DE LA SILICE
Dès 1839, Gaudin, en fondant pour la première fois la silice, avait remarqué que la fusion s’accompagnait d’une volatilisation abondante. Le fait est aujourd’hui bien connu de tous les fabricants de verre de silice. Heraeus, parlant de la fusion au chalumeau oxhydrique, signale qu’à la température qu’il faut atteindre, la silice est très volatile et se condense en une poussière blanche floconneuse : il a évalué qu’un chalumeau vaporisait 20 grammes de silice par heure. Voelker indique .aussi que le voisinage des points de fusion et d’ébullition du quartz est l’une des causes qui rendent difficile le travail de la masse pâteuse du quartz passé de l’état cristallisé à l’état amorphe.
L’impression générale que l’on recueille dans les usines est que la volatilisation commence à une cinquantaine de degrés au-dessus du premier ramollissement de la silice. Cette opinion concorde avec les résultats de Cramer, qui a constaté une forte vaporisation à 1.750°, celle-ci étant nulle à 1.600°.
On a cependant observé la volatilisation delà silice à des températures beaucoup plus basses, de l’ordre de 1.300°, dans les hauts fourneaux, les fours à faïence et les volcans. Moissan a signalé le même phénomène à 1.200°, en présence de carbone et d’hydrogène.
Ainsi que l’a montré récemment Wartenberg, la volatilisation de la silice à basse température a toujours lieu en présence d’un gaz réducteur (H1 2 ou C + H“0) et elle est due simplement à une réduction partielle, suivie de la sublimation et de la combustion de la vapeur de silicium dans les régions plus froides. Wartenberg a établi que la silice commence à être réduite par l’hydrogène entre 1.350° et 1.400° et par le carbone à 1.250° ; au contraire, en l’absence de réducteur, il n’y a aucune volatilisation à 1.350°.
Dans les opérations industrielles de fusion, le sable quartzeux employé retient toujours un peu d’humidité et le résistor de chauffage est en carbone ; par conséquent, à la vaporisation propre de la silice vient s’ajouter une volatilisation en quelque sorte chimique, dont l’importance est cependant secondaire, selon toute vraisemblance.