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un trésor, il faut commencer par y faire brûler un parfum, afin de se rendre favorables les esprits (gnemes) qui en sont les gardiens. Il y en a un différent pour chaque jour de la semaine. En faisant connaitre ici de quoi se compose le parfum du jeudi, on se fera une idée de ceux des autres jours de la semaine : ainsi, d’après le Petit- Albert, le parfum du jeudi doit être composé de glands de chêne, séchés au four, de la sciure de bois calcinée, des ongles et des becs d'aigle carbonisés, des cosses de vanille râpées, et des plumes de perroquet mâle brulées. Il faut réduire le tout en poudre fine et en former une pâte épaisse avec du sang de condor et de la cervelle de hon, de c: scodile ou de chat sauvage. De cette pâte on fait des petites boules, qu'on fait sécher avant de s’en servir pour qu'elles brûlent plus facilement.
Pour brûler le parfum à la satisfaction des esprits, il faut allumer un feu exprès avec le caillou d’un petit fusil ; et il est bon d'observer que le caillou, la mèche, l’allumette et la bougie soient neufs, et qu'ils n'aient servi à aucun usage profane, car les esprits sont extrêmement diffciles, peu de chose les irrite ; c’est le Petit Alberi, bien entendu, qui nous le dit.
Voilà pour les parfums. Maintenant, à l'endroit où se trouve le trésor, il faut planter à main droite une branche de laurier vert, et à
gauche une branche de verveine, creuser ensuite la terre, de hauteur d'homme, entre ces deux branches, puis faire une couronne de ces branches et en entourer son chapeau en y ajoutant un talisman, petite plaque d’étain, portant sur un sens, une figure représentant la fortune, et sur l’autre, ces paroles en gros caractères : AMOUZIN ALBOMATATOS.
Le voilà donc ce secret merveilleux pour découvrir les trésors ! Avis aux chercheurs d’argent ! Vite, qu’ils se hâtent de se procurer des glands, de la sciure de bois, des ongles et des becs d’aigles, des plumes de perroquet mâle, du sang de condor, grand oiseau du Pérou,—cest un peu loin, mais qu'importe la distance, quand il s'agit d’un trésor on peut bien aller chercher du sang de cet oiseau au Pérou.—Ce n’est pas tout, il faut encore de la cervelle de lion, de crocodile et de chat sauvage. Bah ! qu'est ce que cela fait, rien n'empèche, tout en allant chercher du sang de condor au Pérou, de poursuivre jusqu'en Afrique pour y faire un approvisionnement de cervelle de lion. D’un autre côté, il ne faut pas oublier non plus les branches de laurier et de verveine ; la couronne et le talisman de la fortune avec les paroles magiques : Amouzin albomatalos,
Enfin, le Petit-Albert termine son chapitre sur les trésors, par la remarque suivante :
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