‹ Le vent dans la nuitChapitre 9 sur 12 · IÎ · texte numérisé non relu

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Ce n'est pas ton teint frais, c'est ton âme si claire Transfigurant tes traits, qui rend ta beauté chère, De même que le ciel ne nous semble si bleu Que parce qu'on v sent la présence de Dieu.

Traduit de Thomas Moore : 77.vv kiioiv uot in\ heai t.

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E vent du soir me souffle une haleine de glace; La jeunesse me quitte en un rire moqueur; Et j'écoute le cri de mort du temps qui passe Résonner comme un glas au cloître de mon cœur.

Le bien qu'on n'a pas fait vous tient l'àme obsédée, En voyant nos saisons tout près de décliner, On hait la part de soi que l'on a trop gardée, On a mal du bonheur qu'on n'a pas su donner.

JOURS GRIS AU BORD DE LE AU

Béni Tenfant alors, dont la main qui demande Écarte autour de nous le douloureux réseau Et, recueillant Tamour dont on lui fait TofFrande, Arrête notre angoisse au seuil de son berceau!

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V^ UEL air de pauvre chose amoindrie et fanée Prend Tœuvre où s'incarna mon douloureux amour. Le lent travail des ans a miné son contour : Ce n'est plus qu'une image inerte et surannée.

Elle est un corps défunt qu'il faut mettre au cercueil, Forme qui se défait, chair qui se décompose. Et je veille, Toeil vague; et sur la bière close Ma tristesse s'accoude en vêtements de deuil.

JOURS GRIS AU BORD DE LEAU

ht rheure impatiente est là, qui me remporte. Et mon geste Tenlace encor, désespère; Car e'est tout mon amour que je sens là muré, Mon amour qui repose avec mon œuvre morte.

I j'ai connu par mon œuvre des jours heureux C'est que tu l'entourais de ferveur maternelle, Que c'était encor toi que je vovais en elle Et qu'elle était le fruit de ton cœur douloureux.

J'v cherchais un reflet de ta tristesse amère Et si ton tendre amour s'v prolongeait, vivant, Comme avec vigilance on guette si l'enfant Garde un peu dans ses veux des rêves de sa mère

JOURS GRIS AU BORD DE L EAU

Mais puisqu'elle s'éteint en mes bras anxieux, Moi qui survis, je suis tel que Thomme qui pleure L'enfant morte avant lui, dont à sa dernière heure Il n'aura plus la main pour lui fermer les yeux.

ES voix de femme en qui tressaillirent mes vers Sont autant d'eaux ayant reflété des visages Et qui n'ont rien gardé sur elles des passages De tant de cœurs blessés qui souffraient au travers.

L'une, au milieu de l'herbe, est une source fraîche, L'autre, en une vallée inconnue, un lac mort; Telle est un long canal plein des brumes du nord, Telle, un marais dans les roseaux qui se dessèche.

JOURS ORIS AU BORD DE LEAU

Et quand j'aurai quitté notre monde, oh! la voix, La voix qui, solitaire, avant que Ton m'oublie, Réveillant un instant mon oeuvre ensevelie, Reflétera mes vers pour la dernière fois!

E suis le prisonnier de mes jeunes croyances J'aurai vécu dans l'ombre inconnu, rebuté, Mais je mourrai fidèle à ma sincérité Sans devoir mon salut à des mésalliances.

Je n'adapterai pas à ce siècle nouveau, Pour séduire la foule, un art que je respecte. Si la gloire est le prix d'une trame suspecte, Je ne descendrai pas jusques à son niveau.

JOURS (.RIS AU BORD DE LEAU

D'autres, plus que le mien, feront leur nom notoire Je garderai mon rêve avec un soin jaloux; Et si mon idéal succombe sous leurs coups, Être vaincu par eux, ce sera ma victoire.

Le Soir dans la Vallée

1 AR un double rideau de feuillages voilée, La rivière chemine au pied de deux coteaux Qui portent suspendus à leurs flancs des châteaux Dont s'étendent les parcs au long de la vallée.

La langueur tourangelle éparse dans la nuit Avive le tourment de mon âme inquiète.

Des musiques de bal et des rumeurs de fête Sourdent à mon oreille en poussières de bruit.

iy2 LEVENTDANSLANUIT

On danse, on rit. Là-bas, il est des jeunes femmes, Des espoirs, des chagrins, des bonheurs à saisir. Dans des yeux flotte un rêve ou s'allume un désir. Et des romans d'amour entrelacent leurs trames.

J'évoque en son corps frais, mur pour la volupté, La femme au cœur trop lourd, du réel évadée. Qui tard à sa fenêtre, en peignoir accoudée, S'enivre d'azur calme et de parfums d'été.

Le fond de la vallée en entonnoir se creuse. L'Indre luit à travers le saule et le bouleau, Et mon songe amoureux qui se mire dans l'eau Épouse les détours de la rivière ombreuse.

Comme on suit mollement le fil de son passé, En remontant ainsi cette eau jusqu'à sa source. Il croise des rameurs emportés dans leur course. Descendant le courant de leur train cadencé.

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