PETIT-ASBERT. 93 CHAPITRE VI
Cause de là propagation de ces fausses croyances jusqu'à nos jours.
‘“ Depuis la venue de Jésus-Christ, tous les enfants de son Eglise, résandue sur toute la terre, le connaissent et le crmnrerïnent. Cependant, eicore ch3z noux comme chez les anciens juif+, les abus sunerstitieix n'ont pas tous disparu. ” ('OLLIN DE PLANcY.)
D'abord nous dirons que les fausses croyances des peuples d'autrefois sur l'existence des trésors cachés, gardés par des esprits mystérieux, ont eu pour mère la superstition, et qu’une telle mère ne pouvait enfanter et multiplier autre chose que la surperstition ; et, chose déplorable, ces filles
de l'erreur ont trouvé pour époux une grande partie du genre humain. Aussi, de toutes ces alliances, marquées du signe de la folie, on vit naitre des légions de créatures qui se développèrent rapidement sous l'influence de toutes ces
| superstitions, lesquelles ont pour bases princi-
pales : l'ignorance, l’orgueil, le fanatisme et la peur ; quatre causes que les docteurs chrétiens n'ont jamais cessé de combattre, car, “ quoique les philosophes se vantent,—dit un auteur distingué,—il est bien établi que c’est l'Eglise qui a toujours fait le plus pour extirper les superstitions. ”
Mais, en dépit des efforts constants qu’Elle ait
pu faire, dans tous les temps, pour déraciner et détruire les suparstitions, la fatale croyance aux trésors cachés et gardés par des esprits, chiens on chats noirs, etc. est encore de nos jours très répandue, surtout prrmi les populations des campagnes ; et tout homme de bon sens est frappé d'étonnement de voir que de pareilles sottises se soient propagées à travers tant de siècles pour arriver Jusqu'à nous aussi vivaces que Jamais, en dépit des lumières régénératrices du 19e siècle, Com'nent donc expliquer la cause principale d’une persistance aussi tenace ch2z les peuples, mème les plus civilisés ? La cause de cette mul. heureuse propagation est pourtant le fait, il n'y a pas à en douter, d'hommes qui se vantent d'être dans la voie du progrès, et qui, connaissant tous les rouages de l'ambition et de la crédulité hu. maines, répandent chaque année, en Karope, des milliers d'exemplaires de ces livres mensongers au milieu des classes laborieuses, et cela dans l'unique but de faire une spéculation lucrative, au grand détriment de la vérité, du bonheur de la société et de tout sentiment honnète qui dis: tingue le véritable chrétien et le bon citoyen. Par exemple, la France,—elle n'est pas la sente, mais, comme elle se trouve à La tête de la civilisation la plus avancée, nous la citons de préférence, —compte pour beaucoup dans la propaga-
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tion de ces rêveries absurdes, puisqu'on y vend encore, chaque année, aux habitants des campagnes, des milliers d'exemplaires du Grand Albert. Dans presque tous tes pays de l’Ancien-Monde, en Angleterre, en Ecosse, en Allemagne et ailteurs, on y imprim: et on y vend encore tous les jours de ces sortes de livres.
Après cela,ilne faut plus s'étonner si nous trouvons encore en grande vogue chez nous, tes fausses croyances qui faisaient, dans les temps anciens, l'apanage des peuples dévoyés ; caril est une chose certaine, c'est qu'aussi longtemps qu’il se trouvera des hommes à l’esprit assez pervers pour exploiter la curiosité, toujours si avide, et l'ignorance d'une partie du genre humain, par l'appât séduisant de la reproduction de ces livres qui promettent tant de merveilles irréalisables, de mème aussi il se trouvera toujours des esprits assez crédules pour croire aux secrets merveilleur que renferment ces livres, et qui ne manqueront pas de les acheter chaque fois que l’occasion s'en présentera, au risque mème d'en faire souffrir leurs familles.
L'Eglise n’a cessé de s'élever contre ces livres et Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour extirper les fausses croyances que ces ouvrages ont semées chez tous les peuples chrétiens. Comme catholique, nous lapplaudissons de tout