‹ Le véritable petit Albert ou Le trésor du peuple [microforme]Chapitre 36 sur 82 · CHAPITRE IIL Histoire de six Chercheurs de Trésors, Québec · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL Histoire de six Chercheurs de Trésors, Québec

Afia de déinontrer tout le ridicule dont se couvrent les ch:rchurs d2 trésors, nous ne voyons rien de mieux que de rapporter ici quel. ques histoires, chacune sous son titre respectif, toichant ces sortes de recherches. Nous les livrerons à la curiosité du lecteur telles qu’elles nous ont été racontées par des témoins oculaires : c'est à ce titre seul que nous en garantissons l'auth nticité.

Eu 1855, une personn: de cette ville, laquelle avait été alliée à un: bande de ch:rcheurs de trésors, nous fit le récit d'une des perquisitions nocturn?s de cette bande. Tlva sans dire qu'on ne fait de pareilles déma ch?s que de nuit, surtout à cette houre st solennelle qui voit tant de crimes se cominettre, depuis les vols les plus audacieux jusqu'aux meurtres les plus abominables : Minuir | … Gest l'houre de prédilection de ces fous malheureux,

—Uu soir, dit elle, c'était en juillet, vers onze heures, nous partimes du faubourg St-Jean six de notre bande, tous bien déterminés à s'emparer, coûte que coûte, d’un trésor considérable, dont l'existence n’était connue que de celui qui nous conduisait au port assuré de la fortune. Après

Québec.

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quelques minutes de march, nous nous trouvâsnes au bas d'un champ, servant de pâturage à un troupeau de bêtes à cornes, tout près de la Côte à Sauvageau. Arrivés à l'endroit du trésor, notre chef, qui connaissait tous les secrets du Petit-Albert et de bien d’autres livres merveilleux, commença par faire un grand cercle avec une baguette de coudrier, afin de nous mettre en garde contre les esprits malins qui gardaient ce trésor, puis récita une Conjuration (1) que nous répétâmes après lui. Minuit venait de sonner : de gros nuages, s'élèvaat vers l’ouest, s'approchuent majestueusement, avec toute la perspec. hive d'une temête prochaine. Où entendait déjà, dans Le lointain, gronder sourdementle tonnerre, Je ne sais ce qui se passa alors en moi, mais il me senb'ait voir des spectres hideux sortir des entrailles de la terre... la peur s'empara de moi et je trembiais de tous mes meinbres..... Cependant, la pensée du trésor me remit un peu, et nous nous mines hairdiment à l'œuvre.

En moins d'une demi-heure, munis que nous étions de bèches et de piques, on avait déjà fait une excavalion de plusieurs pieds, lorsque tout à Cuup une masse solide fait rebondir nos piques C'était un coffre-fort! Aussitôt notre chef fait des signes cabalistiques, et récite une

(1) Voir au chipitre des Grimoires, pour citte coaijuration.

nouvelle formule de prière que nous répétons tous... Mais au même instant un hurlement sinistre se fait entendre non loin de nous, suivi de beuglements épouvantables venant dans notre direction.

Nous restons tous frappés de terreur ; et, à la pensée de voir apparaitre le diabie avec toute sa suite, je me signe aussitôt, la frayeur me faisant oublier qu'il ne fallait jamais faire en pareille circonstance aucune action ou signe religieux.

— Misérable lâche ! s’exclama avec rage notre chef, tout est maintenant perdu par ta faute,

Eu effet, à peine avait-il prononcé ces mots que la foudre en énormes serpents de feu vint s'abimer sur nous, la terre treimbla sous nos pieds et le coffre-fort s'enfonça à des mille pieds de pro. fondeur. Ah! je n'oublierai dé ma vie cette mul d'horreur !

Comme lui, nous croyons qu'il n'oubliera jamais cette nuit d'horreur ; surtout quand où réfléchie à la condamnable action dont ces cher: cheurs de trésors s'étaient rendu coupables, en allant prononcer ainsi, avec la perspective d’acquérir un peu d'or, des conjurations dans lesquelles se trouvent les blasphèmes Les plus révoltants.

Maintenant, disons que leur cotfre-fort n'était

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rien autre chose qu'une large pierre plate qu'on avait pris pour un Coffre, ainsi que cela fut vérité apres examen sur les lieux mêmes, Quant aux hurlements et beuglements épouvantables qu'on avait entendus, rien de plus naturel: car per- L sonne n'ignore qu'à l'approch: d'un ouragan, les animaux sont frappés de terreur par le (triste aspect qu'offe alors la nature, Ainsi donc, rien d'étonnant d'entendre, dans ces Ltres, des chiens hurler et des bêtes à cornes ben gler. Puis, on sait aussi que la foulre éclate presque toujours durant un fort oraz:: rien donc eucore d'étonnant que la foudre soit tombée aux & pieds mêmes de ces misérables, qui ne virent,

dans cette convulsion de la nature, que les puis l'enfer déchainées contre eux. C'est Ù ainsi que des homms, dans leur fatal ignorance, + osent attribuer à Satan des pouvoirs qu'il n'a jamais eus : pouvoirs qui n'appartiennent qu’à “) Dieu seul.

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