CHAPITRE IV
Les Cultivateurs et leurs Députés au Parlement,
Le cultivateur ou l'habitant, désigne généralement dans le Vent par mépris à c encore pour le Son lang
—äinsi qu'on le Bas-Cinada, souause de son état rustique, ou tourner en ridicule Par rapport à a3e, ses manières humbles ot modestes OÙ Son costume d'étofe du Pays, —le
disons-nous, pe
cultivateur, ‘t bien se passer de Inais personn
tout le monde, ? Ne peut se passer de lui, Si, parfois, notre lhilarité d'un cert d'orgusillenx QUI peuplent les Cités doute, à l'ignorance de l'importance de l Le cultivateur est de faitle s tablement in lépendant, et le AVEC Vérité : 4 Ja monde
Paÿsan excite Ja
dédain ou ain nombre de mal
“appris ou » C'est dû, sans Ces derniers touchant agriculture, eul homme véri- Seul qui puisse dire PEUX me passer dé tout le > Mais personne ne de moi,” Jamais les rois, les éMpereurs, et les Conquérants les plus Puissants du more, y COMpris les Présidents des grandes Républiqu et A méricaine, ne pourront tenir imposant ; Car tous ces grands de le sont réellem
peut se passer
2S Française Un langage aussi la terre ne ? ou le con.
grandeur et toute son indépendance qu’à la culture et à la fécondité du sol Le cultivateur est ainsi le véritable roi de la terre, et, à
la fois, le plus heureux et le plus indépendant
des rois du monle, quoiqu'il n'ait pour tout
blason que l’épi, c’est-à-dire le pain, dont Dieu
gratifia le genre huinain dans la personne
d'Adam, le premier noble et le premier roi du
monde, de qui nous descendons tous, petits
comme grands, pauvres comme rich?s, et à qui
Dieu dit: ‘Tu gagneras ton pain à la sueur
de ton front !”
En obligeant notre premier père, et en lui toute la race humaine, à gagner son pain à la sueur de son front, Dieu confirma davantage la fondation de l’industrie agricole, comme étant la première et la plus importante source qui devait alimenter et assurer lexistence de l'humanité tout entière.
En disant que Dieu confirma davantage la fondation de l'industrie agricole, nous voulons dire que la culture remonte encore plus haut qu’à la chute d'Adam, et nous sommes appuyé de l’Ecriture Sainte qui dit au ch. IT de la Genèse : ‘ Le Seigneur Dieu prit donc l’homme, et le mit dans le paradis de délices, afin qu'il le cullivdt et qu'il le gardât.”
Ainsi donc le cultivateur peut dire, avec un légitime orgueil, que la profession qu'il exerce
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lui vient directement de Dieu, tandis que toutes les autre indastries, ainsi que toutes les institutions civiles ne sont que de création humaine.
Que le paysan soit donc fier de son état ; qu'il s’y attache davantage ; qu'il ne se laisse jamais aller au découragement ni à l'indifférence dans la culture du sol: car sa mission est des plus nobles et des plus sublimes. Qu'à l'avenir il prenne en pitié ces orgueilleux et ces mal-appris, qui cherchent à le mépriser et à le tourner en ridicule mème lorsqu'il se montre humble et modeste. Quant à son costume, que le paysan soit fier d’eu porter un toujours d’une étoffe manufacturée dans le pays, plutôt que d'un fin tissu, importé de l'étranger, et quelquefois usé en grande partie avant mème que la valeur n’en ait été payée.
Si nous avons essayé de faire ressortir ici toute l'importance du cultivateur par son industrie, c'est afin de démontrer que les destinées d'un Etat reposent invariablement sur cette classe laborieuse d'hommes des champs, que nos législateurs doivent entourer de toute ieur protection. C’est surtout aux représentants de la classe agricole du Bas-Canada à prendre l'initiative au près du gouvernement pour obtenir cette protection. Or, afin d'engager sérieusement les députés à défen re sa cause dans le Parlement, la classe agricole doit
prendre sans plus tarder les mesures nécessaires à cette fin.
Pour atteindre ce but, il est un moyen dont nous garantissons l’infaillibité, du moment que les cultivateurs l’adopteront avec entente ; mais avant de le leur suggiîrer, nons leur rappellerons que les Parlements Féléral et Provincial se composent en grande partie de membres représentant la classe ag icole. C'est donc au sein des campagnes que se recrute toute la force dés gouvernements ! Cependant, presque toujours on semble méconnaître cette vérité.
Voici le moyen que nous offrons aux cultivateurs :
Chaque fois que vous aurez à faire le choix d’un candidat, ayez soin de vous assurer d’abord d’un homme possédant les qualités nécessaires pour défendre votre cause avec avantage dans Je Parlement ; et ne lui accordez vos suffrages qu'après un engagement solennel de sa part, qu’il veillera sans cesse à sauvegarder nos institutions, notre langue et nos lois, et qu’il travaillera énergiquement à obtenir du gouvernement une protection sans égale pour l'industrie agricole, en favorisant surtout la colonisation par tout le Canada en général et son comté en particulier.
Maintenant, pour faire remplir plus sûrement l'engagement qu’aura contracté votre candidat,
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qu’un comité permanent soit organisé dans chaque comté, composé des principaux électeurs de chaque paroisse, qui devront se réunir deux fois par année, c’est à-dire avant et après chacune des sessious, et du Parlement Provincial et du Parle. ment Fédéral. La première réunion aurait pour but de proudre eu consilération les besoins du comté et de faire une demande, s’il v avait lieu, à la législature, par l'entremise de votre député, La seconde réunion serait à l’etfet de s’enquérir de la conduite du gouvernement durant la session écoulée par rapport à la demarde de votre comté ; et, de plus, de vous assurer si votre candidat s'est acquitté de son devoir convenablement à votre égard. Nous savons que plusieurs députés ont pour règle de visiter leur comté avant chaque session pour avoir l'opiuton de leurs commettants sur les grandes questions, et de parcourir de nouveau les paroisses après la session pour leur rendre co npte de ce qui à été fait dans l’intérèt général, "
Les bons fruits que produira ce moyen si judicieux seront incalculables; et le succès en est d'autant plus certain, qu'il suffira à la classe agricole de le vouloir sérieusement pour qu’elle puisse l'obtenir.
Quant à ceux qui douteraient encore de cette vérité nous Les engageons fortement à la mettre
en pratique et ils resteront convaincus de toute son efficacité.
Mais il va sans dire que pour assurer la réalisation d’un progrès aussi désirable, il faudra que l'amour de la Religion et de la Patrie soit plus vivace que jamais au milieu de la classe agricole et que toute sa politique repose sur cette base fondamentale ; et alors, seulement alors, elle aura la certitude de suivre une politique toujours en harmonie avec nos devoirs religieux et nos droits comme peuple.
Voilà le secret infaillible qui peut seul améliorer la condition sociale des cultivateurs, et amener à la fois le bonheur, l’aisance et même l’abondance des richesses au sein de leurs familles.