‹ Le Véronal - Les Véronalides: Leur thérapeutiqueChapitre 40 sur 45 · DECO · texte numérisé non relu

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La belladone, de temps immémorial, a été vantée et employée contre l’épilepsie. Trousseau et Bretonneau l’expérimentèrent avec succès. Elle produit une sédation remarquable sur les centres nerveux :

« Les actions réflexes diminuent peu à peu sous son influence; le bulbe, la moelle, ne répondent plus que par une faible décharge à peine perceptible à l’excitation qu'ils reçoivent : c’est comme une machine électrique qui serait placée dans un milieu plein d’humidité. » (Derache, 10.) De plus, la belladone est bien connue pour son action curative sur la constipation par atonie; elle agira donc en même temps comme correctif du gardenal.

Par ailleurs, les sels de brome et de bore ont use efficacité qui ne peut être mise en doute (2) ; et comme l’action combinée des médicaments associés se multiplie au lieu de s’additionner, elle permet ainsi, avec des doses beaucoup plus petites, d'obtenir de meilleurs effets qu’avec une dose équivalente d’une substance unique.

En associant ainsi les médicaments, on emploie de très petites doses de gardenal et on peut combattre avec succès tous les accidents épileptiques sans risque de provoquer les effets fâcheux de l’intoxication gardénalique.

Rutonal.

Certains malades ne pouvant pas tolérer le gardenal, même à la dose de quelques centigrammes, on a préparé un nouveau corps moins toxique, dans lequel je radical éthyl est remplacé par le radical méthyl.

Ce nouveau produit est deux fois moins actif que le gardenal, dont il a les mêmes indications et les mêmes correctifs; il s’emploie à la dose de vingt à quatre-vingts centigrammes par jour. Sa toxicité reste élevée (6), et son action doit être surveillée.

Prominal.

Le prominal diffère du luminal par la substitution d’un atome d'hydrogène d’un radical NH par un radical méthyl.

Il présente de sérieux avantages sur le gardenal et le luminal; son action hypnotique est bien inférieure à celle de ces deux produits; sa dose mortelle est d’un tiers plus élevée, et il est presque totalement insipide. Son action anti-épileptique est aussi intense que celle du luminal, mais d’une durée supérieure.

On le prescrit à la dose de 0,10 à 0,60 par jour; la dose quotidienne moyenne oscille entre 0,20 et 0,40 et, pour obtenir le même effet thérapeutique qu’avec le luminal, on donne une dose de 0 gr. 10 plus élevée que celle du luminal (50).

Le prominal semble donc le véronalide le plus recommandable qui soit comme anti-épileptique : employé seul ou associé à d’autres médicaments convenables, il promet des applications nombreuses et intéressantes.

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