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Le véronal présente sur les autres hypnotiques, notamment sur le chloral et le sulfonal, l’avantage de ne pas avoir d'influence fâcheuse sur les grandes fonctions (circulation, respiration, digestion) et d’agir peu sur le foie et les centres bulbaires. Il n’occasionne pas de lassitude au réveil et surtout ne crée pas d’accoutumance; sa suppression brusque est facile et n’occasionne aucun trouble. Enfin, par sa rapidité d’action il est encore supérieur au sulfonal, qui n’agit que deux ou trois heures après l’ingestion.

Les doses maxima inscrites au Codex sont 0 gr. 50 pour une fois et un gramme pour 24 heures. Mais il est toujours recommandé de débuter par une dose de 0 gr. 25 qui, le plus souvent, est très suffisante.

Pour les enfants, le véronal s'emploie à la dose de 0 gr. 015 par année d’âge, comme hypnotique ou comme anti-spasmodique.

On peut l’associer à l’antipyrine contre la coqueluche et les convulsions (48).

L’indication principale du véronal est l’insomnie nerveuse ou agrypnie, et il semble bien qu’il réponde au desideratum des vrais hypnotiques de procurer un sommeil de six à sept heures rappelant le sommeil physiologique. Au réveil, on n’éprouve aucun malaise, aucune lourdeur de tête : on se sent frais et dispos, bien reposé par une bonne nuit d’un sommeil tranquille et sans rêve.

Il est très rapidement résorbé dans l'intestin, car il est très soluble dans les alcalis et après ingestion de véronal avec un liquide chaud, le patient s’endort rapidement, le plus souvent en moins d’une demi-heure.

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Dans le cas de douleurs intolérables, pour obtenir une action régulière sans dépasser les doses thérapeutiques, il devient nécessaire d’adjoindre au véronal des analgésiques comme la phénacétine (33), le pyramidon (34), ou l’acide acétyl-salicylique (35) : on obtient des mélanges dans lesquels la toxicité du véronal est diminuée et l’activité accrue (60). La dionine, dont on connaît les qualités analgésiques, peut être également associée à ces mélanges afin d’obtenir une synergie médicamenteuse plus parfaite et, par un dosage convenable, on peut même arriver à « endormir la douleur sans endormir le patient », ce qui est susceptible d’applications nombreuses et intéressantes.

La seule contre-indication du véronal est l’insuffisance rénale; dans ce cas, il conviendra, pour éviter l’accumulation, d'employer de faibles doses et de surveiller l’albumine dans les urines.

En terminant cette courte étude, nous pouvons relater notre expérience personnelle sur le véronal, à la suite de celle que Pécheux a faite avec le luminal (46).

Expérience de Pécheux.

« Une fois, ne sentant aucune tendance au sommeil, nous avions pris 0,20 de luminal à 11 heures du soir.

&« Dans le courant de la nuit, à 2 heures et demie du matin, nous fûmes réveillé par un veilleur de nuit pour un dément sénile qui avait voulu s’arracher les yeux.

« Pendant quelques minutes, nous eûmes du mal à secouer notre torpeur et à comprendre la cause du réveil. Nous fîimes au malade ce que la situation comportait sans ressentir d’autres troubles qu’une légère

mollesse dans les jambes et une tendance invincible à bäiller vers 3 heures. Recouché à 3 h. 20, nous n’entendîmes pas sonner 3 heures et demie.

« Le lendemain au réveil, qui fut tardif d’une demiheure, nous ne ressentîmes aucun malaise. »

Nous remarquons notamment, dans cette expérience de Pécheux sur le luminal, la difficulté à secouer sa torpeur et à comprendre la cause du réveil, la mollesse dans les jambes et la tendance invincible à bâiller, ce qui ne fut pas le cas dans notre expérience que nous allons décrire :

Au cours d’un des très nombreux remplacements que j'ai faits, m’étant réveillé maintes et maintes fois entre 22 et 24 heures, pour mettre fin à ce désagrément je me décidai, à l'heure de minuit, à prendre un cachet de 0 gr. 25 de véronal avec une infusion chaude de feuilles de menthe : dix à quinze minutes plus tard, je dormais d’un sommeil tranquille qui fut interrompu à 1 heure un quart du matin par la sonnerie du service de nuit, ce qui me donna fort opportunément l’occasion de faire une expérience bien involontaire.

Je pus constater que mon réveil demanda quelques minutes; mais cela n’était pas uniquement imputable au véronal, mais aussi au premier sommeil, qui est profond, et surtout à la sonnerie, qui était particulièrement faible.

Dès mon réveil, j'en compris très bien la cause et j'exécutai très facilement l’ordonnance présentée sans ressentir le moindre trouble et en me souvenant parfaitement bien pourquoi le même client était déjà venu à la pharmacie précédemment.

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