‹ Le véritable petit Albert ou Le trésor du peuple [microforme]Chapitre 27 sur 82 · FAUST LE MAGICIEN · texte numérisé non relu

FAUST LE MAGICIEN

Faust, le fameux magicien, qu’on a confondn avec Faust, l'associé de Gutenberg, l'inventeur

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Faust, né à Weimar, en Alleragne, au commencement du XVIe siècle, était un génie plein d'audace,—disent les légendaires,—animé d’une curiosité indomptable, avec un immense désir de tout savoir, il apprit la médecine, la jurisprudence, la théologie ; il approfondit ia science des astrologues, et quand ileut épuisé les sciences naturelles, il se jeta dans la magie,et devint pour les Allemands Pidéal du sorcier, Faust avait asservi à ses ordres, par un pacte de vingt-quatre ans, un démon qui avait non Méphistophéles, le second des archanges déchus, et, après Satan, le plus redoutable chef des légions infernales.

On ajoute qu'à laide de ce démon, Faust descendit aux enfers, parcourut les sphères celestes et toutes les régions du monde sublunaire.

Widman, dans son histoire de Faust, rapporte les conditions du pacte fait entre Satan et ce magicien qui le signa de son sang, sur parchemin, et dont on assure qu'on trouva le double parmi les papiers du docteur ; il portait : Lo. que l'esprit viendrait toujours au commandement de Faust,

lui apparaïîtrait sous une figure sensible, et prendrait celle qu'il lui ordonnerait de revêtir ; 20. que l'esprit ferait tout ce que Faust lui commanderait ; 30. qu'il serait exact et soumis comme un serviteur ; 40. qu'il arriverait à quelque heure qu'on l’appelât ; 50. qu'à la maison il ne serait vu nireconnu que de lui. De son côté, Faust s’abandonna au diable, sans réserve d'aucun droit à la rédemption ni de secours futur à la miséri corde divine. Le démou lui donna, en retour de ce traité, un coffre plein d'or; dès lors, Faust fut maître du monde, qu'il parcourut avec éclat, Et, pour terminer convenablement son infernale existence, il eut à l'expiration de son pacte le cou tordu par le diable.

Inutile de dire que toute cette histoire n'est qu'une fable ridicule, et que jamais telle chose n'eut lieu à l'égard de cet horame : c’est là, au reste, tout ce que les auteurs sérieux s'accordent à dire.

À propos du pouvoir surnaturel dont jouissait Faust, ses historiens rapportent l’anecdote suivante, qui a bien son côté risible :

Un jour, se rencontrant à table dans un cabaret avec douze ou quinze buveurs qui avaient entendu parler de ses prestiges, ayant tous la tête échauffée, ils lui demandèrent unanimement qu'il leur fit voir une vigne chargée de raisins

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dige. Faust leur annonça qu'à l'instart, sans sortir de table, ils allaient voir une vigne telle qu’ils la souhaitaient, mais à condition que tous ils resteraient à leurs places, et attendraient, pour couper ies grappes de raisins, qu'il le leur commandât. les assurant que quiconque désobéirait courrait risque de la vie. Tous ayant promis d'obéir, le magicien fascina si bien les yeux de ces gens, qui étaient ivres, qu'il leur sembla voir une très belle vigne chargée d'autant de longues grappes de raisin qu'ils étaient de convives, Cette vue les ravit; ils prirent leurs couteaux et se mirent en devoir de couper les grappes au premier signal de Faust, Il se fit un plaisir de les tenir quelque temps dans cette posture, puis, tout à coup, il fit disparaitre la vigne et les raisins ; et chacun de ces buveurs, pensant avoir en main sa grappe pour la Couper, se trouva tenant d’une main le nez de son voisin, et de l’autre le couteau levée, de sorte que s'ils eussent coupé les grappes sens attendre l’ordre de Faust, ils se seraient coupés le nez les uns aux autres.”

Il est facile d s'expliquer comment un pareil prodige, opéré dans un temps où le magnitisme et la biologie étaient complètement inconnus, pouvait faire tourner la tête des peuples de cette époque ; c'en était assez pour leur faire croire,

dans des circonstances souvent toutes naturelles, aux puissances infernales agissant par l'entremise des hommes extraordinaires, qui furent plutôt la terreur que les bienfaiteurs des siècles qui les virent naître, tant leur science des secrets de la nature était incompatible avec lesprit borné des générations d'alors. Du moment qu'une personne s'élevait au-dessus du commun des hommes, de suite on la désignait comme sorcièreet comme ayant fait pacte avec Satan ; enfin tout ce qui dépassait la sphère de leurs connaissancesétait regardé comme nr ‘que etsurnaturel,

Dans cette disposition des esprits, il devenait souvent facile à des fourbes adroits d'abuser de la crédulité publique par des jongleries qu'ils appuyaient de l'autorité de lEcriture-Sainte et des antiques traditions, surtout à une époque ou Îles préjugés et l'ignorance se partageaient l'empire du monde.

Mais aujourd'hui, comme le remarque un auteur, les progrès de la civilisation, les lumières de La philosonhie, les faits Atraordinaires expliqués par les progrès des sciences et des arts, nous ont enfin délivré de toutes ces visions de magiciens, de sorciers, loups-garous, lutins. feux follets, etc., etc. Ce n'est plus que dans les campagnes éloignées des grandes villes, et parmi la classe la moins éclairée du peuple, qu'on trouve encore des traces de ces préjugés et de ces super-

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stitions qui finiront, avant longtemps, par disparaitre jusqu'audernier vestige. Penser autrement serait blasphémer Dieu ; ce serait croire qu'il abandonne sa toute puissance aux démons, etque ceux-ci la commaniquent aux hommes pour qu'ils la fassent servir à corrompre, pervertir et fiure le malheur éternel de l'espèce humaine, [est an contraire bien plus juste d'attribuer au progrès des sciences les effets merveilleux qu'elles enfantent et dont plusieurs, réunis à l'adresse, constituent la magie blanche.

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