‹ Le véritable Petit-Albert ou Secret pour acquérir un trésor [microforme]: suivi d'un petit recueil de quelques-uns des merveilleux secrets de la nature, de la médecine, de l'industrie, des sciences et des artsChapitre 41 sur 57 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les Cultivateurs et leurs Députés au Parlement,

Le cultivateur ou l’Aabjtant,—ainsi qu’on le désigne généralement dans le Bas-Canada, parfois par mépris à cause de son état rustique, ou encore pour le tourner en ridicule par rapport à son langage, ses manières humbles et modestes où son costume d’élofe du pays,—le cultivateur, disons-nous, peut bien se passer de tout le monde, mais personne ne peut se passer de lui.

Si, parfois, notre paysan excite le dédain ou l’hilarité d’un certain nombre de mal-appris ou d'orgueilleux qui peuplent les cités, c'est dû, sans doute, à l'ignorance de ces derniers touchant importance de Pagriculture.

Le cultivateur est de fait le seul homme véritablement indépendant, et Je seul qui puisse dire avec vérité : # Je peux me passer de tout le monde, mais personne ne peut se passer de moi?

Jamais les rois, les empereurs, et les conquérants les plus puissants du monde, ne pourront tenir un langage aussi imposant ; car tous ces grands de la terre ne le sont réellement que par la volonté ou le concours des peuples qu’ils gouvernent. Au contraire, le cultivateur actif ct laborieux ne doit sa grandeur et toute son indépendance qu’à la culture et à la fécondité du sol, lorsque la divine Providence veut faire fructimg

(1) Considérations sur l'Agriculture Canadienne, au point de vue religieux, national et du bien-ctre matériel, par ‘ Un Ami de l'Education.”

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lier les semences qu'il jette chaque année dans son sein, Le cultivateur est ainsi le véritable roi de la terre, et, à la fois, le plus heureux et le plus indépendant des rois du monde, quoiqu’il nait pour tout blason que l’épi, c’est-à-dire le pain, dont Dieu gratifia le genre humain dans le personne d'Adam, le premier noble et le premier roi du monde, de qui nous descendons tous, petits comme grands, pauvres comme riches, et à qui Dieu dit: “ Tu gagneras ton pain ‘* à la sueur de ton front ! ”

En obligeant notre premier père, et en lui toute la race hüimaine, à gagner son pain à la sueur de son front, Dieu confirma davantage la fondation de l’industrie agricole, comme étant la première et la plus importante source qui devait alimenter et assurer l'existence de l’humanité tout entière,

En disant que Dieu confirma davantage la fondation de l’industrie agricole, nous voulons

dire Fa la culture remonte encore plus haut

qu’à la chute d'Adam, et nous sommes appuyé de l’Ecriture-Sainte qui dit au ch. II de la Genèse : ‘“ Le Seigneur Dieu prit donc l’homme, et le mit dans le paradis de délices, afin qu'il le cullivät et qu’il le gardât.”

Ainsi donc le cultivateur peut dire avec un légitime orgueil que la profession qu’il exerce lui vient directement de Dieu, tandis que toutes les autres industries, ainsi que toutes les institutions civiles ne sont que de création humaine.

Que le paysan soit donc fier de son état ; qu'il s’y attache davantage ; qu’il ne se laisse jamais aller au découragement ni à l’indifférence pour la culture du sol ; car sa mission est des plus nobles et des plus sublimes ; qu’à lPavenir il prenne en pitié ces orgueilleux et ces malappris, qui cherchent à le mépriser et à le

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tourner en ridicule même lorsqu'il se montre humble et modeste, Quant à son costume, que le paysan s’enorgueillisse d’en porter un toujours d’une étoffle manufacturée dans le pays, plutôt que d'un fin tissu, importé de l'étranger, et quelquefois usé en grande partie avant même que la valeur n’en ait été payée.

Si nous avons essayé de faire ressortir ici toute l’importance du cultivateur par son industrie, c’est afin de démontrer que les destinées d’un Etat reposent invariablement sur cette classe laborieuse d'hommes des champs, que nos législateurs doivent entourer de toute leur protection. C’est surtout aux représentants de la clase agricole du Bas-Canada à prendre l'initiative auprès du gouvernement pour obtenir cette protection. Pour engager sérieusement les députés à défendre sa cause dans le Parlement, la classe agricole doit prendre sans plus tarder les mesures nécessaires à cette fin.

Or, pour atteindre ce but, il est un moyen dont nous garantissons linfaillibilité, du moment que les cultivateurs l” adopteront avec entente ; mais avant de le leur suggérer, nous leur rappellerons que le Parlement Provincial se compose en grande partie de membres représentant laælasse agricole. Les villes s duBas-Canada, par exemple, n’ont pour les réprésenter que buit dé éputés, pendant que les comtés en ont près de soixante. C’est donc au sein des campagnes que se recrute toute la force du gouvernement ! Cependant, presque toujours on a semblé méconnaître cette vérité.

Voici le moyen que nous offrons aux cultivateurs :

Chaque fois que vous aurez à faire le choix d’un candidat, ayez soin de vous assurer d’abord d’un homme possédant les qualités nécessaires

pour défendre votre cause avec avantage dans le Parlement ; et ne Ini accordez vos suffrages qu'après un engagement solennel de sa part, qu’il veillera sans cesse en Parlement à sauvegarder nos institutions, notre langue et nos lois, et qu’il travaillera énergiquement à obtenir du gouvernement une protection sans égale pour Pindustrie agricole, en favorisant surtout la colonisation par tout le Bas-Canada.

Maintenant, pour faire remplir plus sûrement

l'engagement qu’anra contracté votre candidat, qu'un comité permanent soit organisé dans chaque comté, composé des principaux électeurs de chaque paroisse, qui devront se réunir deux fois par année, &’est-à-dire avant et après chacune des sessions du Parlement Provincial. La première réunion aurait pour but de prendre en considération les besoins du comté et de faire une demance, sil y avait lieu, à la législas ture, pur l’entremise de votre député. La seconde réunion serait à l’effet de s’enquérir de la conduite du gouvernement durant la session écoulée par rapport à la demande de votre comté, et, de plus, de vous assurer si votre candidat s’est acquitté de son devoir convenablement à votre égard. Nous savons que plusieurs députés ont pour règle de visiter leur comtésavant chaque session pour avoir l’opinion de leurs commettants sur les grandes questions, et de parcourir de nouveau les paroisses après la session pour leur rendre compte de ce qui a été fait dans l’intérêt général.

Les bons fruits que produira ce moyen si judicieux seront incalculables ; et le succès en est d'autant plus certain, qu'il suffira à la classe agricole de le vouloir sériensoment pour qu’elle l’obtienne.

Quant à ceux qui douteraient encore de cette

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vérité nous les engageons fortement à la mettre en pratique et ils resteront convaincus de toute son efhcacité.

Mais il va sans dire que pour assurer la réalisation d’un progrès aussi désirable, il faudra que l’amour de la Religion et de la Patrie soit plus vivace que jamais au milieu de la classe agricole, et que toute sa politique repose sur cette base fondamentale ; et alors, seulement alors, eile aura la certitude É suivre une politique toujours en harmonie avec nos devoirs religieux et nos droits comme peuple.

Voilà le secret infaillible qui peut seul améliorer la condition sociale des cultivateurs, et amener à la fois le bonheur, Paisance et même l'abondance des richesses au sein de leurs familles, sans avoir besoin, pour tout cela, des livres de secrets merveilleux que nous avons désignés ailleurs tout en démontrant les faussetés grossières qu'ils renferment.

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