‹ Le vengeur de Montcalm [microforme]Chapitre 14 sur 26 · RAS ON PRES TS NRA UE ON LEE PAR SET TEE DURE F · texte numérisé non relu

RAS ON PRES TS NRA UE ON LEE PAR SET TEE DURE F

— Qu'est-ce encore? cria-t-il d’une voix tonnante. Que me veut-on ?

Le chasseur souleva légèrement la peau de buffle pour entendre la réponse qui allait peut-être décider de son sort.

Cette réponse ne se fil pas attendre.

— Wa-Wa, l’Oie-Sauvage, a réveillé le grand

chef, dit l'intrus, pour lui annoncer un messager

qui vient de la part d'Œil-de-Serpent, le chef blanc. Le messager apporte de grandes nouvelles.

— Qu'il entre, répondit l'Ours-Maigre sèchement,

Le Supplicie-Vivant retint avec peine l’exclamation qui allait s'échapper de ses Jèvres. Il ne regrettait plus d’avoir ur instant auparavant été si cruellement déçu dans son attente. Le messager d'Œil-de-Serpent ou de François Brissot devait être porteur de communications d'une extrême gravité, pour avoir osé se présenter à cette heure avancée. Peut-être le comte allait-il apprendre les plans du traître et trouver ainsi le moyen de les déjouer.

Il n'avait pas achevé de faire cette réflexion, que le messager fut introduit dans la tente.

L’Ours-Maigre avait ravivé le feu et s'était jeté sur son lit de peaux.

— Le guerrier Mohawk, dit-il, a demandé à parler au sachem des Onontagues ?

— L'Oiseau-Blanc apporte les paroles d'Œil-de- Serpent, dit le messager d’une voix ferme, L’Oiseau-

Blanc ne peut confier ces paroles qu'à l’Ours-Maigre,

— L'Ours-Maigre est devant vous, répondit froidement le shef ; ses oreilles sont ouvertes.

— Les paroles d'Œil-de-Serpent, reprit l'Oiscau- Blanc, sont des paroles de paix. Le chef blanc ne tardera point à rejoindre son frère rouge. Il lui apporte les précieux trésors qu’il lui a promis. Il enrichira la tribu des Onontagues. Œil-de-Serpent est le frère de l’Ours-Msigre. Il attend de lui un service. Bientôt — peut-être avant qu’un soleil ait succédé à l'autre — un homme blanc, un guerrier, se présentera dans la ville de l'Ours-Maigre. Ce guerrier appartient à la tribu des visages pâles qui prétendent occuper nos territoires de chasse, Ce guerrier vous offrira de nombreux présents pour vous entraîner à seconder sa tribu. Sachez bien ce qu’il veut vous donner; Œilde-Serpent vous promet le double. Ce guerrier est un ennemi d'Œil-de-Serpent. Gardez-le ici jusqu’à l’arrivéede votre frère blanc. Jetez-lui ce la poussière dans les yeux. Retenez-le par des promesses et des mensonges. Si vous ne pouvez l’aveugler, faites-le lier, Œil-de-Serpent vous récompensera. Il couvrira de pièces d'argent la plus grande de vos peaux de buffle. L'Oiseau- Blanc a parlé.

— Quand mon frère le Mohawk compte-t-il rap= porter au chef blanc les paroles de l’Ours-Maigre ?

demanda le sachem,

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— L'Oiseau-Blanc partira quand le prochain. soleil touchera le sommet des arbres,

j — Ogh! l'Ours-Maigre réfléchira. Il répondra quand l’Oiseau-Blanc le quittera.

Il y eut un instant de silence.

— L'Oiseau-Blanc doit être fatigué, dit enfin le chef ; qu'il se couche sur ces peaux.

Pendant ce dialogue, le comte était demeuré siiencieux et immobile. Chacune des paroles qu'il venait d’enten dre restait profondément gravée dans sa 1 \6moire. Il tremblait à la pensée du péril quimenagait ce jeune homme dont il avait apprécié toute la noblesse d'âme et la franchise. Il était décidé à le sauver à tout prix.

Toutefois il ne se doutait point que le danger était plus imminent encore pour lui-même. Le Mohawk avait fourni une longue course, il était accablé de fatigue et de sommeil : il n’hésita point à accepter l'offre de l’Ours-Maigre.

Ses yeux tombèrent sur la peau de buffle étendue sur le sol. Il se peucha pour la saisir et la jeter sur les autres. |

Ce mouvement fut exécuté si rapidement que le comte n'en fut point averti.

Rochetonnerre se trouva tout à coup en présence

de l'Oiseau-Blanc, qui poussa un grognement d'étonnement.

La prompt'tude d’action pouvait seule sauver le chasseur,

Avant même que le Mohawk eût fait un geste, le comte Jui porta de son poing crispé un coup terrible en plein visage. L'Oiseau-Blanc tomba comme foudroyé.

L'Ours-Maigre. s’était retourné.

Ileutun cri d épouvanteet de rage. Enmême temps il saisit son tomahawk. Mais Rochetonnerre ne lui laissa pas le temps de lever son arme.

Avec une force prodigieuse, il empoigna le chef

par le corps, et, se servant de lui comme il eûtfait

d’un bélier, il lui frappa à deux reprises la tête contre le sol avec tant de violence que l’Ours-Maigre demeura privé desentiment.

Débarrassé momentanément des deux sauvages, le chasseur arracha la peau de la tente et se précipita au dehors.

Au cri terrible poussé par le sachem, le village s'était éveillé.

Avant que les Peaux-Rouges se fussent rendus compte de l'événement et fussent accourus à la tente de l’Ours-Maigre, le comte avait atteint le cordon de postes. Aucune des sentinelles ne s’opposant à son passage, il se jeta dans laforêt, en poussant un rugissement effroyable, pour avertir le jeune lieutenant, dont on venait de comploter la mort,

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