CHAPITRE VI
L'Education A ricole, Shivie de Sages Conseils. le]
“ Le: livres sont est au corps,”
“EU faut lice pour S'instruire, Pour se corriser et pour se consoler.”
“11 faut, d brillant.”
À l'âme ce que la Nourriture
ans le Savoir, Préférer l’utile au
Nous nous OCEuperons Maintenant ici d’une Œüestion de la plus hante Importance, celle de l'éducation agricole, Ces] Par elle que les culti. Vateurs pourront aCuèrir les n sances qui leur deviennent de nos Jours plus que Jamais indispensables. surtout s'ils veulent lutter avec avantage Contre l'épuisement du sol, qui à
P Si on veut Jui
Duvelles Connais-
besoin d’être amélioré et beaucon redonner sa fertil
ité Primitive,
C'est pourquoi nous engageons fortement les cultivateurs à mottre en pratique tous les moyens propres à développer les ressources incalculables de l’agriculture, particulièrement ceux qui peupeuvent leur être suggérés par des hommes compétents qui ont déjà écrit sur cet art. Cartes, on ne peut pas se plaindre que ces derniers nous font défaut ; nous en co nptons plusieurs aujourd'hui qui oui doté notre pays, depuis quelques années, d'admirabies et d'utiles enseignements sur l'avenir et les immenses ressource: :e l’agriculture canadienne ; sans compter ces publications périodiques, consac:6es tout suécialement à l'industrie agricole : tels que Le Journal d'Agriculture, publié à Montréal sous les auspices du gouvernement, et la Gazelte des Campagnes, publié à Sainte-Anne Lapocatière, et dont M. F, Proulx est le rédacteur-propriétaire. Inutile de dire que ces feuilles devraient être entre les mains de tous les cultivateurs.
Mais, nous le dison: à regret, il existe malheureusement un défaut capital parmi nous :
c'est le manque de goût pour la lecture de choses propres à instruire et à nous renseigner sur tout ce qui doit nous intéresser. Ce sont donc les lecteurs qui font défaut par leur indifférence impardonnable à l'égard de l'instruction agricole, et non les ouvrages traitant sur cet art 1... Chose bien déplorable, héias 1...
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Qui empêche donc le cultivateur canadien à suivre l'exemple du cultivateur anglais, écossais et irlandais ? la plupart de ces derniers souscrivent aux meilleures publications qui traitent les questions agricoles. Faites donc comme eux, de grâce ! et vous verrez la même prospérité, qui favorise presque toujours vos confrères d’autres origines, s'introduire en vos demeures. Le cultivateurs canadien ne peut assurément se plaindre que la souscription au Journal d'Agriculture et à la Gazette des Campagnes, soit trop couteuse ; au contraire le prix en est tellement molique que même le plus pauvre, parmi les cultivateurs, peut “ecevoir ces deux publications. En retranchant une bagatelle dans le luxe des voitures et des attelages, vous trouverez plus qu’il n’en faut pour payer la souscription de ces journaux d’agriculture, et profiter de tous les sages conseils que vous ne manquerez point d’y trouver,
Il est donc b'aucoup à désirer que les cultivateurs se livrassent un peu plus à Li lecture des principaux ouvrages se rattachant à leur industrie, tant au point de vue religieux et national que sous celui du bien être matériel; car ‘on ne saurait trop le répéter, (1) le bien-être général du peuple, après la religion qui le rend sur la terre heureux par les vertus d’une bonne conscience,
(1) Journal de Québec, 3 nov. 1861.
consiste, en Canada, dans la culture raisonnée du sol. C’est pourquoi la brochure dont nous parlons a été intitulée : “ Considérations sur l’agri- ‘culture canadienne, au point de vue religieux, ‘ national et du bien-être matériel. ?
‘Ces trois idées résument le vrai bonheur temporel du peuple canadien, sion veut se donner la peine de les méditer tant soit peu. Au point de vue religieux, l'agriculture canadienne mise en honneur par tous ceux à qui il appartient, aide puissaminnt les familles à conserver les principes de la foi et les bonnes mœurs. Elle attache au solles membres de la famille dans un pays encor: heureux de posséder un peuple religieux et moral. Sous ce rapport inappréciable, il est mieux, quotqu'on en ait pu dire quelque part, que le penple canadien soit casanier plutôt qu’aventurier. .
Mais, comumne le peuple ne se fait jamais mal
à lui-mêm',ou néglige de se porter vers son -
bien, plutôt par absence de lumière que par partipris où par méchanceté, instruisons le peuple avant tout sur le mal qu'il a à éviter et sur le bien qu'il a à poursuivre. Pour cela, en matière d'agriculture, puisque c'est ici la question, prenons les moyens que le peuple ne puisse lever les yeux, en quelque sorte, sans qu'il voie des livres, des champs, des objets de toute nature qui
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PETIT-AIBERT. 149
jui parle des bienfaits et de l'honneur de ce premier des arts. Et si on le lui présente, cet art, à la hauteur véritable qu'il comporte, c’est-à-dire au point de vue religieux, national et du bien-étre matériel, on finira peut-être, plus tôt qu'on ne pense, à ouvrir les yeux aux moins clairvoyants et à faire entendre quelquesuns même d’entre les plus sourds. ”
Quels beaux sentiments exprimés dans tout ce qui précède ! Il n’y a qu’un véritable patriote et un ami sincère de son pays capable de parler ainsi. Aussi celui qui a dicté ces lignes est bien digne de toute la reconnaissanre du peuple canadien en général et de la classe agricole en particulier.
Lorsque nous écrivions ces lignes en 1861, nous étions loin de songer que, vingt-ans après, nous aurions le bonheur de trouver une mine aussi abondante que celle qui traite de l'étude agricole, etdans laquelle nous avons pu puiser, à pleine mains, les perles les plus précieuses. A tout seigneur tout honneur : nous commencerons donc par celles que nous trouvons dans le magnifique éloge de l’agriculture, par M. E. A. Barnard, qui a obtenu le premier prix lors du concours d’élo. quence sur l’agriculture, tenu, en 1878, devant l'Institut Canadien de Québec.
Le lecteur trouvera une note plus loin dans laquelle nous donnons un résumé sur le résultat
de cet important concours, dû à la libéralité d’un véritable ami Qu cultivateur canadien et de létude agricole, M. L. J. C. Fiset, dont l’exemple devrait être suivi par tous ceux que la fortune a favorisés.
Laissons parler d'abord M. Barnard :
“Quand nous aurons réussi, dit-il, à faire aimer l’agriculture, que nous en aurons popularisé l’enseignement élémentaire, les élèves à la rerecherche du haut enseignement agricole deviendront nombreux, et nous pourrons nous flatter alors, mais alors seulement, d'avoir fait un grand pas dans la régénération de notre agriculture,
“ J'en suis convaincu, la généralisation de l’enseignement agricole est la condition nécessaire de l'amélioration de l'état actuel de notre agriculture. Tant que nous n’auons pas fait aimer et rechercher cet enseignemert, nous travaillerons en vain ; et tous les octroïs imaginables seront donnés en pure perte! C'est donc par l’enseignement pratique de lPagriculture qu'il faut commencer. Get enseignement est l’objet principal du système que je viens d'exposer, de même que la nomination d’un surintendant en est la clef de voûte, si je puis ainsi parler,
‘ En voilà assez pour montrerc ombien est im-
portante la tâche que l'honorable M. Ouimet a été le premier à entreprendre, et combien il im:-
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porte de l'aider à mener à bonne fin les réformes qu'il s'efforce d'introduire. Je dirai ici qu’un des moyens qui me semblent de nature à populariser l’enseignement agricole, serait la distribution, sous forme de prix, dans nos écoles, colleges et couvents, du plus grand nombre possible de livres bien faits, sur l’agriculture. Un autre moyen, plus utile encore, peut-être, serait d'offrir dans chaque district scolaire, des primes en argent, et des distinctions aux instituteurs qui donneraient ie meilleur enseiznement agricole et dont les élèves passeraient les meilleurs examens sur cette matière. Des prix en argent devraient être offerts également aux instituteurs et institutrices qui cultüveraient, avec le plus de profit et au point de vue des besoins d’une famille rurale, les légumes, Les fruits de tous genres et mème les abeilles, qui sont à leur place dans un jardin.”
A la séance de ce même concours, Le Dr, Hubert LaRue, lune de nos meilleures plumes canadiennes, s'exprimait dans les termes suivants : (;)
‘ Au sortir de l’école, Le jeune cultivateur, n’a qu'à perfectionner ses études ; et pour cela, son père ne saurait faire trop de sacrifices pour
(1) Voir la brochure intitulée : ‘ Concours d'éloquence sur l'Agriculture. ”—Laistitut Canadien, Québec 1879. Nous devons cot important concours à la libéralité de M. L.J.C. Fiset, qui avait mis à la disposition de l’Institut, en 1878, la somme de $100. Il y eut deux concurrents : M. E. A. Barnard, directeur d'agricul-
mettre à sa disposition autant de livres et de journaux d'agriculture que possible.
‘ De plus, il devrait y avoir, dans chaque piroisse, une bibliothèque paroissiale. Le choix des livres devrait être soumis au jugement d'une commission spéciale nommée par le département de l'instruction publique.
Mais, dans ce choix, on ne saurait être trop
scrupuleux ; il n’est rien comme un mauvais livre, un mauvais roman surtout, pour gâter Île cœur et l'esprit d’une jeune personne.
‘ Les rayons d'honneur de ces bibliothè jus devraient ètre ornés de journaux d'agriculture et de petits ouvrages ayant trait à cet art.
& [l faudrait aussi que l'excellente idée de letablissement de cercles agricoles reçut son déve. loppement complet. Aux réunions de ces cercles, on lirvait des conférences sur lagriculture ; on v discuterait une foule de questions ayant trail à l'amélioration de nos terres, à celle des chemins, des voies de communication, etc. Avant tout, pas de politique dans ces cercles,
“ Enfin, parvenu à l'âge de 21 ou de 22 ans, le
ms ©
ture pour la Province de Québec, et M. l’abbé Provancher, rédacteur du N&iwraliste Canadien. Ls jury se composuit de l’hon. M. Joly, de M LeSazge, assistant-commissaire des Travaux Publics et de l’agriculture, et du Dr. H. LaRue. Le premier prix, de $75 fus
décerné à M. Barnard, et le second, de 825, à M. l'abbé Provancher.
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Le piix des d'une ement
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75 fut Provan-
jeune cultivateur, grâce aux sages économies de son père, de sa mère, et de toute la famille, deviendrait le propriétaire d'un bien quelconque : supposons que ce soit le bien du voisin : lequel voisin se serait ruiné par ignorance, Où par incurie, par luxe et par vanité.
A ce momentilentre dans la vie, et, avant de rien entreprendre, -car toute eXpérience noitvelle est harsardouse,—il doit se rendre un compte exact de ce qu'il a à faire, non seule nent pour La première année, mais pour dix années à venir.
C'est tout un plan de bataille qu'il lui faut concerter contre des ennemis nombreux, puissauts. Voici l’énumération de quelquesuns de ces ennemis : Fossoyage mal fait ; raies, rigoles imperceptibles naboutissant pis aux fossés ; planches mal condilionnées, les unes de trois pieds de largeur, les autres de quinze pieds. De la mousse, de la marguzrite, de la moutarde, nue foule de plantes aquatiques au lieu de milet de trèfle, de l’ivraie partout ; clotures en désordre, maison, grange délabrées.
‘“ Ah! c’est alors, qu'il faut chez le débutant du courage, et surtout du jugement et de la science. Mais s’il a puisé de saines notions d'agriculture à l’école ; si son jugement a müri par l’étude des livres de la bibliothèque paroissiale ;
151 LE VÉRITABLS
s’il a suivie avec attention les bons enseignements prônés par nos journaux d'agriculture, sa tâche est bien simplifiée; car, avec cette science, avec ces connaissances, C’est la tête qui dirige les bras, et non les bras la tète.
“La tête qui dirige les bras! voilà e> qui manque au cultivateur canadien. [travaille au jour le jour, machinalement, sans raisonnement, sans aucune Connaissance de son art : on appelle cela, en ce pays, un homme pratique. Et comme conséquence inévitable, le fruit de tant de pénibles labeurs est perdu.
Le printemps arrivé, quan! la n'ige a dispa-
ru, quand la terre est ressuyée, réchauffée, le cultivateur laboure, h:rs?,ensemence, en partant derrière la grange, et va ainsi, sains réflexion, jusqu'au haut du clos.
[1 sème des pois, des pommes d°terre, du fro. ment, de l'orge, de Pavoine, du milet du trèfle, là où il n'en devrait pis sem:r, Pis que cela, en maints endroits du district de Québec, et dans d'autres districts, quoi qu'on dise, il y a des pièces à pois, des pièces à blé, à orge, à avoine, que l’on ensemence avec les mènes graines depuis un temps imiméimorial.
‘ Que si quelqu'un se permet de faire certaines observations au sujet d’une routine aussi vicieuse,
ments
tâche 6, avec 2s bras,
cè qui ile au \ement, appelle comme e péni-
a dispautfée, le partant flexion,
du frotrèfle, ‘ela, en t dans a des voile, es de-
rtaines cieuse;
on vous répond : ‘Mon père a bien vécu de même | ”
« C'est triste.
Le cultivateur canadien, ajoute le mème écrivain, doit adopter pour système de culture celui de convertir le plus promptement possible, et aussi parfaitement que le temps et ses moyens le lui permettront, la plus grande étendue de sa terre en prairies et en bons pacages. Car, ce système permet de récolter beaucoup de foin ; or, avec beaucoup de foin on peut entretenir un grand nombre d'animaux en bon ordre. Ces animaux donnent beaucoup de produits qui rapportent de grands profits et une grande quantité de fumier. Le fumier est tellement la base de toute bonne agriculture qu'on a dit, et avec raison que le fumier est Le capital du cultivateur.
‘ Après trois ou quatre années de cette culture, conduite avec intelligence, le jeune agriculteur se trouve, comme on dit, au-dessus de ses affaires. Et après ?—Après ? Eh bien ! il doit se marier, ce qui est la chose la plus naturelle du monde. Il n'aura que l'embarras du choix, dans sa paroisse, ou dans les paroisses voisines,
“IL ya des célibataires, jeunes et vieux, qui s'imaginent que is mariage est une espèce de ré. volution dans lédifice social, une sorte de cata-
clysme dans le cours de la vie humaine. Erreur fatale ! Le mariage est chose toute simple. Une fois qu’on à été marié, on s'imagine qu’on l’a été toujours ! Bientôt, au bout de neuf mois de mariage, de dix au plus, surviennent les soucis bienfaisants de la famille : un rejeton, un héritier a vu le jour. D: quinze mois en quinze mois, souvent plus tôt, pareil phénomène se renouvelle dans chaque famille de nos bons cultivateurs cana liens.
‘C'est là le véritable progrès ! Dans les pays constitutionnels, la force, c’est le nombre ; et nous, CGanadiens-Français, nous avons besoin de recruter nos forces, et de multiplier notre nombre, De cette dernière tâche nous nous acquittons bien sans l’aide des gouvernements ; mais je me demande si ces gouvernements, le fédéral comme le local, ont toujours fait, font aujourd'hui ce qu'ils auraient dû et devraient faire pour retenir notre nombre chez nous ?”
Non ! malheureusement, mais il ne faut point désespérer, car les gouvernements, le fédéral comme le local, devrait céder devant l’énergique mouvement qui se fait par tout le pays en faveur du progrès qu'il faut apporter dans la culture : espérons qu'ils finiront avant peu par accorder une protection sans égale à l'industrie agr ) Alors le petit tableau des mœurs douces + pai-
irreur
Une on l’a ois de soucis \ hériquinze se res culti-
s pays bre ; et soin de ombre.
us bien me decomme ‘hui ce retenir
t point fédéral rgique faveur
PETIT-ALRERT. 157
sibl?s, de la vie si pleine de félicités du cuitivateur canadien modele, tel que tracé ci-dessous par Habert LaRae, s'accomplira sûrement,
Je me le représente, ditl, comme suit :
40 ans. June eacore; dans toute la vigueur de l'âge, dans toute la puissance de sa virilité,
Epoax d'une femin: de 35 ans,—belle comme toutes Les canadiennes; pleine de fo"ce et de santé ; toujours de bonn: humeur comme son mari, mère de douz: ou de: quinze enfants —pas moins de douz:!—1{1 faut conserver intactes les saines traditions de nos pères !
120 arpents d: terre sous les pieds ; pas d'hypothèques, Grange de 100 pieds de longueur, nouveau modèle, Trente bêtes à cornes, 25 moutons, six chevaux, 8 cochons berkshire, petite race, 250 voyages de foin, avoine, blé, pois, pommes de terre, laine, brurre, saindoux, œufs, poulets, diidons, étoile du pays, toile cinadienne: cela à profusion.
Pas de procès. Bonne dime pour le curé de la paroisse, mesure française, Un des meilleurs bancs dans l'église, Mirguiller—ancien ou nouveau, ou
les deux à La fois. —Pas juge de paix, mais conseiller de la municipalité scolaire où membre de la société d'agriculture. Pas chef de cabale électorale : électeur seulement, suivant sa conscience. Pour surcroît de bonheur, un des meilleurs lots
dans le cimetière : tel est l'aspect sous lequel se présente à mon esprit le cultivateur canadien moilèle,”
Comme complément au riant tableau que nous veuons de citer nous ajouterons les lignes suivantes que nous empruutons à l'étude sur l'éloge de l'agriculture, par l'abbé Provancher. Après avoir démontré combien le cultivateur canadien se faisait petit à côté des hommes savants ; combien 1l se moutre humble, dans ses goûts comme dans ses aspirations, en ne recherchant nulle part les premières places, l'abbé Provancher ajoute :
‘ Pour le dire en un mot, c'est la culture de l'intelligenc », c'est l'éducation quilui manque, qui retient Le cultivateur dans cette infériorité apparente. Aussi, montrez-moi un cultivateur instruit, et je Le proclame de suite le premier citoyen de sou pays ; car si sa culture intellectuelle peut le rendre l’égal des chefs dans les autres carrières, il peut réclamer des avantages de premier ordre qui n'appartiennent qu'à la sienne propre. N'est. ce pas lui, en effet, qui tient au sol qu’il habite par les plus profondes racines ? N'est-ce pas lui qui forme ce peuple qui, avant tout, constitue l'Etat ? Quelle autre condition dans la société peut afficher comme lui autant d'indépendance ? Au médecin il peut dire : pour les provisionsque mes bras savent tirer du sol, ne puis-je pas vous
uel se adien
e nous »s sul- ’éloge Après adien : comomme e part joute :
ire de 1e, qui appar instoyen peut rières, ordre N'estabite as lui stitue pcié té ance ?
sque vous
forcer à vous acquitter à mon égard d'offices, BBC ss rsnvross oser soovossessesvre PF N'O8LCE DAS À 0bs services que tient votre existence ? Na constitue.* til pas l'avocat, le notaire, ses véritables serviteurs pour se faire rendre justice, pour reconnaître ses droits, a:surer par des actes en bonne forme l'avenir de sa famille ? La mécanicien, l'industriel, ne reçoivent:ils pas ses ordres pour confectionner ses instruments, ses outils, ses habits, comme il le veut et de la maniere qu'il prescrit ? Et ne poutil pis, sans comprometire son avenir, se passer rigoureusement de leurs services, en substituant son adresse à leur habileté, en confectionnant Lui 4niïin: les outils qui lui sont nécessiires ??
De son côté, M L'Sige s'exprimait dans les termes suivants, à l'occasion du mime concours. Les cultivateurs remarqueront, sans doute avec plaisir, La franchise et la justesse des observations de M. LeSage, déclarant hautement que les questions agricoles doivent être posées hardiment en chambre, pires qu'elles lemportenten importance, et surtout en biais résultats, sur bien d’autres qui occupent le haut du pavé dans nos discussions parlementaires. Voici :
& Pour nous la question agricole doit primer toutes les autres …................{fl importe que nos députés locaux restent assujettis an devoir de s'occuper eux-mêmes de ce grand intérêt. À
chique session depuis 1867,les députés locaux qui ont fait partie du comité permanent de lagri. culture ont élaboré avec pro'it une masse de questions du plus haut intérêt, A plusieurs de ces questions il n'a manqué, pour faire beaucoup de bien et amener des résultats sérieux, que la discussion en pleine chambre. Qu'on ne s'y méprenne pas davantage, et que les questions agricoles soient posées hardiment en chambre, et l'on verra bien vite qu'elles l’emportent en im: portance, et surtout en bons résultats, sur bien d'autres qui occupent le haut du pavé dans nos discussions parlementaires...
‘ J'aurais bien, moi aussi, ajoute M. LeSage,
tout comme mon savant collègue, le Dr. LaRue, un petit programme à développer pour faire arriver bien vite à la prospérité le plus grand nombre possible de nos compatriotes. Le conseil que je donne aux cultivateurs se réduit à ceci: Faites du beurre, faites du bon beurre et faites-en beaucoup ; je réponds du reste, vous êtes dans la bonne voie. Avec cela si vous ne mourez pas riche et considéré c’est que vous mourrez jeune, Voilà pour moi le principe général, le principe qui opère seu! et sûrement, Maintenant, il y a les moyens violents, révolutionnaires, si vous voulez, tels que la culture de la betterave à sucre, et l'emploi des engrais chimiques, du superphosphate, par exemple; j'en suis encore de ceux-là,
locaux l'agrisse de ars de LCOU D que la sy mé- LS agribre, et en im:
u bien ns 105
Sage, LaRue, re arriombre que je ites du beauans la ez pas jeune, rincipe il y à vous sucre, rphoseu x-là,
et le jour où je Les verrai introduits sérieusement dans notre province je dirai que nous pouvons nous passer désorm .is d'organisation agricole, et dépenser l'argent qu’elle nous coûte, à faire ouvrir de bons chemins de colonisation ; car alors il n'y aurait plus assez de terre ponr tons ceux quien voudraient avoir, C'est à peine s’il resterait un homme de lettres pour remporter le prix qu'un noble imitateur de M. Fiset offrirait alors pour un essai ‘sur le meilleur moyen de faire progresser la colonisation. ”
“ Pour terminer, je dirai aussi moi, honorons l'agriculture,regardons toujours l'habitant comme la pierre angulaire de notre nationalité; que l'agriculture soit le premier article de notre catéchisimne national, La nature à été proligue de beautés pour notre province de Québec, nous l’'aimons telle qu'elle est, mais comme elle serait belle si, à tout le pittoresque de nos riantes campagnes, nous pouvions ajouter le charme de l'aisance et le rayon doré Île la prospérité !?
Le Conseiller du Peuple où réflexions adressées aux Canadieus-Français, par un Compatriote, tel est le titre d’un autre livre précieux que nous voudrions voir aussi entre Les mains de tous les Canadiens, surtout des cultivateurs, quoiqu'il traite de questions en dehors de l'éducation agricole.
L'auteur nous dit, dans son introduction : ‘‘ Ce
petit ouvrage n'est dirigé contre aucun parti politique en particulier, de même que son objet n’est d’en servir aucun. Je censure le mal partout où je le rencontre, sans égard pour les opinions politiques de qui que ce soit. Aussi ai-je reçu l’expression de la sympathie et de l’approbationu de citoyens distingués qui, tout en différant d'opinions sur le terrain de la politique, se rencontrent sur celui des bons princ‘pes. ”
Nous n'entreprendrons pas la tâche difficile de faire ressortir icitoute l'importance de cel ouvrage écrit pour le peuple. Nous nous contenterons seulement de mettre sous les yeux du lec. teur Les titres des différents chapitres qui divisent ce petit livre, pour en faire saisir tout l'intérêt : lo Le peuple et ses amis ; 20 le peuple et ses ennemis ; 3° le peuple et la politique ; 4 le peuple et les élections; 5° le peuple et le journal : 6° le peuple et la religion ; 7° le peuple et la colonisation ; 8° le peuple et son avenir.
Ajoutez à cela le caractère sacré dont est revêtu lPauteur,et son amour sans bornes pour tout ce qui se ratlache au hien-être religieux, matériel et national des classes laborieuses, surtout des campagnes, et l’on se convaincra de la nécessité qu'il y a de se procurer le Conseiller du Peuple, et de le lire attentivement.
Nous terminerons maintenant ce chapitre sur
rti pona objet al pares opisi ai-je l’appron difféique, se
ficile de cel ouontentedu lecdivisent intérêt :
et ses : 40 le Jurnal :
> et la
est res pour ligieux, es, Surde la iller du
re sur
l'étude agricole par quelques observations au sujet de l’'émigration et de l'immigration, dont l'importance mérite d'attirer toute l'attention de nos législateurs et du pays en entier.
Voici les justes observations que nous empruntons à l’un des amis de la belle cause agricole, M. Hubert LaRue :
“ L'émigration de notre population aux Etats- Unis est due à trois causes principales : 1° amour du changement parmi un certain nombre ; 2 misère et pauvreté dues au défaut d’établissements industriels et manufacturiers dans nos villes ; 3° misère et pauvreté occasionnées par un système de culture des plus vicieux dans nos campagnes.
‘ Le seul moyen d'empêcher l’émigration de nos campagnes est d'enseigner à nos cultivateurs comment ils peuvent trouver laisance, la richesse chez eux. Pour cela, que faut-il? Leur enseigner à cultiver. De cette manière, l'agriculture prend toutes les proportions d’une question religieuse, et qui mérite l'attention spéciale de notre clergé, celle de nos curés de la campagne particulièrement. ”
‘On parle beaucoup d'immigration par le temps qui court.
‘* On envoie des agents en Europe pour inviter les étrangers à venir partager notre honheur ; on
a des agents aux Etats-Unis chargés de prier les nôtres de revenir au milieu de nous.
“ Tout cela est fort bien.
« Mais il y a moyen, à mon avis, de simplifier la besogne de ces agents, tout en assurant le, succès de leur mission.
“ Développons notre agriculture, et, pour cela, instruisons nos cultivateurs, enseignons-leur des méthodes simples, faciles, peu dispendieuses qui les mettent en état de réaliser de 150 à 200 louis de bénéfice par année, avec la vente de leurs produits, au lieu de ue réaliser que trente ou quarante louis, comme cela à lieu aujourd'hui.
“ Alors. l'étranger, voyant les rives du Saint- Laurent bordées de riches villes habitées par des cultivateurs, se dira : “ [l fait bon de vivre ici : dressons-y nos tentes.”
Alors les nôtres, qui sont aux Etats-Unis, se diront : Il fait meilleur chez nous qu'aux Etats- Unis ; retournons chez nous.
‘“ De cette manière les agents d'immigration seront sûrs du succès et feront une riche et abondante moisson d'imimigrants.”
Voilà assurément de jolis trésors que nous pour. rions réaliser avec d’iminenses avantages : du moment surtout que nos législateurs sauront adopter et mettre en pratique tous ces bons conseils, Sin-
ier les
plifier ant le,
r cela, ur des es qui louis rs prou qua- .
Saintar des re 1Ci :
nis, se Etats-
ration abon-
pour.
u mOo- Lopter
Sin-
cérité, volonté et persévérance à toute épreuve : tel est le véritable secret pour acquérir ces précieux trésors, Il vaut, à coup sur, cent mille fois plus qu'une branch: de coudrier, qu'une poule noire, que la verveine ainsi que tous Les talismans réunis des fam :ux sorciers d'autrefois.