‹ Le verre d'eauChapitre 21 sur 73 · SCÈNE II la duchesse, la reine, abigaïl · texte numérisé non relu

SCÈNE II la duchesse, la reine, abigaïl

La Duchesse, entrant par la porte du fond. Voici, madame, des dépêches du maréchal ... et puis, malgré l'effet qu'a produit le discours de Bolingbroke . . . {Elle s'arrête en apercevant Abigaïl.)

La Reine. Eh bien! . . . achevez. 20

La Duchesse, montrant Abigaïl. J'attends que mademoiselle soit sortie.

Abigaïl, s'adressant à la reine. Votre Majesté m'ordonne-t-elle de m'éloigner?

La Reine, az'cc embarras. Non . . . car j'ai tout à 25 l'heure* des ordres à vous donner . . . (Avec une se-

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cher esse affectée.) Prenez un livre. {A la duchesse d'un air gracieux. ) Eh bien ! duchesse ? . . .

La Duchesse, avec humeur.^ Eh bien! malgré le discours de Bolingbroke, les subsides seront votés, et S la majorité, jusqu'ici douteuse, se dessine pour nous,^ à la condition que la question sera nettement tranchée,^ et qu'on renoncera à toute négociation avec Louis XIV.

La Reine. Certainement.

10 La Duchesse. Voilà pourquoi l'arrivée à Londres et la présence du marquis de Torcy produisaient un si mauvais effet; et j'ai eu grandement raison,* comme nous en étions convenues, de promettre en votre nom que vous ne le verriez pas, et qu'aujourd'hui même il 15 recevrait ses passeports.

Abigaïl, près du guéridon à droite où elle est assise, et laissant tomber son livre. O ciel!

La Duchesse. Qu'avez-vous !

Abigaïl, regardant la reine d'un air suppliant. Ce 20 livre . . . que j'ai laissé tomber!

La Reine, à la duchesse. Il me semble, cependant . . . que sans rien préjuger,"* on pourrait peut-être entendre le marquis . . .

La Duchesse. L'entendre ... le recevoir . . . pour 25 que la majorité incertaine et flottante se tourne contre nous et donne gain de cause à Bolingbroke!

La Reine. Vous croyez ! . . .

La Duchesse. Mieux vaudrait cent fois retirer le bill, ne pas le présenter; et si Votre Majesté veut en 30 prendre sur elle les conséquences, et s'exposer au bouleversement général qui en sera la suite . . .

La Reine, effrayée et avec humeur. Eh ! non, mon

Dieu ! qu'on ne m'en parle plus . . . c'en est trop déjà ! Elle va s'asseoir près de la table à gauche.

La Duchesse. A la bonne heure !^ Je vais annoncer au maréchal ce qui se passe, et en même temps écrire, ÎX)ur le marquis de Torcy, cette lettre que je soumettrai s a l'approbation et à la signature de Votre Majesté . . .

La Reine. C'est bien!

La Duchesse. Ici ... à trois heures, en venant^ ^ prendre pour aller à la chapelle!*

La Reine. A merveille ... je vous remercie ! . . . lo

La Duchesse, à part. Enfin ! Elle sort.

Abigaïl, qui pendant ce temps est toujours restée assise près du guéridon. Pauvre marquis de Torcy , . . nous voilà bien !*

Elle se lève et va replacer près de la porte du fond le 15 tabouret qu'elle y avait pris.

La Reine, à gauche et prenant les dépêches que la duchesse lui a remises. Ah! quel ennui ! Entendrai-je donc toujours parler de bill, de parlement, de discussions politiques ? ... et ces dépêches du maréchal ... 20 qu'il me faut lire, comme si je comprenais quelque chose à ces termes de guerre! {Elle parcourt le rapport.)

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