SORCIERS ESCROCS OÙ VOLEURS
Nous rapporterons ict quelques faits concernant de prétendus sorciers appartenant à notre siècle, lesquels nous feront bien connaître ceux de l'ancien temps.
Eu 1820, le tribunal correctionnel de Marseille eut à se prononcer sur une cause de sorcellerie entre une demoiselle abandonnée par un homme qui devait l'épouser, et un docteur qui passait pour soreier, à qui elle avait demandé un secret pour ramener son ingrat et infidèle amant et nuire à une rivale. A cet effet le sorcier commença par se faire donner de l'argent, puis une poule noire, puis un cœur de bœuf, puis des clous. Mais il fallait que la poule, le cœur et les clous fussent volés. Cependant, tout fut inutile, et la demoiselle ne put retrouver le cœur de son amant
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De là, un procès qui se termina par la condamnation du sorcier à l'amende et à deux mois de prison comme escroc.
Eu 1841, des sorciers, au nombre de sept, tous M de la mème famille, étaient traduits devant le 14 tribunal correctionnel de Valognes, France, pour divers délits d'escroquerie à l’aide de manœuvres frauduleuses employées auprès de pauvres ignorants qui se croyaient ensorcelés. C'est toute 4
: une longue histoire que le procès de cette famille M | de sorciers qui furent tous condamnés à payer 4 l'amende et à subir la prison, comme voleurs, î
pour plusieurs années. à
Durant l'eté de 1853, la justice faisait encore 4
main basse sur une famille de sorciers : le sieur L
M... et ses fils, domiciliés à Saint Etienne, L
France. Nous trouvons, à ce sujet, dans un jour-
nal françiis, le Mémorial de la Loire, des révélations qui attestent à quel point les masses se laissent encore égarer, même en France, par le plus grossier charlatanisme, lequel n'est rien autre chose qu'une transformation de la sorcellerie des temps pissés. Voici quelques extraits de ces révélations :
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« Appelés auprès d'un malade, le sieur M... 4 et ses fils, qui avaient la réputation de commu- 1 niquer directement avec Les esprits célestes, et de à guérir, par leur intervention, toutes les infirmi- L
ndamnamois de
ept, tous levant le ce, pour nœuvres res 1gn0st toute e famille à payer voleurs,
t encore le sieur Etienne, un Jour-
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F Moss commues, et de infirmi-
tés humaines, commencçaient par lui faire comprendre qu’il n’était atteint d'aucune affection dangereuse : que c'était simplement un malheur qu'un de ses ennemis avait jeté sur lui. Pour conjurer ce malheur, les sieurs M... ordonnaient de placer dans un vase de terre de l’urine, de la râclure d'ongles, une mèche de cheveux et de barbe et de quelques gouttes de sueur des pieds, le tout provenant de l’ensorcelé ; enfin, d'ajouter à ce mélange de l'huil», du vinaigre et dix clous de la longueur de # à 5 pouces, et de faire bouillir le tout jusqu'à parfaite évaporation du liquide.
‘ Pendant cette onération, qui ne pouvait pas durer moins de vingt-quatre heures, Pindividu qui avait jeté Le sort sur le malade devait se présenter dans la Chambre même où elle avait lieu et reprendre à son compte le malheur.
‘“ Les clous devaient être enfoncés dans une planche destinée à cet usage et nayant jamais servi à aucun autre.
‘ Si la guérison n'était pas obtenue {et elle ne l'était jamais), le malade devait prendre un bâton de la longueur de 36 pouces, d’un égal diamètre dans toutes ses parties, le couper en douze portions égales, le placer dans la poche droite de son pantalon et le suspendre à la porte de sa chambre à coucher ; puis le lendemain ces douze bouts de bâton devaient être coupés dans leur
Jongueur et être réunis tous ensemble de manière à reformer le bâton sur une surface unie.
‘“ Les sieurs M... père et fils nese contentaient point de ces moyens absurdes pour enlever de l'argent à leur ciientèle, car tous ces procédés ridicules étaient assez chèrement payés ; ils prescrivaient, afin d'obtenir l'enlèvement des malheurs pour lesquels on les consultait, de faire bouillir, après les avoir coupés, dans une marmite remplie d'huile, Les vêtements du malade.
‘ Quelquefais l’un des fils M... se rendait ou feignait de se rendre à la Louvesc pour intercéder auprès de Saint-François-Régis afin d'obtenir la guérison du malade.
‘ Enfin lorsque tous ces moyens avaient été reconnus inutiles, on faisait lier avec des cordes les jambes et les ras du malade et on lui prescrivait de rester dans son lit pendant au moins trente-six heures.
t Qui le croirait ? toutesces momeries absurdes ont trouvé créances aupres de certains esprits et l'on prétend que la maison des sieurs M... ne désemplissait pas de gens qui venaient les consulter.”