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c'est que les Espagnols et Italo-Maltais votent. Lors des récentes campagnes électorales, une partie des affiches, placards, réclames étaient rédigés en langue espagnole. Une est célèbre : celle qui fut signée «senor Eduardo Drumont, deputado de Argel » pour recommander « a los Espanoles » « el dia del Ascension » la candidature de « nuestro amigo Firmino Faure. » Cette affiche, contresignée Carlos Marchal, disait en parase finale:
« Gonoscemos y queremos la España donde no hay Indios y que por esto motivo sequeda en frente de los siglos y delante de las ostras naciones siempre con la sangre pura, COn la valor invincible y la honor immaculada . »
El presidente Gobert (le maire d'Oran) signait aussi des affiches en langue espagnole « por el Comite de accion ».
Laberdesque enfin luttant contre les antisémites se croyait obligé de publier dans son journal la Revanche du Peuple un article en langue espagnole pour « Jurer aux Castillans » qu’il n'avait point servi contre la « sainte mère l'Espagne à Cuba ».
La naturalisation que M. Leroy-Beaulieu proclame sans danger parce qu’elle est « graduelle », « portant sur les individus venant chaque année à la majorité », fait bien des électeurs français... mais des électeurs dont on est réduit à mendier les voix par une réclame en langue espagnole !:
La masse inintelligente n’est pas élevée par l'élite comme le croit M, Bertholon. C’est l’élite qui descend vers la masse inintelligente.
Et ce qu'il y a de plus caractéristique avec leur orgueil, leur amour-propre qui veut que chez eux l’ordure sente bon, lorsqu'ils sont par la force de l'évidence obligés de reconnaitre le phénomène
ethnique de l'absorption de l'élément français par la masse étrangère, ils n'avouent pas que ce phénomène est regrettable. Bien plus ils s’en déclarent heureux. Ils croient que cela produira une race nouvelle, puissante, qui absorbera l’indigène.
M. Albert Hughes, lauréat de l’école de droit d'Alger, écrit en 1899 :
« Dans l'intérêt de la colonisation et en vue de lutter contre la rétrograde inertie des indigènes que l'influence française insuffisamment puissante avait peine à combattre, la France a dû faire appel aux bras de l'étranger. Il a fallu attirer des immigrants en nombre assez considérable pour contribuer à la mise en valeur des terres. Pour arriver à ces fins, force a été d'assurer aux étrangers immigrant dans la colonie ‘un certain nombre d'avantages que nos lois civiles françaises refusent aux étrangers établis sur le territoire continental.
« Mais d'autre part, et afin d'éviter que l influence française ne finit par succomber sous le poids de l'influence étrangère devenue prépondérante, il a été nécessaire de songer à englober dans la nationalité française la population étrangère qui vit en Algérie sous la protection de nos lois, à faire de ces étrangers des nationaux français et à créer ainsi une race. puissante, imbue des sentiments et de l'esprit français, résolue à lutter contre la nonchalance et la répugnance des indigènes, et destinée à en opérer, dans un avenir éloigné, la complète absorption. »
M. Hughes a raison de dire dans un avenir éloigné.. car les probabilités actuelles montrent cet avenir très éloigné.
Le 19 avril 1903 la Dépéche algérienne pubhait
ceci :
« On reproche à tort aux Algériens leur cosmopolitisme. C'est le plus intéressant qui soit à étudier pour un évolutionniste et le plus sympathique Il offre le cas assez rare d’être presque exclusivement mélangé de races sœurs ou mieux des familles d’une même race, auxquelles ne s’agrègent et avec lenteur que de petits groupes sémitiques.
CPR
«Ainsi, c'est une sorte d'étape vers le cosmopolitisme plus large des races diverses. Il diffère essentiellement de celui d’outre-Méditerranée, en ce qu’il n’est pas seulement un assemblage saisonnier d’hiverneurs riches ou Joueurs, mais un groupement de travailleurs définitivement installés, entretenant des préoccupations spéciales, même ayant apporté de leurs pays respectifs des idées spéciales dont l'écho ou la synthèse offre le plus passionnant spectacle d’un mélange bouillonnant où se prépare l'avenir. Ce sont des cosmopolites attachés au pays, des êtres divers réunis dans un même patriotisme économique et géographique violent et durable. »
Un homme qui écrit mieux que*les collaborateurs de la Dépêche, mais dont le caractère français est aussi dénaturé, sinon plus, M. Louis Bertrand, modeste écrivain, qui dans la réclame payante de ses ouvrages s’attribue du génie et marque la prétention jolie de régénérer les lettres françaises, publia cette année un roman curieux : Pepete le Bien-Aimé. M. Louis Bertrand est un laborieux qui a mal lu Flaubert, qui n’a pas compris Anatole France et dont les lauriers de Paul Adam troublent les veillées pénibles, À son démarquage les jeunes écrivains français préféreront toujours les origines. Mais cela n'a pas d'importance. Pour mon étude actuelle, ce que je veux sortir du roman de M. Louis Bertrand, c'est les types. Le héros et les êtres qui vivent, agissent dans son œuvre sont d'immondes voyous : des proxénètes et des souteneurs, des détraqués, des voleurs ; bref, une bande ignoble. M. Deschamps nota cela dans une critique du Temps : « Les basfonds d'Alger ne sont pas l’Algérie », disait-il. Mais s1..., à riposté M. Louis Bertrand dans un article de Gil Blas. Mais si... mes héros sont bien les types de la race nouvelle. Ils sont francs. Ils sont forts. Vous les méprisez, Tant pis pour vous! Nous autres Algériens nous les admirons. Votre décadence ne
comprend pas que notre race d’avenir est au-dessus de vos antiques préjugés... Tant pis!
Et M. Bertrand affirme que la force de la race
nouvelle provient de ce que cette race compte beau-
coup d'êtres magnifiques à l'instar de Pepete le Bien-Aimé. ‘
Cela est la plus épouvantable preuve de l’altération de la mentalité française en Algérie. Français d’origine, élevé en France, brillantélève de son lycée français, M. Bertrand n’a pas oublié notre langue ;
il l'écrit encore — non pas en écrivain de génie, certes! — mais la vie algérienne lui a fait oublier
notre esprit, Pepete le Bien-Aimé l’a trop profondément pénétré. Pepete le Bien-Aimé lui a inculqué sa force, je n’en doute pas. Or, à ce jeu M. Louis Bertrand a perdu le caractère français. S'il met sa gloire a passer pour un vrai « pataouette », je veux bien.
Mais ils sont trop dans son cas. Et c’est pour cela que nous disons que leur Algérie n’est plus française.
Ce n'est pas nous qui donnons à la race nouvelle sa mentalité, c'est l'élément étranger.
Bonvalot disait pourquoi, lorsqu'il écrivait dans l'Echo de Paris, mars 1903 :
« Inutile d'ajouter que dans de telles conditions une mentalité ne se transmet pas, quelles que soient les lois qu'on vote. Les Espagnols, les Maltais, les Italiens, les Napolitains ne deviendront pas Français en Algérie, à moins que les Français ne soient de beaucoup plus nombreux, ainsi qu'il arrive aux Américains par rapport aux autres émigrants et qui absorbent les étrangers. Tel n’est pas le cas. »
En effet. Vous pouvez envoyer des foules espagnoles en Amérique, aux Etats-Unis. La masse yankee Les absorbe.
Mais il n’y a pas de masse française en Algérie pour absorber les masses d'étrangers méditerranéens.
C’est en présence :
1° 171.500 Français de France, ÿY compris l’armée, c’est-à-dire en réalité 70.000 Français seulement, en qui l’esprit françaisdiminue suivant qu'augmente le temps de séjour et l’influence de l'ambiance. (Les magistrats sont les gens qui permettent le mieux de noter le phénomène. Telles coutumes algériennes les scandalisent en leur première année de séjour. Peu après ils n’en sont plus choqués et même en arrivent à les trouver naturelles.)
2° 170.96% Français nés en Algérie, en qui non seulement l'esprit français, mais le sang français est diminué, car les mariages mixtes leur ont mis plus d’un quart de sang étranger dans les veines. Et il ne faut pas oublier que dans ces métissages l'influence dominante appartient au sang des races dont les pays d’origine se rapprochent le plus des pays où a lieu le métissage. C’est le cas pour les Espagnols, les Italiens et les Maltais dans leurs croisements avec les Français en Algérie. Les atavismes de l'élément étranger l’emportent sur les atavismes de l'élément français dans les produits des mariages mixtes. La 4 différence qu'il y a entre les sang-mêlé d'Algérie et 4 des Français apparaît moins marquée, certes, que si l'élément étranger était un élément nègre ; maispour qui sait observer les races, elle apparait non moins nettement,
3° 71.793 naturalisés.
Cette catégorie de Français n'offre avec la masse étrangère qu'une seule différence, celle d'état civil.
4° 245.853 étrangers.
Et vous voyez quelle supériorité de nombre a l'étranger. |
C'est 217.646 étrangers et 170.964 Français étrangers par le quart du sang contre 70.000 Français
[de sang pur. Je ne puis en effet admettre pour
chiffre des Français nés en France que ce chiffre de 70.000, puisque dans le recensement de 1900, qui donnerait le chiffre de 171.500, l'armée n’est pas comprise dans la population à part chiffrée seulement à 16.331, alors que dans le précédent recensement de 1896 cette population à part, en y comprenant l'armée, se chiffrait par 69.843.
Ces divers groupes, dont on voit l'énorme différence de force numérique, sont des groupes en crise d’adaptation, d’acclimatement. Dans ces crises la nature demande aux groupes qui les subissent d’abord la puissance de l'estomac, ensuite celle de la génération : la force du cerveau pour les fonctions de l’intelligence est alors secondaire. La supériorité de l'esprit n’est capable de neutraliser la supériorité du sang que lorsque les groupes sont adaptés, séparément, parallèlement. Cette adaptation, personne ne pourra la dire réalisée ou non réalisée avant deux ou trois siècles. Pour le moment il n’y a que la crise d'où elle sortira ou ne sortira point. Et dans cette crise la suprématie est au nombre, surtout si à ce nombre se joint la supériorité du sang, — étant donné que le mot sang veut dire les forces animales. Cette suprématie, les chilires des statistiques la montrent, et tout ce que j’ai dit jusqu à présent l'explique.
M. Edouard Cat l’a constatée aussi :
« Les étrangers, Espagnols ou Italiens, sont ici tout près de leur pays d’origine ; ils ÿ retournent assez fréquemment ; ils y conservent des attaches et des relations. De plus, dans la colonie, ces étrangers ne sont pas, comme en France, isolés, disséminés et presque fondus dans la masse des Français, quarante fois plus nombreuse ; ici, au contraire, les étrangers
l’emportent en nombre sur nos compatriotes et, par suite, on esten droit de craindre que l’idée française, au lieu de pénétrer la masse étrangère, vienne à s'y dissoudre et à s@ pérdre.
«Ce qui est grave surtout, c'est que ces étrangers forment en Algérie des groupement compacts. L’Espagnol qui débarque à Oran, qui vient s'installer à la Cantère, pourrait croire n’avoir pas quitté son pays et se figure volontiers être encore sur les terres de la Reyna. L'italien qui arrive à Bône, à Philippeville, à Alger, rue de la Maäfine, S'imägine toujours être dans le royaume du re Umberto. Et non éeulement ces groupements sont fort compacts, mais ceux qui les constituent vivent toujours entre eux, parlent la langue maternelle, gardent les mœurs de là-bas, ne prennent ni nos häbitudes, ni nos idées. Et cependant, de par la loi de 1889, d’une façon qu'on a ingénieusement qualifiée d'ättomatique, ils deviennent Français en droit, mais généralement sans l'être par l'esprit ou par le cœur, » (L'Idée française en Algérie, brochure de 1898.)
L'élément français avec la mentalité française ne subsiste en Algérie que par l'apport incessant de Français de la métropole.
C’est même le motif honnête qui met le gouvernement général en accord avec les mobiles malhonnêtes pour lesquels les Algériens tiennent au déve loppement de la colonisation officielle. :
C'est parce que M. Jonnart voit diminuer l’élément français qu'il veut le renforcer en attirant de nouveaux Français par cette œuvre de la colonisation officielle, liquelle — en réalité — ruine les indigènes dépossédés, pour enrichir certaines catégories d’Algériens, sans fortifier l'influence française.
L'administration algérienne lutte contre son dessein en prenant la colonisation officielle pour moyen de résistance à l’envahissement étranger.
« Les Colons officiels, dit M; de Peyerimhoff, versent uñ peu de sang français dans le mélange qui se cristallise aujour-
d'hui et d’où sortira demain le peuple algérien. » (Délég. fin: 2e volume. {re partie, page 98.)
Le sang français ainsi versé dans le mélange en cristallisation pour employer les belles expressions } de l’humaniste du gouvernement général ne suffit pas à compenser... " Mais nous verrons cela plus tard. Pour le moment et comme fin de ce chapitre sur les étrangers en Algérie je vous prie de lire et de méditer ceci :
« Comment d’ailleurs arrêterions-nous dans nos colonies l'invasion de la marchandise étrangère et de l'élément étranger, quand nous ne pouvons point les enrayer chez nous ; quand, de plus en plus, l'indigène en France devient fonctionnaire ou domestique, suivant qu’il habité la ville où la campagne, laissant les emplois lucratifs mais qui exigent initiative et vaillance aux étrangers ; lorsque tous nos grands ports, toutes nos grandes villes frontières sont habitées de plus en plus par des étrangers? Comment ferions-nous d'Oran ét de Tunis des villes françaises, quand Nice, Toulon et Marseille, quand Roubaix et Tourcoing cessent de plus en plus de l'être? Chez nous, comme disait Skobelef en parlant des Allemands des Provinces baltiques, nous ne sommes plus chez nous. Il y à à Marseille environ cent mille Italiens nés en Italie, et au moins cent mille autres Italiens hés en France, mais fils ou arrière petits-fils d’Italiens à qui la loi de 1889 a bien pu conférer la nationalité française, mais non le cœur français. Supposez qu'une guerre heureuse donne Marseille à l'Italie, du jour au lendemain, par la simple substitution d'une garnison, de fonctionnaires et de fournisseurs italiens aux soldats, aux fonctionnaires et aux fournisseurs français, du jour au lendemain il ÿ aura à l’hôtel de ville de Marseille une municipalité de langue italienne. | Voilà qui éclaire sous son vrai jour le soi-disant antisémitisme algérien aussi bien que les grèves marseillaises où des agitateurs, payés où non, mais haineux de la France, couvrent d'oripeaux éclatants et dissimulent sous les noms pom- | peux d’antisémitisme et de socialisme leur vilaine besogne + 0] antifrançaise, » |
J'ai pris cette page dans une brochure du Comité
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