SES ET PER ESE E
| raconta cette anecdote, en 1846,
pour s'en saisir, disaientals, il leur manquait les
} moyens propres à coujurer les esprits qui le gar- 0 dauient.
Ils s'adressèrent un jour à la personne qui nous croyant qu'elle possédait le Petit-Albert, pour lui demander si elle ne pourrait pas leur donner une conjuration, ou formule de prière indispensable, pour s'emparer de ce trésor.
Curieuse de savoir, dit-elle, ce qu'ils voulaient en faire, je leur répondis affirmativement ; mais je leur dis que, pour réciter avec effet la conjuration que j'allais leur donner, il leur faudrait jeûner toute une journée, et faire en outre, à l'endroit où se trouvait le trésor, le sacrifice de deux chats noirs, en se servant d’un couteau dont la laine fût encore vierge (1). Inutile de dire qu'iis s’y engagèrent tous. De suite je traçai sur une feuille de papier une foule de mots qui ne
(1) Dans tout sacrifice où l’on répand le sang, il faut que le
couteau, ou autres instruments, dont on se sert à cet effet soit nouf. Les livres de conjurations l’exigent tous. Quelle absurdité !
pouvaient être compris dans aucune langue: ct 8 en leur donnant ce papier précieux, je leur fis promettre solennellement d'en garder le secret M pour eux seuls.
Quelques jours plus tard, c'était un vendredi L soir, voici ce qui se passait au pied de la Mon. tagne de Montréal, à quelques pas du Château- Mactavish :
Trois hommes, blottis dans une petite cavité, se préparaient à faire le sacrifice de deux matous noirs, qu'ils maitrisuent difficilement, L'an des trois aiguisait à cet effet un long couteau encore tout neuf...
A ce moment, minuit sonna aux cadrans do l'église anglicane et les G5nze coups argentins furent apportés ju<qu'i eux par une brise d'au: tomne, assez forte et continue pour faire mugir sourdement les grands arbres de la montagne en agitant les branches et les feuilles, déjà jaunies, avec un bruit semblable à la pluie qui tomb:
durant un fort orage. Le Saint-Laurent mêlait aussi, à ce concert nocturne de la nature, sa voix si puissante qui roule ses eaux avec tant de force et tant de rapidité vers la Pointe Saint Charles, en grondant et en se torturamt sur un lit de mil. liers de cailloux.
Alors le sacrificateur immola l'un &es chats, et, à l’instant, la victime couvrit tous les alentours
langue ; ct je leur fis er le secret #
ni de la Mon:
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de ses sinistres miaulements. Alors son camarade, comprenant de suite le sort qui l’attendait, se met aussitôt à jouer des dents et des griffes, si bien qu'il fait lâcher prise à l'homme qui le retenait captif, et disparait dans la Mon-
LAZNE se.
PETIT-ALBERTe
1 —Voilà une affaire manquée, dit un d'eux, et N je crains fort maintenant que ce chat donne l'éveil à tous les esprits du voisinage...
k En effet, à peine avait il prononcé ces mots que 1 1 de grandes flammes, surgissant tontà-coup de la M montagne, s'approchèrent dans leur direction, 4 accompagnées d’un bruitépeuvantable de chaines M et de chaudières ; et, en moins de dix minutes, #4 tous haletants, les cheveux hérissés, pins morts
à que vifs de fraveur, nos trois cherchours de trésors se retrouvaient dans le faubourg Saint An: AY toine, ayant parcouru une distance à faire frémir “le meilleur coursier du monde, Ces pauvres ‘4 diables se comptèrent encore heureux de s'être 0 retirés de là, en y laissant, deux, leurs couvre, “chefs, et l’autre, la queue de son habit, restée en & trophée sur nn piquet de clôture!
00000000 mentor 000000000000.
Voici maintenant l'explication de tout le mystère. La personne, de qui nos trois individus avaient obtenu une conjuration, ayant appris 0 d'eux, la nuit, l'heure et le lieu où ils devaient
se rendré à la Montagne, à la recherche du pré. tendu trésor, communiqua aussitôt cette farce à plusieurs de ses amis, et ils s'éengagèrent, au nombre de huit, d’aller ce soir-là, à quelque dis-
tance de l'endroit où devaient se rendre nos cher.
cheurs, tous munis de torches enflammables, d'un piquet de chaines et d’une chaudière, afin de leur jouer un bon tour. On sait quel en fut le résultat. Voilà à quoi se réduisent, géné. ralement, toutes ces visions infernales, esprits, fantômes ou revenants, qu’on prétend voir, et qu'on dit garder les tre$ors cachés.