‹ Le véritable petit Albert ou Le trésor du peuple [microforme]Chapitre 41 sur 82 · EF · texte numérisé non relu

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bon résultat, car toujours il avait été trompé dans ses espérances.

Or, cette fois, il était plus que jamais convaincu de trouver un trésor caché dans un certain lieu à lui seul connu, et il s'engageait à le partager avec nous si nous: voulions l'aider dans cette dernière tentative, Les conditions étant faciles, nous les acceptâämes. Nous elions donc cinq personnes de notre bande le jour que nous arrètâämes ce projet tout doré !

A quelque temps de ,=c'était dans le mois de mai,—durant une nuit pluvieuse et naturelle.

ment bien sombre, guides par notre vieillard, nous nous rendimes, un peu avant minuit, à l'endroit où se trouvait Le prétendu trésor

Arrivés sur les lieux fortunes, on planta à droite une branche de laurier, à gauche une branche dd verveine : car, solon Le Petite Albert, la verveine et le laurier sont d'un bon usage pour empècher que les esprits (gnomes) ne nuisent au travail de ceux qui sont occup?s à chercher des richesses enfouies terre ; alors, on fit brûler un parfum composé d'après une recette enseignée aussi dans le mème livre.

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—Maintenant, dit notre vieillard, avec toutes ces précautions les esprits malins, gardiens du trésor, ne nous seront point nuisibles ; et, si mou

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Petit Albert dit vrai, ils nous aideront même dans no're eutreprise.

Sur ce, on se met à creuser activement la terre, entre Les branches de laurier et de verveine, et en moins dune demi-heure, par une pluie battante qui nous fouettait la figure en tous sus, on découvre, à quelques pieds du sol, un large coffre de bois... C'était le trésor ! il n’y avait pas à en douter. Tous transportés de Joie, nous en brisons le couvercle, et c'est à qui y plonzera la main le premier pour en retirer les richesses ; mais, par déférence, il fut convenu que ce privilége appartenait de droit à notre chef, à qui nous étions redevables d'une découverte aussi précieuse. Il fallait nous voir inspcter les goussets et Les poches de nos vètements, afin de s'assurer de leur solidité pour recevoir n03 pièces d’or et d'argent,

Mais la déception fit bientôt place à notre folle joie, car en plongeant le bras dans le coffre, notre vieillard le retire aussitôt en jetant une exclama tion de surprise indescriptible, accompignée d'un juron épouvantable ; puis au mime instant deux énormes Boule-dogues arrivent sur nous en aboyant et hurlant à faire trembler la terre... Le diable! tel fut le cri général. Chacun d:

prendre ses jambes à son cou,et sauve qui peut. Quant à moi je vous assure que je ne fus point le

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dernier, et je me trouvai transporté sur la rusg Saint-Jean, sans savoir comment et par où j'y étais descendu si rapidement.

Revenu un peu de ma première frayeur, je comnençu à m'injuiéter sur le sort de mes associés que je ne voyais point reparaître ; la curiosité de savoir ce qui avait pu leur arriver me détermina de retourner sur m2?s pas, en ayant soin, toutefois, d'épier à travers les térèbres le moindre sign: de danger, en m2 tenant constimment sur le qui-vive. Arrivé aux coins des rues Prévost et Claire-Fontaine, j'aperçus trois de mes camarad :s occupés, près d’une mare d’eau hourbeuse, à faire la lessive à notre malheureux plongeur, qu'ils avaient retiré par les oreilles du foad d'un gran canal rempli de saletés les plus ordurières, et dans lequel il était tombé, en voulant se défeadre contre la fureur de ces ter. ribles caniches qu'on avait pris à tort pour le diable, GC: chiens apoartenaient à un bourgeois anglais dont la résidence attenait précisément au terrain sur lequ2l nous avions fait nos recherchos,

Il fallait voir quelle drôle de mine faisait notre homne au Petit Albert, et je ne pus m'empêcher de lui dire, au milieu de sa confusion : que son fameux livre, avec ses secrets merveilleux, se: branches de laurier et de verveine, y compris ses

parfums, nous avait fait découvrir un curieux trésor liquéfié duquel s'échappaient des odeurs qui étaient bien loin de sentir la rose ; alors, je les quittai, tout en riant de notre mésaventure, et en leur faisant abandon bien entendu de ma part de butin.

Le lecteur nous pardonnera sans doute, de rapporter une pareille scène, attendu que notre unique but est de faire saisir tout ce qu'il y a à la fois de déplorable, d’absurde et de dégradant chez l’homme qui se livre ainsi par son ignorance à de telles actions.

Il y aurait des centaines d'histoires à raconter à propos des chercheurs d'argent, mais comme nous croyons les avoir toutes résumées, moins quelques variantes, par celles qui précèdent, nous nous en tiendrons là pour ne nous occeper maintenant que de la cause principale qui a fait se propager jusqu'à nous de pareilles croyances, entachées de tant d’absurdités.

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