a placés pour gouverner son Eglise,” doivent-ils être animés de ces vertus, que l’'Apôtre recommandait tant à son disciple Timothée, ce grand évêque des premiers siècles : ‘ Sois vigilant, lui disait-il, ne recule devant aucun travail, fais l’œuvre d’un
apôtre, ”?
“Te : ji ne sc ge «ne
re
Les vertus proprement épiscopales peuvent se réduire à deux, principalement, la vigilance et le zèle apstolique.
Tout fidèle, en effet, doit voir dans l’évêque de son diocèse, celui ‘ qui doit le conduire, de la part de Dieu, et le placer dans de bons et saints pâturages.” L'évèque a été chargé de ce soin. Comme le chef suprême de lEglise, quoique à un degré inférieur, “il a la garde des pâturages de la vie éternelle et des fontaines sacrées ; il doit prendre soin des brebis qui lui sont confiées et les protéger contre les loups.”
Il doit donc veiller sur son troupeau, lui procurer la nourriture saine et fortifiante de la parole de Dieu, l’abreuver à la source pure des sacrements, et surtout le défendre contre les loups, c’est-à-dire, contre tous les ennemis de la foi et des mœurs.
La vigilance pastorale est une des raisons que l’'Apôtre nous indique pour motiver notre obéissance: ‘“ Obéissez, dit-il, à vos supérieurs, et soyezleur soumis; car ce sont eux qui veillent comme devant rendre compte de vos âmes.”
Or, quel évêque fut jamais plus vigilant que Mgr de Laval? A peine est-il arrivé au Canada, qu’il constate que la première chose à régler, c’est de faire reconnaître par tout le monde son autorité
ent 5€ ce et le
êque de > la part its pâtu- Comme in degré le la vie prendre protéger
ài procuarole de rements, st-à-dire, œurs.
sons que e obéiset soyezt comme
lant que Canada, ler, c’est autorité
EU
spirituelle. Il ne peut y avoir, en effet, deux bergers pour le même troupeau; il faut que les brebis reconnaissent la voix de leur pasteur, et n’en écoutent point d'autre.
L’archevêque de Rouen et ses adeptes prétendent avoir juridiction sur la Nouvelle-France. Le vicaire apostolique, envoyé ici par le saint-siège, n’épargne rien, ni fatigues, nl voyages, ni luttes sans cesse renaissantes, pour s'opposer à des prétentions qui peuvent compromettre la paix de son Eglise ; et il n’a de repos que lorsque son autorité a été pleinement reconnue par toutes ses ouailles.
En même temps, il s'occupe de procurer à tout son troupeau la pure et saine doctrine du salut. Il fonde son séminaire, au prix des plus grands sacrifices personnels, afin d’y former pour le Canada des missionnaires instruits et dévoués. Les Missions étrangères, Saint Sulpice, la Compagnie de Jésus, voilà les trois sources éminemment fécondes où il va puiser pour son troupeau les eaux salutaires de la prédication évangélique ; voilà les quartiers généraux d’où il tire les ouvriers qu’il envoie travailler à sa vigne.
La foi solide et éclairée du peuple canadien, son attachement au saint-siège, son dévouement inaltérable à la Religion et à toutes les bonnes œuvres sont encore le plus éclatant témoignage de la vigilance avec laquelle on lui a enseigné, dès le commencement, les voies du salut.
A em
EL
Il y a deux dangers, surtout, que redoute Mgr de Laval pour l'avenir de son Eglise, dès les premiers jours qu'il se trouve en contact avec les Canadiens : la désunion ou le manque de charité, et la traite de l’eau-de-vie. Sa vigilance n’épargne rien pour protéger son troupeau contre ces deux ennemis de la Religion.
Toute sa vie, il prêche la charité et l'union. Ux seul cœur et une seule âme / telle est sa maxime favorite. A force de répéter ce précepte évangélique à son clergé et à ses fidèles, il réussit, malgré tant d'éléments de divisions qui existaient alors au Canada. à faire de son Eglise une famille sainte et unie. ‘Toute sa vie, 1l s'oppose comme un mur d’airain à ceux qui veulent favoriser le commerce illimité des boissons enivrantes, surtout avec les sauvages, et il entreprend jusqu’à trois voyages en Europe pour obtenir de la Cour protection contre les désordres,
Le devoir de la vigilance pastorale, il l’exerça jusqu’à la fin, c’est-à-dire, jusqu’à ce que sa démission comme évêque de Québec eût été définitivement acceptée, non seulement par le roi, mais aussi par le saint-siège. On le voit, en effet, s’occuper activement des intérêts de son Eglise jusqu’à la consécration de son successeur, qui mettait fin à
son administration.
Mais ce qui n'est pas moins remarquable, c’est que, du moment qu’il se voit déchargé du fardeau
PO mm bat PM Mm mm LU tm nn 1 PM.
en
ute Mgr les preivec les charité, ’épargne es deux
ion. Ur maxime évangé- , malgré alors au sainte et un mur )mimerce avec les yages en
n contre
l’exerça a démiséfinitiveais AUSSI occuper asqu’à la ait fin à
le, c’est | fardeau
sis TT. ms
de l’épiscopat, il se regarde aussi comme délivré, non pas de l’obligation de prier pour ses anciennes ouailles, et de leur donner le bon exemple en toutes choses, — obligation, du reste, qui regarde tout chrétien — mais du devoir de la vigilance pastorale, laquelle regarde exclusivement l’évêque du diocèse. En l'absence même de son successeur, Mgr de Saint-Vallier, il laisse aux grands vicaires qui le remplacent le soin de veiller sur le troupeau et de le gouverner. Ce n’est pas à lui, non plus, quoiqu'il soit à Québec,c’est à Mgr de Saint-Vallier lui-même, prisonnier en Angleterre, que M. Glandelet s'adresse pour réprimer certains désordres qui affligent l'Eglise du Canada.
IT
La vigilance pastorale produit nécessairement le zèle. Comment un évêque qui veille attentivement sur son troupeau pourrait-il ne pas désirer ardemment profiter de tous les moyens pour le sauver ?
Le zèle pour le salut des âmes a été la grande vertu épiscopale du pieux serviteur de Dieu. ‘“ Quoi de plus beau, disait-l un jour, que de se dévouer, de se dépenser tout entier pour les âmes ? C’est la grâce que je demande, que j'espère, que j'aime !” —“* Fasse le Ciel, disait-il dans une autre occasion, que je me fasse tout à tous, et que je gagne des âmes à Jésus-Christ ! ”
es TO ces
Ecrivant en France, quelques mois après son arrivée au Canada, et racontant les dangers continuels auxquels on etait exposé de la part des Iroquois : ‘ Je ne puis vous exprimer, disait-il, la paix et la consolation de mon cœur, de me voir dans un lieu où je suis en l’attente du moment précieux de sacrifier ma vie à Notre-Seigneur, pour le salut des âmes qui ont été depuis tant d'années l’objet de son amour.”
Si le prélat n’eut pas l’occasion de verser son sang pour confesser la foi de Jésus-Christ, il en eu du moins le désir, et il consacra toute sa vie à procurer la gloire de Dieu et le salut du prochain.
Il parcourut plusieurs fois, avec une ardeur infatigable, cette partie de la colonie qui s’étendait depuis le Saguenay jusqu’au lac des Deux-Montagnes. Comme il ne pouvait atteindre par lui-même toutes les limites de son diocèse, il communiqua le feu sacré du zèle apostolique aux prêtres séculiers et aux religieux qui l’entouraient. Il en fit autant d’apôtres, qu'il envoya partout, à sa place, pour recueillir les gouttes du sang de Jésus-Christ, pour arracher à l’enfer tant de pauvres idolâtres, et sauver pour le ciel des milliers d’âmes assises à l'ombre de la mort.
Il eut, de son temps, le bonheur de voir l’évangile annoncé et pratiqué depuis la baie d'Hudson jusqu’à la Louisiane, depuis le Labrador et l’Acadie jusqu'aux plaines reculées du Nord-Ouest,
près son rs contipart des sait-il, la me voir nent pré- , pour le d'années
erser son il en eu sa vie à prochain.
leur infas’étendait x-Montaui-même niqua le séculiers t autant ice, pour rist, pour âtres, et assises à
ir l’évan- ‘Hudson et l’Acaest,
ee
Le salut des sauvages était sa grande préoccupation. Il intéressait à cette œuvre de zèle toutes les personnes pieuses avec lesquelles il était en rapport. Ecrivant un jour à M. Boudon: ‘ Je vous supplie, disait-il, de nous donner, ainsi qu’à nos pauvres sauvages, un peu de part à votre souvenir en la présence de Dieu.”
Il avait un talent merveilleux de se faire aimer des sauvages, de les attirer à lui et de gagner leurs cœurs. On peut remarquer ce talent dès la première fois qu’il met le pied sur la terre d'Amérique. Jamais, cependant, il n’avait encore vu de sauvages. Leurs mœurs, leur caractère, leurs usages, 1l n’en savait rien que par les rapports tou-
jours insuffisants des autres. On aurait dit, cepen-
dant, que ces pauvres enfants des bois étaient pour lui de vieilles connaissances, et qu’il avait étudié à fond leurs dispositions et leurs sentiments les plus intimes. I] savait toujours faire vibrer en eux la fibre sensible.
En arrivant à Québec, le 16 juin 1659, c’est à eux qu’il offre les prémices de son zèle. Un jeune enfant huron étant venu au monde, il veut le tenir lui-même sur les fonts baptismaux, afin de donner aux sauvages une grande idée de l'importance du baptême. Puis, apprenant qu’un jeune homme,
Paussi huron, est malade à l’extrémité, et qu’on va wiui administrer les derniers sacrements, il accourt à
Le <= 2 = TT > Lu « Lu O un z}
a A Ù | 2 NM [| …—— = = —
CFFER
. =] A 4333233.; GS es 1)