‹ Le verité sur l'AlgérieChapitre 105 sur 148 · CP EE · texte numérisé non relu

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M. Casteran cite de lui cette phrase prononcée à Paris, au punch de la Ligue antisémite, 24 décembre :

« Devant l'hostilité gouvernementale nous sommes dans l’alternative ou de nous déclarer Français et alors de rester des esclaves soumis, ou de nous déclarer antijuifs et alors d'empêcher la tourbe juive de continuer ses ravages en Algérie. Je voulais me mettre à la tête de ce mouvement d'indépendance de l'Algérie. »

À la même époque on lisait dans le Précurseur, journal hebdomadaire rédigé par M: Dubuc, conseiller municipal nationaliste de Paris :

« Nos confrères algériens s’étonnent de la façon saugrenue dont sont menées les affaires algériennes. Pour nous, il y a de la part de nos gouvernants plus que de l'incapacité, il y a trahison voulue, préméditée.

« À force de provocations et de mesures idiotes, les juifs, qui ne pardonneront jamais aux Algériens, veulent amener une crise séparatiste qui lancerait tout notre domaine de l'Afrique du Nord dans des aventures terribles. »

"M. Drumont publiait aussi sa fameuse lettre au Président :

« Monsieur le Président, voussuivez, comme tous les Français, avec une douloureuse anxiété ce qui se passe à Cuba. Eh bien! permettez-moi d'attirer votre attention sur ce point, les choses n'ont pas commencé par des insurrections, des fusillades. Cela a commencé par de braves gens comme nous qui sont venus s'adresser à ceux qui représentent l'autorité comme vous la représentez, et qui ont dit : « Prenez garde ! il y a de grands abus à « Cuba ; il est encore temps de les guérir, mais il n’est que « temps. » On a répondu à ces braves gens en augmentant la police et en envoyant des soldats. Vous voyez le résultat. »

En Algérie, c'était :

« Dans quelques années d'ici il n’y aura plus én Algérie ni Italiens, ni Espagnols, ni Maltais. Il y aura des Algériens. Et ce ne sera pas trop tôt. » (Télégramme, 7 avril 1898.)

M. Morinaud écrivait :

«… Nous députés antijuifs, nous protesterons contre une telle politique, car si elle était consacrée, personne ne pourrait répondre de l’avenir de notre œuvre française en Algérie. On aurait un parti séparatiste. » (Le Républicain, 5 septembre 1898.)

Cela indignait les bons Français d'Algérie comme M. Mesplé, qui protestait dans la Nouvelle Revue, 15 septembre 1898... mais constatait le mal...

A la session de 1898 du conseil général d'Oran, M. Havard était obligé de « relever » les dires et les vœux de M. Vinci et du docteur Mauran.

M. Mauran estun Algérien nouvelle race qui, prévoyant le moment où l’Algérie cessera d’être française, écrivait :

« Je crois qu'il n’y a pas lieu de s’alarmer fant que cela. Oran - À ne sera pas plus à l'Espagne que Tunis à l'Italie... l’Algérie- | Tunisie. sera elle-même, elle sera à la race algérienne,

« Pour le moment la France a à former par la fusion des trois | éléments latins, la race algérienne, la race nord-africaine, qui ; sera la quatrième des grandes races latines. Quand cette race sera formée, la France devra lui fournir les moyens d'occuper toute son aire, c’est-à-dire toute l'Afrique du Nord où son aïeule la Rome antique a dominé. Et si sa fille est robuste et de belle venue, notre vieille France n'aura pas trop à se plaindre.

« Quand son heure sonnera, elle ne mourra pas-tout entière. » (Réveil algérien, 11 novembre 1898.)

Dans ses vœux, M. Mauran avait pour associé M. Vinci, le Vinci dont il fut tant parlé cette année, qui nie ses conversations antifrançaises, mais ne pourra nier ses VŒUX antifrançais du. conseil général d'Oran.

Une hostilité violente et non déguisée animait alors l'Algérie contre la métropole.

La France a le tort de ne pas comprendre que | «A bas les juifs ! » c'est un programme suffisant de

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politique algérienne. M. Lys du Pac l’accuse de « superbe ignorance » et de « passion politique » (Dépêche algérienne, 5 février 1898). La France est isnorante parce qu’elle ne se résout point « à étudier les questions algériennes en compulsant les journaux algériens ». (Dépêche algérienne, 3 février 1898.)

Je les ai « compulsés » tous ces journaux, hélas ! et j'y ai lu :

« O naïfs que nous sommes si nous nous imaginons que les représentants des arrondissements de la métropole s'inquiètent de notre politique !

« Notre politique ?

« Ah! ils s’en soucient bien en vérité! La plupart, les quatrevingt-dix-neuf centièmes l’ignorent absolument. Ce qu’ils savent en réalité, — et leurs journaux nous le disent — c’est que nous concurrençons les produits agricoles de leurs électeurs. Nos vins, n0s céréales, nos huiles, nos troupeaux, les voilà les seuls étrangers qu'il faille combattre pour leur interdire l'accès des marchés du continent! » {Lys du Pac, Dépéche algérienne, 15 maïs 1899.)

Cela plaisait beaucoup aux Algériens, surtout quand on avait déjà écrit en leur nom :

« Sera-t-il dit que la République à sa vingt-huitiômé année se montre moins déférente aux revendications des Français d'Algérie que la République de M. Thiers ou l'Empire, dé funesté mémoire ?

« La question vaut la péine d'être posée. » (Lys du Pac, Dépêche algérienne, 28 janvier 1899.)

C’est manquer de déférence aux revendications de ces gens que de ne point leur livrer l'indigène, pieds et poings liés !

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