INTOXICATION SYMPTOMES DE L’EMPOISONNEMENT TRAITEMENT
intoxication.
La dose toxique est variable suivant le barbiturique considéré. Pour le véronal, il est prudent de ne pas dépasser 1 gr. ou 1 gr. 50 (54). Des doses de 2 à 8 gr. produisent une intoxication assez sérieuse, analogue à l'ivresse alcoolique aiguë; le sommeil est très profond et se prolonge parfois au delà de 24 heures. A doses supérieures à 8 grammes, les symptômes se compliquent de coma au cours duquel le sujet succombe généralement. Ces symptômes rappellent ceux que l’on observe aussi lors de l’intoxication aiguë par la morphine.
La gravité d’une intoxication barbiturique dépend essentiellement de l’état du foie et des reins. Tardiea et Camps (64) citent un cas ayant évolué vers la guérison complète, malgré une dose de 24 grammes de véronal prise en une fois. Renouf cite également un cas de guérison après une ingestion de 11 grammes.
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A la suite de nombreuses expériences, Coutière (6) a établi la classification suivante par ordre de toxicité croissante : véronal, rutonal, ipral, dial, gardenal, sonéryl, phanodorme.
Symptômes.
Dans l’intoxication aiguë par les véronalides, les premiers symptômes apparaissent environ quinze à trente minutes après l’absorption du toxique. On observe alors des prodromes de courte durée : vertiges avec titubation, excitation et ivresse. Les vomissements sont rares.
Avec certains composés, notamment avec le dial, il y a souvent une courte période d’agitation, avec loquacité et gesticulation (49). Puis, le malade tombe rapidement dans un sommeil plus ou moins profond. Souvent ces symptômes manquent et l’intoxiqué entre tout de suite dans le coma. Quand on peut le tirer de sa torpeur, il prononce quelques paroles incohérentes; mais, la plupart du temps, le coma est si profond qu'aucune excitation même violente ne peut réveiller le malade ni même provoquer de réaction. La résolution musculaire est alors complète, l’hypotonie très accentuée, et les membres soulevés retombent lourdement sur le plan du lit.
La respiration est calme et régulière, mais devient stertoreuse et accélérée avec des troubles du rythme et des périodes d’apnée dans les cas désespérés.
La sensibilité est abolie ou très réduite. Le pouls est généralement faible et les extrémités froides. Les réflexes sont affaiblis ou n’existent plus.
La pression au niveau du foie provoque une douleur que le malade en plein coma traduit par « un grimacement de souffrance » (43).
On observe quelquefois de l’incontinence, le plus souvent de la rétention urinaire. Pendant toute la durée du coma, la recherche du toxique dans l’urine est positive.
Son identification dans le sang est également possible, surtout dans les premières heures.
Dans les cas graves, la température monte rapide-: ment vers 40° et son élévation traduit généralement l'existence de complications broncho-pulmonaires ou cardio-rénales. La mort survient au bout de quelques heures ou quelques jours, causée le plus souvent par défaillance de l’appareil respiratoire (asphyxie) ou circulatoire.
Dans l’intoxication chronique, chez le malade qui prend régulièrement de fortes doses de véronalides, on constate une somnolence diurne assez prononcée, de l'embarras de la parole, une démarche titubante et un mauvais état général, notamment de l’anorexie, de la constipation et des arthralgies tenaces. On riote également de l’oligurie, mais aussi parfois de la polyurie avec albuminurie, présence de sels et de pigments biliaires dans l’urine traduisant la défaillance du rein et du foie. La recherche du toxique dans l’urine est tou-
jours positive.
Traitement.
Dans les intoxications chroniques, il suffit le plus souvent de supprimer le médicament.
Dans les intoxications aiguës, il faut chercher à évacuer le toxique et en combattre les effets par une médication symptomatique.
Si l’ingestion est récente, faire vomir (ipéca ou apomorphine) ou pratiquer un lavage d’estomac, si c’est possible, et donner un lavement purgatif très fort (43).
Si l’absorption est complète, sonder la vessie, et pratiquer d'urgence une abondante saignée de 500 à 600 cc. justifiée par la fixation des barbituriques sur le sang (63). On évacue ainsi une certaine quantité de toxique et on peut rechercher rapidement le produit ingéré.
Les stimulants doivent être prescrits; faire des injections répétées d’huile camphrée, de caféine, de strychnine — cinq milligrammes à deux ou trois centigrammes pro die — (43 et 63). L’adrénaline, en injections hypodermiques, est également indiquée comme toni-cardiaque énergique dans les états asphyxiques.
Pour favoriser l'élimination rénale et pratiquer un « lavage » du sang très efficace, les injections de sérum glucosé sont très actives (54). Le sérum urotropiné est aussi à recommander (49).
Réchauffer activement le malade aux extrémités par des frictions, des sinapismes, des couvertures et des boules d’eau chaude et, si possible, lui faire respirer de l’oxygène.
Soulever un peu le thorax pour éviter la congestion hypostatique des bases du poumon; et s’il survient de la défaillance cardiaque ou de la congestion pulmonaire, employer l’huile camphrée à haute dose et appliquer des ventouses (54).
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La guérison est la fin habituelle de l’intoxication aiguë lorsque les reins fonctionnent normalement et qu’un traitement énergique est appliqué dès le début du coma.