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‘“ Mais, comme le peuple ne se fait jamais mal à lui-même, ou néglige de se porter vers son bien, plutôt par absence de lumière que par parti-pris ou par méchanceté, instruisons le peuple avant tout sur le mal qu'il a à éviter et sur le bien qu’il a à poursuivre. Pour cela, en matière d’agriculture, puisque c’est ici la question, prenons les moyens que le peuple ne puisse lever les yeux, en quelque sorte, sans qu’il voie des livres, des champs, des objets de toute nature qui lui parle des bienfaits et de l’honneur de ce premier des arts. Et si on le lui présente, cet art, à la hauteur véritable qu’il comporte, c’està-dire au point du vue religieux nalional et du bien-élre matériel, on finira peut-être plus tôt qu'on ne pense, à ouvrir les yeux aux moins clairvoyants et à faire entendre quelques-uns même d'entre les plus sourds. ”
Quels beaux sentiments exprimés dans tout ce qui précède! Il n’y a qu’un véritable patriote et un ami sincère de son pays Capable de parler ainsi; nous disons donc avec bonheur et justice, que celui qui a dicté ces lignes est bien digne de toute la reconnaissance du peuple canadien en général et de la classe agricole en particulier.
Que les cultivateurs se hâtent donc de se procurer et de lire le petit livre qui a su inspirer à cet écrivain de si nobles sentiments, et, en cet ouvrage, ils pourront compter sur un véritable ami de leurs interêts les plus chers et les plus sacrés.
A l’appui de ce que nous venons de dire, qu’on lise plutôt l'extrait suivant que nous empruntons maintenant à la conclusion du livre de cet Ami de L’ Education :
Un plan agricole et de colonisation qui réunirait, comine moyens, Putilité des chernins de
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fer ; des associations de secours à la facon de M. Drapeau ; des écoles élémentaires et secondaires où l’enseignement agricole serait de rigueur; des écoles spéciales, tellesqu’à Sainte- Anne, des fermes-modèles et des expositions à la manière de M. Casgrain ; un enseignement simple, tel que celui de feu M. Perrault et autres que nous avons cités ; des journaux clairs et pratiques dans leurs renseignements ; une loi d'usure sage et chrétienne ; un concours puissant prêté par le gouvernement et. le clergé ; des chemins ouverts partout au sein des forêts ; des terres à bas prix et des secours de tout genre aux premiers colons ; un tel plan, n’en doutons point, ferait à jamais la force et l’honneur du pays. Et sous le rapport matériel et moral, chose inséparable dans tout pays chrétien, un tel plan, mis en œuvre sérieusement, conserverait n°s mœurs, la simplicité de nos goûts ct de nos usages, l’esprit de foi et d’honnêteté : détournerait les ravages du luxe et dé la vie molle: ranimerait les santés délâbrés et les corps ruinés par la vie des chantiers et de leurs vices; fermerait la plaie de l'émigration chez nos voisins, si funeste à la foi de nos pères ; donnerait au pauvre son pain de tous les jours et couperait toute issue au paupérisme et aux insurrections suscitées par la faim ou par l'oisiveté. ”
Tel est le résumé du petit livre intitulé :
‘ Considérations sur l’agriculture canadienne, au point de vue religieux, national et du bienêtre matériel, ? que nous suggérons aux agriculteurs de se procurer et de lire attentivement : la lecture seule produira au milieu d’eux d’abondants fruits.
‘ Le Conseiller du Peuple ou réflexions adressées aux Canadiens-Français, par un Compa-
triote,” tel est le titre d’un livre, —publié dernièrement à Montréal, et en vente chez tous les libraires,—que nous voudrions aussi voir entre les mains de tous les Canadiens, surtout des cultivateurs, quoiqu'il traite de questions en dehors de l’éducation agricole.
L'auteur nous dit, dans son introduction :
‘“ Ce petit ouvrage n’est dirigé contre aucun parti politique en particulier, de même que son objet n’est d’en servir aucun. Je censure le mal partout où je le rencontre, sans égard pour les opinions politiques de qui que ce soit. Aussi ai-je reçu l’expression de la sympathie et de l’approbation de citoyens distingués qui, tout en différant d’opinions sur le terrain de la politique, se rencontrent sur celui des bons principes.”?
Nous n’entreprendrons pas la tâche difficile de faire ressortir ici toute l’importance de cet ouvrage écrit pour le peuple. Nous nous contenterons seulement de mettre sous les yeux du lecteur les titres des différents chapitres qui divisent ce petit livre, pour en faire saisir tout intérêt : lo Le peuple et ses amis ; 20 le peuple et ses ennemis ; 30 le peuple et la politique ; 40 le peuple et les élections ; 5o le peuple et le journal ; 60 le peuple et la religion ; %a le peuple et la colonisation ; 8o le peuple et son avenir.
Ajoutez à cela le caractère sacré dont est revêtu l’auteur, et son amour sans bornes pour tout ce qui se rattache au bien-être religieux, matériel et national des classes laborieuses, surtout des campagnes, et l’on se convaincra de la nécessité qu’il y a de se procurer immédiatement le Conseiller du Peuple, et de le méditer avec toute l'attention possible.
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