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VERRES COLORÉS

La fabrication des verres colorés est très ancienne ; autrefois il était plus difficile d’obtenir des verres blancs, qui exigent des matières premières purifiées, que de fabriquer des verres colorés. Il est donc naturel de voir les vitres de couleur employées bien avant les vitres ordinaires blanches.

Les verres de couleur ont été fabriquées en grande quantité du douzième au quinzième siècle ; leur fabrication était étroitement liée à celle de la peinture sur verre, à la fabrication des vitraux.

Dès le seizième siècle, la décadence de cet art de la peinture sur verre, de la décorafion à l’aide des verres colorés, se fait sentir en même temps qup le sentiment religieux diminue.

Au dix-huitième siècle, qq recommence, en France, la fpmjpatjqn du vpçrp à vitres en manchons, on fabrique également quelques verres de cqujPUV» Yprres bleus, jappes, violets, dont les applications sont très Jim4pps.

Vers 1825, oq reprit la fabrication des vitraux et par là on dut fabriquer le nouveau des verres de coulçur.

M. Bontemps, alors directeur de la verrerie de Cl}pisy-le-Rqj, entreprit, en 1820, des essais de reproduction de yeiTps de epujeur et notamment des venes rouges, verres doublés çt verres colorés dans lapasse. lians cpUe

(1) Dictionnaire technologique, t. X^II, p. 210. Paris, 1835.

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branche de la verrerie, comme dans tant d’autres, M. Bontemps réussit et ses tentatives, récompensées en août 1826, par la Société dTencouragement, furent immédiatement appliquées à Clmisy-le-Roi. Aussi dans l’excellent ouvrage de M. Bontemps (le Guide du verrier), le chapitre des verres de couleur — entre autres — estril traité d’une façqn remarquable et très étendue. Nous sompies heureux de rendre encore ici hommage à l’un des maîtres les plus autorisés de la verrerie.

Les verres colorés comprennent les verres colorés dans tpute leur masse, et les verres formés d’un verre incolore recouverts d’une couche de verre coloré. Ces derniers portent le nom de verres doublés ou plaqués.

Quant au verre rouge , il ne s’obtient jamais d’une, première fonte ; plus il a été fondu, plus on peut avoir la certitude d’obtenir une teinte belle et uniforme.

M. de Fontenay s’est aussi occupé de laj fabrication des verres colorés (1836), de la décoration de la gobeletterie au moyen de couleurs vitrifiables appliquées au pinceau et rehaussées par la gravure; en 1837, de la production de la coujeur pqurprp eq ddffllllJPè chaussée pqp la gravure ; le doublé rose par le pourpre de Cassius; les doublés bleu, vert et améthiste, au moyen des oxydes de cobalt, de cuivre, de chrome et de manganèse, le tout avec applications de tailles variées et riches, produits qui acquirent une grande réputation à la verrerie de Vallérysthal. Ces progrès furent récompensés par deux médailles d’op obtenues par cette usine et pqr §pn directeur, ftï. de Fontenay, en 1838 et 1839, aux Expositjpns de Paris et de Nancy, et par d’autres récompenses données par la Société d’encouragement. Quelques années plus tard la cristallerie de paccarat en s’attachant M. de Fontenay a pu réaliser rapidement tous les progrès dus à pet habjle industriel. Jl en fut de fpême aux cristalleries de Saint-Louis qui s'attardèrent M. Marcus, à la pristaljprie tje Clichy qui doit le rang qu’elle tient dans l’industrie spéciale dont nous nous occupons, aux travaux de M. Clémandot dont tous les verriers connaissent le nom, et dont beaucoup d’entre eux ont pu apprécier les conseils.

Nous ne pouvons terminer cet exposé sans citer le nom si justement honore de M. Peligot, dont le travail sur les verres colorés par l’uranp (vprreç dichroïdes) a doté l’industrie d’une série de verres du plus joli effet et de propriétés si remarquables.

Aujourd’hui, parmi les fabricants de verres de couleur les plus habiles, nous devons citer MM. Apperf frèrps.

Les substances employées pour coiorer (p verre ou le cristal, sqqt gq gpqpraj des oxydes métalliques que le commerce fournit dans un état de pureté Russj grand qu’oq peut le désirpr.

Les oxydes que l’on emploie doivent toujours être essayés, soit avec un verre ordinaire, soit avec un verre plombeux.

Les verres colorés étant destinés souvent à être doublés , c’est-à-dire à être superposés les uns aux autres, doivent se dilater également squs l’influence delà chaleur: on ne peut arriver à ce résultat que par tâtonnements; les verres colorés plombeux sont ceux qui remplissent le plus facilement ces conditions, étant appliqués sur du verre ou du cristal incolore.

A quantité égale, un oxyde colorant quelconque donne une coloration d au-

ant plus intense que le verre dans lequel on l’incorpore est plus basique , e. inversement s’il est acide.

Les oxydes métalliques employés dans la coloration des verres sont susceptibles de donner des teintes différentes :

1° Suivant l’état d’oxydation dans lequel on les emploie;

2° Suivant la nature des verres dans lesquels on les incorpore : sodiques, potassiques ou plombeux ;

3° Suivant le degré de température auquel on les soumet ;

4° Suivant la durée de cette température.

L’effet qui se produit dans ces deux derniers cas, est une modification dans l’état d’oxydation du métal.

Ci-dessous le tableau des colorations diverses données par les oxydes ou corps colorants, dans les verres et dans le cristal.

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