‹ Le véritable Petit-Albert ou Secret pour acquérir un trésor [microforme]: suivi d'un petit recueil de quelques-uns des merveilleux secrets de la nature, de la médecine, de l'industrie, des sciences et des artsChapitre 39 sur 57 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le Gouvernement doit accorder une protection sans égale à l'Industrie Agricole,

De tout temps on a vu des monarques et des empereurs s'attacher uniquement à conquérir de nouvelles possessions, à force C argent et de sang humain, sacrifiant des milliers de leurs meilleurs sujets pour la seule gloriole d’ajouter quelques centaines de lieues de plus à léurs domaines, sans les doter pour tout cela d’une plus grande somme de bonheur. Au contraire, car il en est des guerres comme des procès, de même que le meilleur des procès ne vaut pas le plus mauvais accommoadement, de même aussi la meilleure des guerres ne vaut pas la plus mauvaise entente entre deux puissances ennemies, Cependant, l’orgueil et l’ambition des conquérants sont presque toujours leurs seuls conseillers en pareilles circonstances, et la sagesse et le bien-être dont ils doivent entourer les peuples qu’ils gouvernent, viennent rarement leur servir de contrepoids.

Aussi les résultats de la plupart de ces guerres, soulevées pour des raisons insignifiantes, sont d’abord l’épuisement du trésor publie, puis la création de lourds impôts prélevés parmi le peuple, qui en paie la façen, sans compter les nombreuses victimes, le grand nombre d’orphelins, et la désolation qu’elles sèment dans tous les rangs de la société.

Or, si les grands de la terre peuvent tout se

permettre pour faire la guerre à leurs voisins, au prix de tous les sacrifices d’argent et de sang humain, que ne devrait pas faire un gouvernement pour développer avantageusement l’agriculture et faciliter la colonisation de la grande étendue de terrains fertiles, qui abonde autour de nous, et qui n’attend que la hache du colon pour produire d’abondantes moissons et augmenter du même coup les revenus de notre jeune pays ? surtout quand on reconnaît toute la vérité de la maxime suivante, que “ le labourage et le pâturage sont les deux mamelles d’un Etat !” ou, comme dit l’Ecriture-Sainte, “ le roi Juste cherche la prospérité de ses doinaines.”? Proverbes, 29. 4.

Ces grandes vérités furent très-bien comprises au XVIe siècle par Henri IV, roi de France. A cette époque, la France présentait le plus affiigeant spectacle et les champs offraient d’immenses friches. Ce qui fesait dire au bon roi Henri : ‘“ Les vexations auxquelles ont été en ‘“ butte les laboureurs, leur ont fait abandonner ‘ non-seulement leur labour et vacation ordi- ‘ naire, mais aussi leurs maisons ; se trouvant maintenant les fermes censes et quasi tous les ‘ villages inhabitez et déserts. ” De plus “ le commerce et l’industrie, selon un auteur, étaient dans une stagnation complète ; enfin, la misère s’étendait de la chaumière du pauvre au palais du riche, et les finances se trouvaient dans l’état le plus déplorable, :

‘“ Sully, (minisire de Henri IV), qui portait un vif intérêt à l’agriculture, — ajoute le même auteur,—pensa aveç raison qu’il sufhrait de Pencourager pour relever la France de ses longues humiliations, pour accroître le bien-être public et la richesse nationale. Il ne se trompa pas ! Au bout de quelques années, avec une

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