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PETIT-ALHENT. 43
sorciers qu'on rencontre dans tous les temps, et dans tous les lieux, dans le Nouveau comme dans l'Ancien-Monde, D'abord, on a œu généralement, quelquefois avec raison, que les sorciers peuvent, à l’aide des puissances infernales, opérer des choses surnaturelles en conséquence d'un pacte fait avec le diable,
Mais en consultant leur histoire, nous y voyons que ces gens n'étaient la plupart que des imposteurs, des charlatans, des fourbes, des maniaques, des fous, des hypocondres, où des vauriens, qui cherchaient à se rendre remarquables par Îles terreurs qu'ils inspiraient,
Selon Bodin, les sorciers se rendaient coupables de quinze crimes, dont 1l donne toute la nomenclature ; mais ce rest qu'un fatras de stupidités dans lequel satan joue, bien entendu, le premier rôle. Inutile de les mentionner ici, Parmi ces crimes, Bodin en a omis plusieurs qui ont leur côté fantastique, car selon d'autres historiographes, les sorciers opéraient à volonté sur les éléments, et produisaient alors, soit le beau temps, la pluie, le froid ou le chaud ; et, qu'animés de l'esprit du mal, ils excitaient le plus souvent des ouragans et des tempêtes pour se venger de quelqu'un.
Le démonographe de Tancre rapporte qu’un roi des Goths n'avait, pour exciter un orage,
qu'à tourner son bonnet du côt? où il voulait que le vent souMAt. M. Marmier, dans ses Souvenirs de Voyages, rapporte le fait suivant :
Un respectable voyageur allemand, qui explora le nord vers la fin du dix-huitième siècle, raconte qu'il acheta d'un Finlandais un mou:
choir, où il y avait trois nœuds qui renfermaient le vent. Quand il futen pleine mer, le premier nœud lui donna un délicieux petit vent d’ouestsud-ouest, qui était précisément celui dont il avait besoin. Un peu plus loin, comme il changeait de direction, il'ouvrit le second nœud, et il survint un vent moins favorable : mais le troisième nœud produisit une horrible tempête, et c'était sans doute, dit le naïf conteur, une punition de Dieu que nous avions irrité en faisant un pacte avec des hommes réprouves.”
Les sorciers se vantaient de plus d'arrôter le cours des fleuves et de les faire remonter vers leur source, de transporter aussi les moissons d'un champ dans un autre. ‘ Mais, pour s’emparer des produits d'un champ quelconque, il fallæit, dit une légende écossaise, le labourer avec un attelage de crapauds ; que le diable conduisit lui-mème la charrue ; que les cordes de cette charrue fussent de chiendent, etc., etc., que ce singulier labourage, une fois terminé, tous les fruits passaient d'eux-mêmes dans la grange des