LA BEI>È
i - El puis, vous avez pour vous de hautes protections... la notre d'abord , et , bien mieux , encore celle de ia duchesse! (Elle va s'asseoir sur le canapé àgaiirlicdu specialeur. — IMashani est debout devant elle, et Abigaïl debout derrière le ranapé sur lequel elle s'appuie en regardant Masham.) On m'a assuré, Bla.-hatn , mais vous n'en conviendrez pas, car vous êtes discret, on m'a assuré que vous l'aimiez...
MASHAM.
Moi, Madame... jamais!
LA REINE
-^ Et pourquoi donc vous en défendre ? la duchesse est fort belle, fort aimable , et le rang qu'elle occupe...
MASHAM.
Ah! qu'importe le rang et la puissance... on y songe peu quand on aime. (Regardant Abigaïl qui est debout derrière la reine.) El j'aime ailleurs!... (Abigaïl failuu geste d'etfroi.) LA REINE , baissant les jeux.
4- Ah! c'est difl'érenl... Et celle que vous aimez est donc bien belle!
MASHAM, avec amour et regardant Abigaïl. Plus que je ne peux vous dire... (Se reprenant.) Je veux dire que je l'aime... que je suis heureux et fier de cet amour; et punissez-moi, madame, si même ici, devant vous et à vos pieds, j'o*e l'avouer...
LA REINE, se levant brusquement.
■4f Taisez-vous !...K'entendez-vous pas?... abigaïl, montrant la porte du cabinet à droite. On frappe à cette porte !
MASHAM, montrant les portes du fond.
Ainsi qu'à celle-ci!
abigaïl.
El ce bruit au dehors!... les apparlemens se remplissent de monde.
LA REINE
j^ Comment fuir maintenant?... (A part avec efiroi.) Et cette phrase de la duchesse ! (Haut.) El si on le voit ici...
abigaïl.
Là, sur ce balcon...
(Masham s'élance sur le balcon à gauche; Abigaïl referme la fenêtre.)
LA REINE
^f -C'est bien... va leur ouvrir.
ARIGAIL.
Oui, madame... mais du calme., du sangfroid.
LA REINE
', Oh ! j'en mourrai !
oooooooooocoooooooooooooooooooooocooooooooooogoooooA
scÈ^E viii.
Les Mêmes. Abigaïl \a ouvrir les portes du fond. — Paraissent LA DU( HKSSE DE MARLRO- ROUGH et plusieurs Seigneurs de la cour ; BO- LLNGHROKE entre après eux. — Abigaïl va également ouvrir la porte à droite, d'où soitent plusieurs demoiselles d'honneur.
LA REINE
-f Qui ose ainsi, à cette heure... dans mes apparlemens... Ciel! la duchesse...* Une pareille audace!...
LA DUCHESSE, regardant autour d'elle dans l'appartement.
Me sera pardonnée par votre majesté, car il s'agit d'importantes nouvelles... d'où dépend le salut de l'Etat!
LA REINE, avec impatience.
•f Lesquelles?
LA DDCHESSE , examinant toujours l'appartement. Des nouvelles qui mettent en rumeur... et agitent toute la ville... (A part, regardant le balcon.) Il ne peut être que là. (Haut.) Lord Marlborough m'apprend que l'armée française vient d'attaquer à Denain les lignes du prince Eugène, et a remporté une victoire complète.
BOLlNGBROKE, froidement.
C'est vrai !
LA DDCHESSE , courant à la fenêtre , Abigaïl fait quelques pas pour la retenir et se trouve ainsi placée entre la duchesse et la reine.
Tenez... entendez-vous les cris furieux de ce peuple?...
BOLlNGBROKE,
Qui demande la paix!...
LA Di;CHESSE , qui vient d'ouvrir la fenêtre , et poussant un cri.
Ah !... monsieur Masham... dans l'appartement de la reine!...
LA REINE , à part, et voyant paraître Masham. ' C'est fait de moi! '*
ABIGAÏL, bas à la reine.
Non !... je l'espère !... (Tombant i ses genoux.) Grâce , madame!... grâce!... c'est moi quià votre insu... l'avais reçu celle nuit...
* La Duchesse , la Reine , Abigaïl , Boiingbroke.
" Masham qui vient de sortir du balcon à gauche, la Duchesse, Abigaïl, la Reine, Boiingbroke; au fond, Seigneurs et Dames de la cour.