‹ Le Vénérable Père Eudes: 1601-1680Chapitre 16 sur 37 · I. Voir notamment p. 3ii et suivantes · texte numérisé non relu

I. Voir notamment p. 3ii et suivantes

LES ISOURCES DOCTRINALES. 53

de Tamour. Ce qui Tétonne, c'est de voir qu'un chrétien soit aussi attaché à cette misérable vie*. Et ici, le pieux auteur tient tellement à nous persuader, qu'il s'ingénie à lever les difficultés qui nous arrêtent. Oui, il faut que tout homme soit un martyr, au moins par disposition et volonté et par l'acceptation de toutes les souffrances en union avec celles du Christ. Qu'on ne s'y trompe pas, d'ailleurs ! Qui ne veut pas être martyr de Jésus est martyr du démon ; qui n'embrasse pas la croix subit la tyrannie du péché, il est martyr de son amour-propre et de ses passions et certes, il n'y gagne pas*. Comment hésiter?

Jusqu'ici déjà, le chrétien de l'école du P. Eudes est bien loin d'être passif. Mais l'action qui lui est demandée ne doit pas se tourner simplement contre luimême pour anéantir en lui les corruptions de la nature. « La vie que nous avons sur la terre ne nous est donnée que pour l'accomplissement des grands desseins que Jésus a sur nous. C'est pourquoi nous devons employer nos jours et nos années à coopérer à cet ouvrage de la consommation des mystères de Jésus en nous. Nous devons y coopérer par les bonnes œuvres, par la prière, par une application fréquente de notre esprit et de notre cœur à contempler, à honorer les divers états et mystères de Jésus dans les divers temps de l'année, à nous donner à lui, afin qu'il opère en nous pour ces mêmes mystères tout ce qu'il doit y opérer pour sa propre gloire. » On remarquera sans peine avec quel soin toutes ces expressions sont pesées et quelle est la netteté de l'attitude prise ici par

1. Les commentateurs ont souvent relevé dans Pascal de ces sublimes ëtonnements.

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