CHAPITRE VY
La Culture constante ; le Laboureur et ses enfants.
On comprendra facilement que les moyens que nous venons de suggérer ne sont tout au plus que la base solide sur laquelle doit reposer le grana principe de lindustrie agricole.
De même que tout édifice publie peut avoir des proportions plus où moins grandioses, et réunir à la fois plus ou moins de beautés et de richesses dans sa structure, selon le plus ou moins de talent et de goût que l’architecte aura apportés ; de même aussi l’industrie agricole exige beaucoup de savoir et de goût de la part du cultivateur qui veut en faire ressortir toutes les beautés et toutes les richesses.
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C’est là, nous le savons, une étude pratique et raisonnée toute spéciale à faire, et nous n’entreprendrons pas de l’exposer ici sous toutes ses faces si multiples; nous laissons à d’autres cette tâche pour nous trop difficile ; mais, dans tous les cas, nous suggérons aux cultivateurs comme un des moyens généraux, bien propre à obtenir d’heureux résultats, le conseil donné par un laboureur à ses enfants, queiques moments avant sa mort.
Ce n’est qu’une fable, il est vrai, mais c’est une fable pleine de vérité, comme savait en faire le bon Lafontaine, et contre laquelle l’expérience de tous les temps n’a pu donner encore un démenti.
Madame de Sévigné disait, parlant un jour des Fables de Lafontaine : “ C’est un panier de cerises (de France), on veut choisir les plus belles et le panier reste vide. ”
En voici une excellente à goûter :
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Le Laboureur et ses Enfants,
Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds aui manque le moins.
Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins, Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage Que nous ont laissé nos patents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit : mais un peu de courage Vous le fera trouver; vous en viendrez à bout, Reruez votre champ dès qu’on aura fait l’oût : (1) Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
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De çà, de là, partout ; si bien qu’au bout de l'an
(1) Les récoltes.
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Ïl en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trésor.
Cette fable, ou plutôt ce secret infaillible pour découvrir et acquérir un trésor, devrait être gravée dans la mémojre de tous les cultivateurs ; elle devrait aussi se trouver au sein de chaque famille de la campagne, même encadrée et suspendue dans un endroit bien apparent de la maison. Elle serait à la fois une belle leçon et un salutaire exemple à donner, surtout aux jeunes enfants; car personne n’ignore que c’est durant le jeune âge que les bons principes et les vives impressions se gravent assez profondément dans l’esprit pour ne jamais s'effacer l::..