V. — PHARMACOLOGIE DES VÉRONALIDES ET COEFFICIENT DE MEYER-OVERTON
Les véronalides présentent tous les caractères physiques des bons hypnotiques. Ils dialysent rapidement à travers les membranes de collodion riciné à 3 %. Ils sont peu solubles dans l’eau, très solubles dans les lipoïdes (ANDOUARD et PASTUREAU, 1).
Meyer et Overton ont étudié ces propriétés et ont montré que la puissance de l’action narcotique des
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véronalides dépend d’une part de leur affinité mécanique avec les lipoïdes et, d’autre part, de leur affinité avec les autres constituants des cellules, en particulier avec l’eau. Le pouvoir hypnotique des barbituriques suit donc « leur coefficient de partage », qui détermine leur répartition dans un mélange d’eau et de matières grasses.
In vitro, on étudie le coefficient de partage entre l'huile et l’eau : c’est le rapport de la quantité de substance dissoute par l’huile, après agitation de celleci avec un égal volume d’une solution aqueuse de la substance et de la quantité restant dans l’eau après cette agitation.
Pour déterminer ce coefficient, on opère de la façon suivante :
Un volume déterminé de solution aqueuse de titre connu du véronalide considéré est mis en contact avec un volume égal d’huile d’olive; le mélange est agité fréquemment pendant quelques heures. On laisse reposer; la partie aqueuse est décantée et filtrée, puis une quantité aliquote en est évaporée. Le titre en hypnotique ainsi obtenu, retranché de la quantité dissoute dans l’eau au début de l’expérience, indique celle retenue en dissolution dans l’huile, et le rapport des deux chiffres fixé de cette façon constitue le coefficient de Meyer-Overton, toutes ces opérations étant faites à une température déterminée, en général à 15°.
Les courbes du coefficient de Meyer-Overtin suivent assez bien celles du pouvoir hypnotique; elles croissent, en effet, toutes deux jusqu'aux termes en C! et C1, puis elles décroissent ensuite régulièrement.
La molécule de la malonylurée peut être désignée sous le nom d’hypnogène, et la variation des propriétés hypnotiques de ses différents dérivés peut s’expliquer, par le fait que les divers radicaux substitués ou hypnophores interviennent pour modifier les solubilités de ces corps dans les liquides de l’organisme, contribuer à leur pénétration plus ou moins intense dans les cellules vivantes et influencer la valeur des coefficients de Meyer-Overton.
Comme l’a fait observer M. Tiffeneau, ces coefficients ne sauraient être considérés en valeur absolue, mais seulement en valeur relative par rapport aux divers termes d’une même série.