‹ Le véritable Petit-Albert ou Secret pour acquérir un trésor [microforme]: suivi d'un petit recueil de quelques-uns des merveilleux secrets de la nature, de la médecine, de l'industrie, des sciences et des artsChapitre 38 sur 57 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Le Clergé et la Colonisation.

Si, d’un côté, notre gouvernement a presque toujours été d’une trop grande indiflérence quant à l’importante question de l’agriculture, de l'autre, nous le disons avec bonheur, notre

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vénérable clergé s’est montré sans cesse à la hauteur de sa noble mission en se constituant à la fois l’apôtre de la civilisation et de la colonisation. Aussi à lui, pour une bunne part, sont dus tous les progrès et le développement de l’agriculture cantons. et il y aurait de nombreuses pages à écrire à la louange d’un grand nombre de nos missionnaires qui se sont voués et se vouent encore actuellement à la colonisation, uniquement dans l'intérêt de leurs ouailles et de notre pairie.

De nos jours comme dans le moyen âge, le clergé a fait beaucoup pour le progrès de lagriculture et de la colonisation. Chateaubriand, dans son Génie du Christianisme, consacre une belle page au clergé séculier et régulier du moyen âge, à propos de cette industrie. En voici quelques extraits que nous nous plaisons à r:produire :

‘ C’est au clergé séculier et régulier, dit cet

auteur, que nous devons encore }e renouvelle-

ment de lagriculture en Europe, comme nous

lui devons la fondation des colléges et des hôpi-

taux. Défrichements des terres, ouverture des chemins, agrandissement des hameaux et des villes, établissement des messageries, arts et métiers, manufactures, commerce intérieur et extérieur, lois civiles et politiques ; tout.enfin nous vient originairement de l'Eglise. Nos pères étaient des barbares à qui le christianisme était obligé d’enseigner jusqu’à l’art de se nourrir.”

Après avoir énuméré l’étendue des terres incultes, colonisées et cultivées à cette époque par des religieux, Chateaubriand ajoute :

‘“ De plus, exemple qui est souvent peu de chose en morale, parce que les passions en dé-

truisent les bons effets, exerce une grande puissance sur le côté matériel de la vie, Le spec= tacle de plusieurs milliers de religieux cultivant la terre, mina peu à peu ces préjugés barbares, qui attachaient le mépris à l’art qui nourrit les hommes. Le paysan apprit, dans les monastères, à retourner la glèbe et à fertiliser le sillon. Le baron commença à chercher dans son champ des trésors plus certains que ceux qu’il se pro- Curait par les armes. Les moines furent donc réellement les pères de l’agriculture, et comme laboureurs eux-mêmes, et comme les premiers maîtres de nos laboureurs.”?

Si en Europe le clergé fut le rénovateur de l’agriculture, et que les moines en furent les pères, en Canada le clergé fut le premier à coloniser et à cultiver, et les Récollets et les Jésuites furent chez nous les pères de l’agriculture : comme laboureurs eux-mêmes et comme les premiers maîtres de nos laboureurs.

Nous pouvons dire que l’œuvre de ces premiers missionnai:es a été continuée depuis, sans subir aucune inierruption, par le clergé canadien, de concert avec quelques laïques, zélés défenseurs de la colonisation des townships de l'Est, de la Vallée du Saguenay, etc.

Cependant, en dépit du dévouement et de Pinitiative constante du clergé et de quelques laïques, l'agriculture dans le Bas-Canada souffre généralement, et la colonisation est presque toujours paralysée dès son début. Où se trouve donc la source du mal qui en empêche le développement, puisque le clergé n’a cessé de la favoriser de toutes ses forces ? Le mal vient de notre législature, et c’est aux députés du peuple à y apporter un prompt et efficace remède, car la plaie menace de devenir incurable.

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Voyons donc ce que le gouvernement n'a pas fait et devrait faire pour favoriser efficacement la colonisation en Bas-Canada.

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