CHAPITRE II. We
Le Clergé et la Colonisation.
Si, d’un côté, notre gouvernement a presqu toujours été d’une irop grande indifférence quan à l’importante quesüon de l'agriculture, à l'autre, nous le disons avec bonheur, notre véné rable clergé s’est montré sans cesse à la hauteu de sa noble mission en se constituant à la foi l’apôtre de la civilisation et de la colonisation
PELIT=-ALBERT, 12)
Aussi à lui, pour une bonne part, sont dus tous les progrès et le développement de l'agriculture canadienne, et il y aurait de nombreuses pages à écrire à la louange d’un grand nombre de nos
. MN missionnaires qui se sont vouës et se vouent ndre le bien MS re actuellement à la colonisation, unique-
L ul. GE LA déléss MN ment dans l'intérêt de leurs ouailles et de notre 1gmeil: à HARAS DE patrie.
es gouverne.
iut cet enne.
e un sol fer. " coups de la
UF Er. y
De nos jours, comme dans le moyen Age, le rité de notre MN clergé a fait beaucoup pour le progrès de l’agride l'agricul: MM culture et de la colonisation. Chateaubriand, onc de toute Mi dans son Génie du Christianisme, consacre une au secours de MR belle page au clergé séculier et régulier du moyen
si l'on tient M âge, à propos de cette industrie. En voici quel-
pays en gé- ‘1 jaues extraits que nous nous plaisons à reproarticulier. Mi duire :
“C'est au clergé séculier et régulier, dit cet auteur, que nous devons encore le renouvelle- UN ment de l’agriculture en Europe, comme nous “jui devons la fondation des collèges et des hôpiion. “taux, Défrichements des terres, ouverture des chemins, agrandissement des hameaux et des nt a pres{@ villes, établissement des messageries, arts et méférence quan tiers, manufactures, commerce intérieur et extériculture, rieur, lois civiles et politiques ; tout enfin nous r, notre vVéné MM vient originairement de l'Eglise. Nos pères e à La hautet étaient des barbares à qui le christianisme était
ant à la foi obligé d'enseigner jusqu'à l’art de se nourrir. ” colonisation. M
Après avoir énuméré l'étendue des terres incultes, colonisées et cultivées à cette époque par des religieux, Chateaubriand ajoute :
‘“ De plus, exemple qui est souvent peu de chose en morale, parce que les passions en dé: truisent les bons effets, exerce une grande puissance sur le côté matériel de la vie. Le spectacle de plusieurs milliers de religieux cultivant la terre, mina peu à peu ces préjugés barbares, qui attachaient le mépris à Part qui nourrit les hommes. Le paysan apprit, dans les monastères, à retourner la glèbe et à fertiliser le sitlon. Le baron commença à chercher dans son champ des trésors plus certains que ceux qu'il se procurait par les armes. Les moines furent donc réellement les pères de Pagriculture, et comme laboureurs eux-mêmes, et comme les premiers maitres de nos laboureurs. ”
Si, en Europe, le clergé fut le rénovateur de l'agriculture, et que les moines en furent les pères, en Ganada le clergé fut Le premier à coloniser et à cultiver, et Les Récollets et les Jésuites furent chez nous les pères de l’agriculture:
comme laboureurs eux-mêmes et comme les premiers maitres de nos laboureurs.
Nous pouvonsdire que l’œuvre de ces premiers missionnaires a été continuée depuis, sans subir aucune interruption, par le clergé canadien, de concert avec quelques laïques, zélés défenseurs
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de la colonisation des towunships de l'Est, de la Vallée du Saguenay, etc.
Cependant, en dépit du dévouement et de linitiative constante du clergé et de quelques laiques, l’agriculture dans le Bis Canada souffre généralement, et la colonisation est presque toujours paralysée dès son début. Où se trouve donc la source du mal qui en empêche le développement, puisque le ciergé n’a cessé de la favoriser de toutes ses forces ? Le mal vient de notre législature, et c’est aux députés du peuple à y apporter un prompt et efficace remède, car la plaie menace de devenir incurable.
Nousregrettons sincèrement d’être obligé, après vingt ans, de formuler encore les mêmes plaintes, contre nos gouvernants. Mais pour être juste, il faut admettre aujourd’hui que nos hommes pubhcs ont fait beaucoup pour doter la Puissance de voies ferrées, qui finiront un jour par favoriser efficacement la colonisation et l’agriculture. Certes, nous le disons avec plaisir, c’est une excellente note en leur faveur.
CUAPITRE IIL
Le Gouvernement doit accorder une protaction sans égale à l'Industrie Agricole.
De lout teinps un a vu des monarques et des
nouvelles possessions, à force d'argent et de sang humain, sacrifiant des milliers de leurs meilleurs sujets pour la seule gloriole d'ajouter quelquesf centaines de lieues de plus à leurs domaines, sans les doter pour tout cela d’une plus grande! , somine de bonheur, Au contraire, car il en est 7 des guerres comme des procès, de mème que le meilleur des procès ne vaut pas le plus mauvaisk accommodement, de mème aussi la meilleure des guerres ne vaut pas la plus mauvaise entente entre deux puissances ennemies, Cependant, l'or: gueil et l'ambition des conquérants sont presque toujours leurs seuls conseillers en prreilios cir constances, et là sagesse et le bien-être dont ils doivent entourer les peuples qu'ils gouvernent. viennent rarement leur servir de Contrepoids. Aussi les résultats de la plupart de ces guerres, soulevées pour des raisons souvent insignifiantes. À sont d’abord l'épuisement du trésor public, puis laf creation de lourds impôts prélevés parmi le peur ple, qui en paie la façon, sans compter les nom: breuses victimes, le grand nombre d’orphelins eh ja désolation qu’elles sèment dans tous iles rangsP" de la société. | EL
Or, si les grands de la terre ‘peuvent tout 5 permettre pou: faire la guerre à leurs voisins, au prix de tous les sacrifices d'argent et de sang humain, que ne devrait pas faire nn gouverne: ment pour développer avantageusement l’agri.
culture et faciliter la colonisation de la grande étendue de terrains fertiles, qui abonde autour de nous, et qui n'attend que ia hache du colon pour proluire d'abondantes moissons et augmenter du même coup les revenus de notre jeune pays ? surtout quan on reconnait toute la vérité de la maxime suivante, que “le labourage et le pâturage sont les deux mamelles d’un Etat !” ou, comme dit PEcriture-Sainte, “le roi juste cherche la prospérité de ses domaines.” Proverbes, 29. 4,
Ces grandes vérités furent très-bien comprises au XVIe siècle par Henri IV, roi de France. A cette époque, la France présentait le plus affligeant sp'etacle et les champs offraient d'immenses friches. Ce qui fesait dire au bon roi Henri: “ Les vexations auxquelles ont été en butte les “ laboureurs, leur ont fait abandonner non-seulement leur labour et vacation ordinaire, mais ‘aussi leurs maisons ; se trouvant maintenant ‘les ferm's censes et quasi tous les villages in-
..bitez et déserts.” De plus ‘le commerce et Viuduirie, selon un auteur, étaient dans une UE M complète ; enfin, la misère s’étendait je ‘x chaumière du pauvre au palais du riche, et ivent tout s:%%ges fiñïances se trouvaient dans l’état le plus dé. rs voisins, 2uBMplorable.
t et de sanf à ui (ministre de Henri IV), qui portait un
n gouvernt intérêt à l’agriculture, — ajoute le même ement l’agri
nt et de sang 1rs meilleurs ter quelques rs domaines, plus grande car 1l en es!
mème que le plus mauvais la meilleure ivaise entente pendant, l'or:
; sont presque pareilles cir -ôtre dont ils s gouvernent, ntrepoids.
e ces guerres, insignifantes, public, puis la parmi le peu:
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auteur,—pensa avec raison qu'il suffirait de l’encourager pour relever la France de ses longues humiliations, pour accroître le bienêtre public et la richesse nitionale. Il ne se trompa pas! Au bout de quelques années, avec une volonté unique, constante et énergique, il remédia aux abus, sou mit toutes les dépenses à un contrôle sévère, et, accordant une protection sans égale à l'industrie agricole, il prouva à tous la vérité de cette maxime : ‘ Le labourage et le pâturage sont les “ deux amelles d’un Etat !”
Voilà . 8 doit faire notre gouvernement, à l'exemple de ‘1lly, s'il veut accroitre le bien-être public et la richesse nationale du Canada, et voilà aussi ce qu’il n’a jamais fait, au moins pour ce qui est d'avoir accordé une protection sans égale à l'industrie agricole, si indispensable au développement efficace de l’agriculture et de la colonisation, surtout d’un pays comme le nôtre dont le sol est d’une si grande fertilité.
‘ Voulez-vous réussir dans le gouvernement des Etats, a dit Cheteaubriand, étudiez le génie des peuples : pour toute science, favorisez ce génie.”
Eh bien ! quel est le génie dominant du peuple Canadien ? N’estce pas l’industrie agricole ? N'’est-il pas doué généralement de dispositions de premier ordre pour exercer cette première des industries ? Oui ! mais ce qui lui manque pour
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obtenir de meilleurs résultats dans la culture, surtout dans la colonisation des nouvelles terres, c'est, n’en doutons pas, cette protection sans égale, à la Henri IV, de la part du gouvernement.
Que notre gouvernement nous accorde, à l’avenir, cette protection sans égale pour l'industrie agricole ; qu'il favorise la colonisation des grandes vallées, surtout celles du St. Maurice et du Lac St. Jean ; qu'il fournisse aux nouveaux colons les moyens les plus indispensables pour leur permettre d'aller s’y établir et attendre une première récolte ; qu’il fasse faire de bons chemins, pour faciliter le colon à aller vendre sur les marchés les plus voisins le surplus de ses produits ; qu'il adopte à cet effet un bon système de Voierie, car il ne suffit pas d’avoir des chemins, ou routes publiques, il faut encore veiller à ce qu'ils soient tous entretenus en bon état, Alors nous verrons sans aucun doute s’accroitre rapidement le bien-être public et la RICHESSE NATIONALE |
En bonne justice, nous devons dire ici que, depuis quelques années, le gouvernement a reconnu enfin la nécessité de favoriser un peu plus le développement de l’agriculture et de la colonisation dans le Bas-Canada, qu’il ne l’avait fait par :e passé,et qu’il parait décidé aujour-
d'hui à entrer d’un pas plus ferme dans cette nouvelle voie de progrès dans laquelle se trouve tout l'avenir de notre patrie !
Tout en félicitant Le gouvernement sur ce qu’il a pu faire et promet surtout de faire à l'avenir en faveur de la belle cause de la colonisation, en la Province de Québec, nous sommes d'opinion qu’il lui faut encore s’en occuper beaucoup s'il veut sincèrement le progrès de l’agriculture et de la colonisation de notre pays ; car il n'en est, pour ainsi dire, qu'au début, et il lui reste encore des millions d’acres de terre à disposer ! Quelle mine à c: iloiter, pour un gouvernement qui veut accroitre le bien-être public et la richesse nationale ! …..
Espérons donc, encore une fois, que le gouvernement accordera à l'avenir une protection sans égale à l’industrie agricole, puisqu'il est du devoir d’un gouvernement sage, a dit un de nos bons écrivains, de tout faire pour protéger avant tout la classe agricole, nourricière du pays, mère du commerce et de l’industrie, toute puissante en quelque sorte, mais nullement à craindre tant qu’on lui laissera sa foi, ses mœurs, ses habitudes pacifiques et ses traditions honnêtes. (1)
(1) Conïidérations sur l'Agriculture Canadienne, au point de
vue religieux, national et du bien-êtie matériel, par ‘* Un ami de l'Education. ” (1861)
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ce qu’il l'avenir tion, en opinion oup s’il re et de ‘en est, encore Quelle ent qui ‘ichesse
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