‹ Le véritable Petit-Albert ou Secret pour acquérir un trésor [microforme]: suivi d'un petit recueil de quelques-uns des merveilleux secrets de la nature, de la médecine, de l'industrie, des sciences et des artsChapitre 19 sur 57 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les Trésors cachés.

Comme il se trouve encore, en Canada, bon nombre de gens qui croient à l’existence de trésurs cachés, soit sous des montagnes, dans des souterrains, mâsures, ou dans tout autre lieu imaginaire ; et que ces ‘trésors sont gardés soit par un vieillard, une vieille femme, un serpent, un chien noir ou des esprits malins, et qu'on ne peut s'en saisir qu’à l’aide de certaines formules ou conjurations qui se trouvent dans les différents ouvrages de sortiléges, maléfices, eitc., que nous avons fait connaître dans le livre précédent, nous tâcherons de démontrer ici combien se trompent grossièrement les personnes qui entretiennent des idées aussi absurdes. D'abord, parce qu’on net rouve nulle

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Part aucune preuve, aucun cas quinous garantissent l'existence ou la découverte de trésors cachés dans de telles conditions, c'est-àdire gardés par des personnages mystérieux ou esprits malfaisants, qui tiennent tous de l’autre monde. C’est là assurément une fatale erreur populaire qui ne peut trotter que dans l’imagination de personnes par trop superstitieuses, Cependant, nous voulons bien admettre qu’en ce pays il peut se trouver des trésors ‘enfouis quelque part, ainsi que cela s’est vu en Europe, surtout dans les pays qui ont été tant de fois bouleversés par des guerres ou des révolutions, Car il est reconnu que dans ces moments critiques plusieurs personnes, possédant de. grandes richesses, en or ou en argent, les déposent au sein de la terre ou dans tout autre lieu sûr, avec l'espérance de les retrouver une fois la tempête des guerres ou des révolutions passée : et, comme il arrive assez souvent que ces personnes abandonnent leur patrie, et vont mourir en pays étrangers, alors il peut se faire que des fortunes, plus où moins grandes, restent cachées dans les entrailles de la terre.

Toutefois, si jamais on parvient à les découvrir,—Cce qui est arrivé déjà en Canada, qui a essuyé lui aussi, à différentes époques, des luttes sanglanies,—qu’on reste bien convaincu que ce ne sera Jamais à l’aide d’aucun livre magique ; que ce sera toujours, au contraire, par une circonstance inattendue, un coup du hasard, une Cause toute naturelle enfin, au moment même qu'on s’y attendra le moins, et cela sans avoir à combattre ou à Conjurer aucuns démon, serpent, chien noir, vieille ou vieillard, y compris fout ce qu’une folle imagination peut inventer de semblable, SF Mais, comme les découvertes de ces trésors

sont bien rares et bien incertaines, c’est toujours un grand malheur pour celui qui se livre à ces recherches, le plus souvent éphémères, parce que l'homme perd ainsi chaque jour un véritable trésor, qui se trouve dans le bon emploi du temps, la vigilance, le travail assidu, et surtout dans la pratique de l’économie,

Dans ce dernier cas on est toujours certain de la fortune, ou du moins d’un peu d’aisance accompagnée de bonheur. Dans le premier, on fouille sans cesse les entrailles de la terre, on la bouleverse en tous sens ; on y trouve beaucoup de pierres, d’argent point ; la misère la plus abjecte seule en est la fatale con,équence ; et finalement, dénué de tout, on va mourir à L’hôpital.

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