CHAPITRE XI
Les revenants...... de la supercherie.
Il y à une quinzaine d'années, la ville de- Québec fut mise en émoi en apprenant que des: revenants venaient d’envahir la résidence d’une: famille très respectable de l’un de nos faubourgs. Voici quelques-un des exploits commis par ces revenants qui jetèrent la terreur par tout le voisinage :
C:s revenants nrenaient plaisir tantôt à enlever les tapis en les roulant dans un coin, puis renver. ser les meubles ;enfinils mettaient tout sans dessus dessous. Un autre jour, ces terribles revenants, sortaient le linge des tiroirs d'une commode pour les jeter pèle-mêle sur le plancher. Une auire fois, les esprits malfaisants couvraient de deux pouces d’eau le plancher de la cuisine. Non con: tents de ces mulices, plusieurs fois répétées, mais toujours à l'insu de la fannlle, ces infâmz2s revenants montaient jusqu'au grenier et là mettaient en aiguillette les plus beaux chapeaux, coiffes en dentelles de fil, voiles en points, enfermés précieusement dans des boites. C'était trop fort! Alors, des moyens violents furent mis en œuvre pour conjurer les revenants et les forcer à décam. per au plus vite.
La maitresse de la maison hantée admettait qu'elle avait refusé l’aumône à un mendiant de très mauvaise mine, peu de jours avant l’arrivée des esarits, Cet aveu fut suffisant pour faire croire à un bon nombre de personnes crédules que tous ces désordres venaient d’un sort, jeté par ce misérable. Aussitôt, sur le conseil d’un esprit fort, on met au feu une marmite, contenant des clous, des aiguilles, des fourchettes, du vinaigre, de l'huile et un gallon d'eau. Après avoir fait bouillir le tout jusqu’à parfaite évaporation du liquide, notre homme à esprit fort dit que le mendiant
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allait faire son apparition pour demander grâce, et qu'il ferait cesser les désordres causés par les reyenants. Or, il advint ce qui devait naturellement résulter d'une action aussi ridicule qu? condamnable : point d’asparition du mandiant, puis conjuration manquée.
Où s’adressa finalement au digne curé de la paroisse, afin de lengager à user de ses pouvoirs comme prêtre pour arrèter la malice des prétendus revenants. Nous n'avons pas besoin de dire que le ministre de Dieu s'éleva fortement contre toutes les pratiques superstitieuses et ridicules qui avaient été employées pour conjurer ce prétendu sort. Après avoir obtenu tofs les renseignemnts possibles. M. le curé, suggéra à la famille de la maison hantée de renvoyer ure fille qui était à son service, Avec son départ les exploits des revenants cessèrent, Plus tard, cette malheureuse servante avoua, sur son lit de mort,
Æ qu'elle était la seule coupable de tous ces dé-
sordres, tout en admattant qu'elle avait éprouvé une grande satisfaction à jeter ainsi la terreur au milieu de cette famille.
Cette histoire de revenants, mêlée de sortilège, donne la clef d’une foule d’autres historiettes plus ou moins ridicules «u’on raconte encore dans les pays même les plus civilisés du monde,