‹ Le Vénérable Père Eudes: 1601-1680Chapitre 2 sur 37 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

car ils ne renseignent pas seulement sur son caractère et sur ses talents. Quelques-uns, on le verra, nous font connaître aussi la situation de TÉglise et l'état de la religion à l'époque où il a commencé son apostolat.

Une bonne partie de ces documents, enrichis par des témoignages et des souvenirs de l'époque, n'a pas tardé à être mise en valeur par des historiens.

Le premier en date est le P. Hérambourg qui entra dans la congrégation deux ans après la mort du fondateur et qui connut par conséquent beaucoup de ses disciples: son ouvrage a été réédité par le P. Le Doré.

Quoique venant quelques années après, les travaux (autographiés) du P. Costil^ et intitulés Les Annales de la Congrégation de Jésus et de Marie el Les Fleurs de la Congrégation de Jésus et Marie y semblent nous donner la vérité d'une façon encore plus transparente et plus rapprochée des sources premières.

Parut ensuite la Fie du P. Eudes ^ par le P. Martine qui, en 1720, succéda au P. Hérambourg comme supérieur du séminaire de Coutances. La documentation en est riche et l'exposé très méthodique. L'étendue seule de ces deux gros volumes a empêché l'ouvrage de devenir populaire ; mais c'est une œuvre scientifique et bien faite.

La congrégation a cru cependant qu'il y avait bien des points à élucider, bien des rapprochements à faire. Elle a chargé de cette tâche le P. Boullay qui a entre-

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pris une Vie très étendue, dont deux volumes ont déjà paruy dont le troisième paraîtra bientôt. L^auteur s'y arrête avec complaisance sur tous les faits controversés jusque-là, et donne ses preuves avec largesse; ses digressions mêmes sont toujours intéressantes.

A ces sources directes s'ajoutent les alHuents qui viennent des divers contemporains du P. Eudes, oratoriens, sulpiciens, lazaristes... la liste en serait indéfinie. On en trouvera d'ailleurs une très longue dans le P. BouUay. Là devront se reporter tous ceux qu voudront à leur tour étudier à fond la vie si remplie de notre héros.

Les détails qui précèdent n'ont d'autre but que de montrer comment est composé ce petit livre. Puisset-il faire aimer du public un homme dont la figure manque beaucoup trop dans la galerie de nos saints français. On ne connaît bien ni l'église de France ni la plus belle partie de notre dix-septième siècle si on ne connait pas le rôle qu'y joua le Vénérable P. Eudes.

Henri JOLY,

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