GLACES BRUTES MINCES COULÉES
Il y a une trentaine d'années, M. J. Hartley, de Sundeiiand, eut l'idée de fabriquer pour les vitrages et les couvertures des serres, marquises, auvents, abris, des verres plus minces, d'une fabrication plus économique que les grandes glaces coulées ; ces glaces étaient désignées sous le nom de rolled plate, en Angleterre.
Plusieurs verriers anglais ont imité M. Hartley; puis la Compagnie de Saint- Gobain amis en pratique ces procédés, et a donné à ces glaces le nom de verres a reliefs à cause du dessin en creux existant sur les tables de fonte sur lesquelles on coule et lamine ces glaces. Nous n'avons pas à insister sur les appli-
cations de ces verres qui sont fort nombreuses et au sujet desquelles M. Salvetat a fait, il y a quelques années une communication à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.
Le soufflage du verres à vitre représente une main-d'œuvre coûteuse. Le trégetage du verre à glaces est devenu une opération superflue. En rejetant le premier mode d'opérer et en prenant au contraire une manière de faire intermédiaire entre le soufflage et le trégetage on est arrivé à un mode de fabrication satisfaisant pour des verres qui sont plus épais que le verre soufflé, moins épais que la glace, d'un prix supérieur au verre à vitres, d'une valeur moindre que les glaces.
Gomme dans le trégetage, pour la fabrication qui nous occupe on puise le verre dans les creusets à l'aide de poches eu cuivre ou en acier fondu lesquelles
contiennent 20 à 30 kilogrammes de verre. Une de ces poches, manœuvrée par trois hommes, est plongée dans un creuset plein de verre, puis une fois emplie est amenée au-dessus d'une petite table en fonte sur laquelle on la vide. A l'aide d'un rouleau uni on lamine ce verre auquel la largeur et l'épaisseur sont données à l'aide de tringles et de « mains » ou guides, comme pour le coulage des grandes glaces. L'épaisseur donnée à ces glaces, la longueur et la largeur sont limitées, d'une part par l'épaisseur des tringles sur lesquelles avance le rouleau, d'autre part par la capacité des poches, puis parles dimensions ou superficie des tables. La cannelure, le relief, donné à ces glace a pour but de masquer les défauts qui se trouvent dans ces glaces, défauts qui résultent du mode de coulage ; il a en outre l'avantage de donner moins de transparence au verre, ce qui donne encore plus d'extension aux emplois auxquels ces verres sont destinés.
Ces glaces une fois coulées, laminées, sont, comme les grandes glaces, introduites dans le four à recuire ou carcaise ; là elles sont relevées afin d'y occuper moins de place, puis après refroidissement elles sont enlevées, équarries, et livrées au commerce.
Ces produits sont désignés sous le nom de verres de toiture, verres coulés à reliefs, ou verres striés.
HENRIVAUX. — LE VERRE. 289
Le verre cannelé et le verre à petits losanges {ùg. 159, 160) s'emploient concurremment pour cloisons, portes, fenêtres, dans les écoles, bureaux, magasins,
FiG. 159. FiG. 160.
locaux industriels, gares, halles, marchés, serres, vérandahs, cours vitrées, habitations, etc.
Le verre simplement cannelé s'applique tout spécialement à la toiture.
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FiG. 161,
Le poids des feuilles est d'environ 12 500 par mètre carré. L'épaisseur varie de 4 à 6 millimètres.
Les feuilles de 2 mètres de long sur 0™,50 de large rentrent dans les dimensions courante ; les ailes du Palais du Trocadéro sont vitrées avec des feuilles de 2'", 82 de longueur sur 0'",62 de largeur.
ENGVCLOP. CHIM. 19
290 ENCYCLOPÉDIE CHLMIQUE.
Parmi les nombreuses applications, on peut citer :
A Paris : l'Hippodrome, la Société du Val d'Osne et les ateliers Migonnet- Rouart, l'administation des Pompes funèbres, les ateliers Marinoni, la gare d'Orléans, etc.
En province : les gares de Nevers, Lyon, Grenoble, Mâcon, Compagnie des Bombes, Orléans, etc., les ateliers du Creusot, les marchés de Dijon, Bordeaux, etc.
Indépendament des glaces minces ou verres à reliefs on emploie aussi depuis quelques années des dalles — ou glaces brutes — épaisses de ^0 à 30 et 35
millimètres. Quand les glaces ont plus de 14 millimètres d'épaisseur, elles prennent le nom de dalles. Ces pièces servent généralement à l'éclairage des soussols, et se posent sur des châssis en fer (fig. IGl). On fabrique également des pavés en verre sur lesquels les voitures et les chevaux peuvent circuler (fig. 162, 163, 164).
Ces dalles peuvent être moulées suivant toutes formes et dessins au gré de l'acheteur.
Les moules que l'on emploie couramment permettent de livrer, à bref délai, des dalles carrées ou rectangulaires, dont les dimensions peuvent varier suivant deux échelles: soit de 3 centimètres en 3 centimètres, soit de 4 centimètres en 4 centimètres, jusqu'à 0'",60 de côté et même au delà.
L'épaisseur de ces dalles varie de 30 à 35 millimètres, et le poids du mètre carré, de 75 à 80 kilogrammes.
La vente se fait au poids.