VERRE POTASSIQUE
VERRE PLOMBEUX.
Oxyde de cobalt .
Bleu violacé terne.
Bleu un peu vert brillant.
Bleu.
Bioxyde de cuivre .
Bleu céleste tournant au vert.
Bleu céleste très brillant.
Vert.
Protoxyde de cuivre .
Rouge pourpre jaunâtre.
Rouge pourpre plus jaune.
Rouge pourpre sang.
Oxyde de chrome .
Vert jaune herbe.
Vert jaune brillant.
Jaune rougeâtre.
Oxyde d’uranium .
Jaune vert peu dichroïde.
Jaune serin très dichroïde.
Jaune topaze très peu dichroïde.
Peroxyde de manganèse..
Violet rougeâtre sombre.
Violet améthiste brillant.
Violet rougeâtre.
Oxyde de nickel .
Violet jaunâtre sombre.
Violet améthiste sombre.
Violet bleuté.
Peroxyde de fer .
Vert bouteille.
Vert bouteille plus jaune.
Jaune vert sombre.
Protoxyde de fer .
Vert bleu.
Vert bleu presque bleu.
Oxyde d’or .
(Or précipité) marron et bleu.
Rouge et rose.
Rouge et rose.
Oxyde d'argent .
Jaune serin et jaune orangé dichroïde si le verre est désoxydant.
Carbone et soufre .
Jaune serin.
Jaune d’or.
Noir (hyalithe).
Antimoniate de plomb . . .
Opaque blanc.
Opaque blanc à une température élevée devient transparent.
Orangé opaque avec addition de fer est plus foncé.
Les verres colorés en bleu par l’oxyde de cobalt ne présentent aucune difficulté dans leur préparation ; l’oxyde de cobalt n’a pas même besoin d’être d’une pureté parfaite. Quand le verre est fondu, on y ajoute une quantité d’oxyde de cobalt qui varie avec l’intensité de bleu que l’on veut produire.
Carbonate de soude .
Carbonate de chaux .
Sable .
Oxyde de cobalt .
Oxyde de cuivre noir .
Minium .
Nitrate de soude .
Groisil blanc .
En général, une petite quantité d’oxyde suffit pour donner un verre très fortement coloré (1).
Par transparence, le verre coloré par l’oxyde de cobalt purifié, est rougeâtre, c’est-à-dire que lorsque l’on regarde à travers un verre bleu au cobalt l’intérieur d’un four de fusion, l’atmosphère du four paraît rougeâtre ; pour obtenir une teinte neutre, et juger alors convenablement de l’ardeur de la flamme de ce four, il est bon d’ajouter un peu d’oxyde de fer à l’oxyde de cobalt employé comme colorant.
Voici deux compositions qui donnent de bons verres neutres ; le numéro 1 est employé pour l’examen des fours ; le numéro 2 peut servira fabriquer des verres minces pojir lunettes qui peuvent même remplacer les verres dits « verres
fumés r:
Carbonate de soude à 92° . . .
Carbonate de potasse .
Carbonate de chaux .
Minium .
Sable .
Oxyde de fer de battitures. .
Oxyde de cuivre .
Oxyde de cobalt .
Oxyde de manganèse .
Le verre coloré en bleu céleste peut être produit, comme nous l’avons dit, avec le bioxyde de cuivre ; mais la teinte bleue ne s’obtient avec l’oxyde de cuivre que dans le cas où le verre est alcalin. Le bioxyde de cuivre donne une teinte d’un vert-émeraude lorsqu’il est mélangé à l’oxyde d’uranium qui, colorant les verres en jaune, produit une teinte verte avec la couleur bleue due au bioxyde de cuivre'.
Les verres à l’urane présentent un double reflet et sont dichroïques (ou dichroïdes) ; il faut éviter l’emploi du cristal dans leur préparation. Les verres à base de chaux et dépotasse — exempts de plomb — sont ceux qui donnent les meilleurs résultats. En ajoutant à de la composition blanche 2 à 3 centièmes d’uranate de potasse, on obtient ce verre dichroïde.
Pour les verres violets, obtenus avec le peroxyde de manganèse, on obtient
(B) M. Bontemps (composition à fondre si possible en pots couverts).
(1) On n’emploie pas le sulfate de soude dans les compositions des verres de couleur; la nécessité de joindre du charbon au sulfate de soude empêche cette composition. Le charbon | réduirait les oxydes métalliques colorants.
les plus belles teintes en ajoutant aux compositions vitrifiables un peu d’azotate de potasse, afin de maintenir le maximum d’oxydation du manganèse.
Voici quelques pompositiops de verres violets :
Sable .
ni
Carbonate de soude .
jlQ
Carbonate de potasse .
Minium .
Carbonate de chaux .
Groisil .
Nitrate de soude .
Peroxyde de manganèse. . . .
Nitrate t}p potasse . .
Borax fondu.
Sulfure d’antimoine .
Peroxyde de manganèse .
Or déionant broyé avec de l’essence
de térébenthine . .
(IV) M. Bontemps, violet doublé fondu en pots couverts.
On produit les verres colorés en rose avec le pourpre de Cassius, en rouge avec le protoxyde de cuivre et le peroxyde dç fer. Avec le pourpre de Cassius on obtient 1 é verre d'or ou verre rubis. En ajoutant de l’argent à des préparations d’antimoine, on peut produire presque toutes les nuances du rouge, du rose au rouge pourpre. On a cru pendant longtemps qu’pn ne pouvait préparer le verre rubis avpc aucune autre préparation d’or que le pourpre de Cassius. Cependant Fuss a montré il y a environ vingt-cincj ans qu’on obtenait un verre rubis tout aussi bon en humectant le verre ou plutôt la composition employée pour sa préparation avec une dissolution de chlorure d’or. Si le verre d’or obtenu par fusion de la composition précédente est refroidi rapidement, il est incolore tout comme le verre de protoxyde de cuivre. Si ensuite on le chauffe doucement, mais de manière à ne pas le ramollir, Ja magnifique coqjeqr rpuge:fubjs apparaît subitement. On donne à cettp opération le nom de recuit du verre , et elle s’effectue aussi bien daqs l’oxygène que dans l’hydrogène et l’acide carbonique. Le protoxyde de cuivre employé pour la préparation du verre de protoxyde de cuivre se prépare en chauffant au rouge des copeaux de cuivre ou {lien on se sert dans le même but des cendres de cuivre, qui se composent en majeure partie de protoxyde de cuivre. Comme base on se sert d’un verre plombeux auquel on ajoute environ 3 pour 100 de protoxyde de cuivre. Comme ce dernier a une grande tendance à se transformer en bioxyde de cuivre et par suite à colorer le verre en vert, on doit ajouter une petite quantité de corps réducteurs; on emploie donc dons ce but des batti tures de fer, de la limaille de fer, de la suie, de lamine de tartre OU bien encore le brassage avec le bois vert. 4près ce refroidissement le verre de cuivre est incolore; ayant parfois une teinte très légèrement verdâtre ; lq couleur rquge n’apparaît que sous l’influence du recuit.
Le verre rose, appelé rubis de Bohême , se prépare en fondant le mélange forroé de ;
Quartz étonné et pulvérisé . 100
Minium . . 1^0
Potasse fjne frittée .
HENRIVAUX. - RE VERRE.
On pense généralement que c’est de l’or très divisé qui colore le verre en
rose.
La fabrication du verre rouge à l’or, quoique très ancienne, est difficile et exige des tours de main que chaque fabricant conserve avec soiq.
L’or métallique cqmmunique également au verre la coloration pourpre; pour obtenir une cploratipn uniforme il convient d:employep l’or à un très grand état de division; aussi l’état physique de l’op est-il plus à considérer que son état t chimique; on l’emploie à l’état de chlorure, d’oxyde de pourpre de Cassius, etc. i On imbibe le sable, entrant clans la composition du verre, ou le mélange vitrifiablp lui-même, avec la dissolution du sel d’or à intercaler dans le mélange.
La température nécessaire à la fusion dp yerre pourpre est plus élevée qne la température de fusiqn de l’qr ; l’or entre en fusion avant de faire partie intégrante du verre, pn doit éviter qu’il se rassemble en gouttelettes vers le fond du preuset et par là spit soustrait à toute action dissolvante. En arrosant ainsi le mélange avec la dissolution du sel d’or, il en résulte une sorte de réduction de j l’or, de dorure des grains de sable, de telle sorte que l’or est ainsi maintenu ! plus longtemps en suspension dans la masse subissant la vitrification.
Les verres colorés par l’or, contiennent tellement peu de ce métal, que l’on a songé déjà à englober dans du verre ou dans du cristal des roches porphy- ! risées contenant des quantités d’or trop faibles pour être décelées par l’analyse chimique, et on a ainsi obtenu des colorations par le réchauffage de cristal contei nant moins de un cent-millième d’or.
Le verre rose ne s’emploie guère que comme doublage, sa composition doit être à peu près la même que celle des pièces sur lesquelles elle doit être appliquée et on ne l’emploie lui-même que dans une faible proportion de la pièce à doubler. Dans une pompositipn vitrifiable contenant un sel d’or, on devra ajouter un peu dé minium pour rendre }e verre plus malléable, et on emploiera une partie de la potasse à l’état de nitrate, on devra aussi s’abstenir d’employer la soude. Les matières étant mélangées sont introduites dans un petit creuset et portées au four dont la température pst frès élevée ; après la fusion et le recuit, on obtient une masse souvent incolore, quelquefois bleuâtre, qui, divisée en menus fragments, prendra au ramollissage une belle couleur rouge.
D’après M. Peligot, le verre rose s’obtient également au moyen de la dissolu- I tion d’or dans l’eau régale qu’on mélange avec le produit qui résulte de l’action de l’acide azotique sur l’étain. Les deux liqueurs sont versées sur le sable en ; opérant comme il a été dit ci-dessus. On se sert aussi, poqr le même objet, du pourpre de Cassius., On ne se rend pas bien compte du rôle utile que l'oxyde d’étain peut avoir daps cette préparation.
L’addition au méjange d’une quantité infinimeqj; pgtite d’oxyde de cobalt fournit la teinte un peu violacée des feuilles de roses.
L’intensité de la couleur est en raison de la proportion d’or employée. Pour doubler des verres opales ou pâte de riz, ou bien pour tripler sur émail, on a besoin d’un rose très clair. Dans ce cas, on n’introduit dans la composition que un demi-millième et même un dix-millième d’or.
Lorsque Ig cristal doré est longtemps chauffé, étant convenablement ramolli, il prend d’abord la couleur rouge, pqis il se décolore partiellement, et il pré-
sente, après refroidissement, une teinte bleuâtre avec des paillettes très fines d’or brillant ; on fait avec ce produit des objets de bijouterie qui ont eu dans ces derniers temps une certaine vogue.
La fabrication des pièces colorées en rose ou en rouge groseille exige des soins particuliers. On fait, d’une part, une paraison de cristal ordinaire, à laquelle on , fait adhérer un petit fragment de cristal aurifère ; en ramollissant ce verre à l’ouvreau, la couleur rouge se développe; on le rabat avec les fers, on l’étend et on l’égalise sur la paraison.
D’autre part, on a cueilli, avec une autre canne, du cristal ordinaire dont on ( a fait aussi une paraison sur laquelle on fait adhérer celle à deux couches qu’on vient de façonner; après qu’elle a été convenablement ramollie à l’ouvreau, on l’étend, et on la rabat, comme un champignon, avec les pinces. On a ainsi une pièce composée de trois couches; celle du milieu est aurifère. La pièce est alors terminée par les procédés ordinaires. Par la taille, on entame plus ou moins la couche aurifère, et on obtient ainsi des cristaux blancs avec des dessins routes , ou roses. En opérant ainsi, la couche d’or se trouve garantie d’une fusion qui amènerait l’or à l’état de petits globules offrant l’aspect métallique. Dans le but j d'obtenir le même retrait, on se sert, comme nous l’avons dit, de cristal ayant la même composition.
Pour les autres verres doublés, on procède autrement : on souffle une petite paraison de cristal coloré, qu’on allonge et qu’on étire avec les fers, de manière à lui donner la forme d’un cylindre épais; celui-ci étant ouvert à son extrémité, est évasé, et coupé avec un fer froid ; on en sépare une pièce conique, ouverte ! des deux bouts, qu’on pose sur un support creux en fer ; on introduit dans l’intérieur de ce cône une paraison de cristal incolore ; l’adhérence étant produite, on réchauffe à l’ouvreau, et le verre coloré est réparti uniformément sur la surface du verre blanc. La pièce, ainsi doublée, est terminée par les moyens 1 ordinaires.
D’après M. Bontemps, voici une composition qui fondue en pots couverts i donne un beau verre rose dont on fait souvent usage pour le verre doublé.
D’abord on prend du cristal blanc, soit :
Sable . 100
Minium . 66,66
Carbonate de potasse . 33,34
Puis avec ce cristal on fait la composition suivante :
Cristal blanc (en menus fragments) . 100
Minium . 15
Salpêtre . 3
Pourpre de Cassais..- . 0,25
Antimoniate de potasse . 3
On mélange ensemble d’abord le minium, le salpêtre, l’antimoniate et le pourpre de Cassius, et on mêle ensuite le tout avec le cuivre en fragments et on enfourne dans un pot couvert. Le verre qui en résulte paraît d’abord blanc; ce j
u’est qu’en le réchauffant qu’on lui voit prendre la couleur rouge. Ce verre se travaille en doublé comme le rouge et, comme il est d’un prix élevé, on évite de le cueillir à la canne, on le coule en bâtons. Pour cela le verrier cueille le verre au bout d’un ponlil, puis il le marbre de manière à en faire un cylindre massif de 0'\12 à 0m,15 de long et de 0m,4à 0m,5 de diamètre; il tranche ce cylindre ! près du pontil, et le détache dans le four à recuire, puis il en cueille un second, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le contenu du creuset soit épuisé. En faisant ainsi quelques potées travaillées de cette manière, on peut avoir un approvisionnement pour faire une très grande quantité de verre doublé, pour lequel on procède de la manière suivante : On fait chauffer dans une arche le nombre de bâtons présumés nécessaires pour un travail ; un gamin prend un de ces bâtons au bout d'un pontil sur lequel il y a un peu de verre chaud; il va réchauffer ce bâton à l’ouvreau ; puis, venant à son maître qui a de son côté pris une très petite portion du verre au bout de sa canne et qu’il a commencé à souffler, il applique ' le verre de couleur contre le verre blanc. L’ouvrier tranche alors avec sa pincetle ce qu’il veut de verre de couleur, soit le cinquième, le quart ou le tiers du bâton de couleur; puis il va chauffer de nouveau, et enfin va cueillir le verre blanc nécessaire par-dessus son verre coloré. Au lieu défaire des bâtons cylindriques, on peut encore couler le verre dans une sorte de lingotière; tranchant le verre de distance en distance pendant qu’il est encore chaud, on le divise ainsi en frag-
Îments d’une longueur voulue que l’on fait recuire.
Par celte méthode, on évite de mettre du verre coloré sur la canne; tout le verre coloré est employé sans perte dans la pièce fabriquée.
On peut encore obtenir un beau verre rouge en prenant du cristal blanc, attendri par 5 à 6 pour 100 d’oxyde de plomb, et y ajoutant, à l’état de pourpre de Cassius ou de dissolution dans l’eau régale, 50 à 100 grammes d’or fin. Le verre sera d’autant plus beau qu’il n’entrera pas de soude dans la composition et que la température du four de fusion sera plus élevée, et plus rapidement élevée.
| Voici encore d’autres compositions :
Sable . . .
Potasse .
Chaux éteinte à l’air .
Pourpre de Cassius .
Oxyde de manganèse .
Nitrate de potasse .
Sulfure d’antimoine .
Minium .
En résumé on peut dire que :
1° Pour préparer un verre coloré en rouge par de l’or, il n’est pas nécessaire d’employer du pourpre de Cassius, ou d ajouter au chlorure d or de 1 oxyde d’étain ou de l’oxyde d’antimoine.
2° On peut, par l’addition de chlorure d’or ou même d’or métallique très divisé, I soit à un verre plombeux très fusible, soit à un verre à base de potasse ne renfermant que très peu de minium (1/1286), obtenir un verre qui se colore en rouge
pendant le travail.
3° Si l’oh emploie du pourpre de CaSsiUs; ce dernier est décbmposé pendant \à fusion du verre, et il s’ëri sépare de l’or métallique.
4° En porphylisant de l’or métallique èli poudfe fine avec des substances düres et pulvérulentes on obtient des mélanges colorés eri rouge.
5° La coloration dii verre paraît due, süivatit tdutes les probabilités, à dé l’br très divisé.
Plusieurs autres corps métalliques présentent des phénomènes de coloration analogues. Le platine et l’iridium ert podüre mélangés avèc dë l’értiail donnetit une belle codleur noire bon métallique. L’argent cdlbèe les tërres ert jaurte , transparent, tus par réfraction, ët ert vert blèü grisâtre; Viis par réflexion. LorsqUe ces Verres sont réchauffés ürt trop grand rtbftibfë de fois, ils devienneht laiteux, et on y distingue des petits grains d’argerit, phénomène absolument identique à celui produit par l’or.
Enfin; les changements de Couleur produits par les Changements d’état moléculaire de l’iodure de mercure; du carbone, du soufre; du séléhiürh, du phosphore, du mërcUre, de l’oxyde de fer; etc., et les arineaux colorés, prouvent que rien ne s’oppose â Ce que l’or présente les mêmes phénomènes.
VÈRttÊ itOÜGE CdLbUÉ PAU LÈ CUlVitÊ
Les ancieris connaissaient le mdyen dé colorer lë Verre eh fdtige à l’aidé de l’oxyde de cuivre. Néri et Kunckel en font mention dans leurs oUvfages.
« Prenez vingt livrés de la fritte de cristal, uhë livre de fragments de vërre blanc, deux livres d’étain Calcirié; mêlez tOutës CCS irtaliërës: faltés-lés foridrë et purifiër; lorsque tbüt le mélange sera foridu, prêtiez parties égales de : limaille d’àcier Calcinée et pulvérisée; et d’écailles de fer biërt broyées, mêlez I ces deux matières, et mëttez-en deux onces dans lë verre lorsqu’il sera bieii purifié ; ce mélange le fera gonfler considérablement; il faudra lui donner cinq ou six heures de temps pour s’y incorporer parfaitement ët prendre garde dë ne point trop mettre de la poudre que l’on vient d’indiquer ; cela rendrait le verre noir, au lieu qu’il doit être d’une couleur foncée mais transparente. Lorsque vous j serez parvenu à lui donner cette couleur, prenez d’aes-ustum du chapitre xxiv, . bien broyé environ sii drachmes ; mêlez-les au vërre, et ferrtüez souvent le mélange ; à la troisième ou quatrième fois, votre màtièrè paraîtra avoir pris un j rouge de sang. Il faudra faire de fréquentes épreuves de la couleur : et aussitôt qu’on la trouvera telle qu’on la demande, il faudra se mettre à travailler promptement cette composition ; car sans cela le rouge disparaîtra et le verre deviendra ! noir. De peur que la couleur ne disparaisse, il faut outre cela qüe le Creuset soit découvert, et que toutes les circonstances s’observent soigneusement; ! sdftout on se gardera de mettre trop de limaille d’acier et d’écailles de fer, de peur que le verre ne noircisse au lieu de prendre une couleur d’un jaune obscur ; c’est alors qu’en y ajoutant le cuivre calciné il deviendra d’une J très belle couleur. J’en ai l’expérience, il faut aussi que la matière ne s’échauffe pas trop dans le creuset, et ne demeure point plus de dix heures au fourneau ; I si la couleur venait à disparaître pendant cet intervalle, ce qui arrive quelque- |
fois* on la rétablirait en ajoutant de bouveau des écailles de fer; Celte opération demande beaucoup d’attention et de soin. »
Remarques de J. Kunckel sur le chapitre lviii. — « En suivant le procédé indiqué par l’auteur pour le rouge; l’on aura une couleur si foncée qu’à moins de rendre ce verre extrêmement mince en le soufflant, on ne pourra en distinguer la couleur ; il est presque impossible de faire cette composition de cette façon dans ' nos fourneaux de verrerie allemande, parce qu’il faut Ütië manière toute partii culière de gouverner le feu. Après m’être donne des peines incroyables, je puis me flatter d’être enfin parvenu à faire le plus beau rouge et à imiter les rubis ; i mais comme ce secret m’a coûté beaucoup de soin, de peine et de travail, on ne trouvera point mauvais que je ne le communique pas quant à présent (1). » Dâns cette fabrication du verre rouge, le Cuivre remplit le principal rôle* c’est à lui seul qu’est düe la coloration ; les autres matières : fer, acide stannique, tartrate de pdtassse* ne sont qu’accessoires. Le cuivre à l’état de protoxyde colore le verre en rouge, c’est pour le maintenir à cet état d’oxydation qu’on ÿ ajoute divers composés. L’oxyde de cuivre que l’on emploie provient de la décomposition de l’acétate de cuivre par le sucre, ou du sulfate de cuivre par le carbonate de soude.
Voici une composition qüi pefmet d’obtenir à pots Couverts des résultats
satisfaisants :
Sable. . . . i . . 100
Carbonate de solide sec . 75
Chaux . : : i J. 20
Oxyde de fer et de cuivre (2) - 10
Acide stannique . 10
| , Quand ce verre est fondu, coulé, on le pile eh fragments d’un fcentimètre ! environ et à 100 parties de ce verre on ajbute :
ëàBlë: 80
Carbbllàte de soude . . ; . 30
Chaux . ; . ; . 14
I A 100 parties de ce nouveau verre fondu, coulé, pilé à la même grosseur ! que le précédent, on ajouie 35 parlies de sable; on fond de nouveau.
M. Bontemps conseille la formule suivante pour obtenir en pots couverts unverrë rouge très beau et régulier; ce verre est généralehient employé pour il doubler le cristal et la gobeletterie en rouge.
Minium . . . 50
Oxyde de cuivre . 1,200
Acide stannique. . . 3
Ce verre étant fondu, maclé, coulé, broyé, est enfourné et fondu de nouveau,
(1) Chap. LVIII, p. 147, l'Art de la verrerie, de Néri, Merret et Kunckel, 1752.
(2) On calcine graduellement, et jusqu’au rouge, parties égales de battitures de cuivre et de sulfate de fer. Le mélange d’oxydes ainsi obtenu est noir, assez fin; c’est celui que l’on a
employé ici.
cela trois fois de suite après des temps de fusion variant de deux à trois heures et des maclages espacés et répétés. Au second maclage et coulage, ce verre est jaune clair, au troisième il est d’un jaune orangé avec quelques parties d’un jaune transparent. Après ce troisième coulage on le mélange avec 25 parties de verre blanc formé de:
Sable . J 00
Carbonate de potasse . 36
Chaux . 18
Minium . 3
Ces 25 parties de groisil blanc sont fondues avec le verre rouge coloré et broyé décrit ci-dessus, on fond de nouveau en ajoutant seulement 30 à 40 grammes de tartre ou de copeaux d’étain et on obtient un beau rouge.
Les verres rouges du treizième siècle, qui restent rouges vus à une distance de plusieurs mètres, peuvent être imités, en ajoutant à
100 de cristal blanc,
3 à 4 parties d’oxyde d’étain,
0,800 à 1,00 de protoxyde de cuivre,
2,500 à 3,000 d’oxyde de fer.
L’oxyde de cuivre peut colorer le verre en beau vert-émeraude et en bleu clair, en bleu-turquoise et en bleu céleste.
On fabrique en Bohême et en Sibérie, un verre blanc laiteux connu sous le nom de verre d’albâtre. La composition de ce verre ne diffère pas de celle du cristal ordinaire (le cristal de Bohême est un verre non plombeux à base de potasse). Aussitôt que ce verre est fondu, on l’épuise et on l’étonne. On fond ensuite une nouvelle quantité de matières cà laquelle on ajoute, lorsque la fusion est complète, le verre étonné et froid, ce qui refroidit la masse, et, aussitôt qu’elle est fondue, on la travaille à la température la plus basse possible. Le verre restera d’un blanc laiteux, tandis que si l’on eût élevé la température, il fût devenu incolore et transparent.
Si l’on ajoute de l’oxyde ou du sulfate de cuivre à un verre incolore, et que la température soit assez élevée, on obtient un verre transparent d’un vert légèrement bleuâtre. Si l’opération a été conduite comme nous l’avons indiqué plus haut, de manière à obtenir un verre laiteux, ce verre sera coloré en bleu turquoise. Enfin si on refond ce verre coloré en bleu turquoise, à une température élevée, on obtiendra un verre bleu transparent couleur d’aigue-marine.
MOYEN DE PLAQUER LE VERRE EN TABLES OU DE LE RECOUVRIR D’UNE COUCHE COLORÉE UNIFORME
On emploie depuis quelque temps, dans les établissements qui gravent le verre au moyen d’un jet de sable, des verres en tables glacés. Le verre blanc incolore ou légèrement coloré dans sa masse est recouvert d’une couche colorée
HENRIVAUX. — LE VERRE.
plus ou moins épaisse qui, par la chaleur, s’unit avec lui pour former un conduit homogène.
■ , L industrie verrière ne produit que deux couleurs transparentes, le jaune d’or à l’argent et le rouge au cuivre, appartenant aux verres dits plaqués, ainsi appelés paice que la couche colorée ne se trouve pas sur le verre, mais qu’elle
s’unit intimement avec lui en donnant à sa surface une couleur jaune ou
rouge.
Il n en est pas de même des couleurs transparentes proprement dites, qui peuvent recevoir cette propriété à un haut degré. Les oxydes métalliques sont reliés avec la surface du verre par une masse vitrifiable aisément fusible. Pour les verres employés à la décoration des fenêtres, il faut que l’enduit soit le plus uniforme, qu’il recouvre le mieux possible et qu’il s’unisse d’une manière intime avec le verre, sans que sa surface cesse d’être plane après la cuisson. Les verres pour grisailles et fenêtres en mosaïque, doivent être fortement cuits, ce qui leur donne les propriétés que nous admirons dans les vitraux anciens.
Les verres employés pour la décoration des murs, des plafonds, des meubles, etc., doivent avoir une surface extérieure plane, lisse. Ces couleurs sont opaques.
Le transport de la couleur sur le verre, emprunté à la fabrication du verre mousseline, a lieu au moyen d’une brosse ou pinceau, et constitue une opération très difficile et quelquefois presque impraticable.
La méthode suivante, peu coûteuse, supprime toutes les difficultés et produit une couche colorée qui a partout la même épaisseur et la même intensité. La couleur n est pas transportée au moyen d’un pinceau, mais le verre est saupoudré d une manière tout à fait uniforme dans une caisse où l’on peut traiter en une demi-heure 6 mètres carrés de verre en tables. La caisse est en bois sec, bien assemblé et recouverte entièrement à l’intérieur de papier glacé ; elle est munie à hauteur d’œil de deux petites fenêtres opposées, à l’aide desquelles on peut observer la marche de l’opération, et elle est accessible de tous les côtés. Une porte, placée sur le devant, permet d’y pénétrer ; il ne peut y avoir à l’intérieur aucune partie saillante ou aucun angle rentrant et la surface doit être parfaitement unie, afin qu’il ne puisse se déposer dans ces parties des poussières fines, qui tomberaient ensuite sur le verre et le détérioreraient.
Pour pouvoir glacer en une fois 6 mètres carrés de verre, la caisse doit avoir àl intérieur lm,50 de haut, 3 mètres de long et 2 mètres de large; elle repose sur un bâti solide de O"1, 80 de haut. Un tiroir ou chariot muni de deux poignées règne sur sa longueur et sa largeur entières ; ce chariot roule sur un chemin de fer placé au fond de la caisse au moyen de six galets tournés en fer, qui doivent être graissés constamment, afin que le mouvement du chariot soit doux. Un prolongement du chemin de fer, monté sur des bras en saillie, et qu’on peut enlever, permet de retirer entièrement le chariot pour opérer le chargement et le déchargement. Toutes les ouvertures doivent bien fermer et sont recouvertes, en outre, de châssis matelassés, munis d’un côté de charnières et qu’on peut fermer de l'autre côté au moyeu de tourniquets.
La couleur en poudre fine, légèrement échauffée, est injectée dans la caisse à l’aide d’une soufflerie. Comme la force nécessaire est très faible, si l’on n’a
pas d’autre moteur à sa disposition, on peut se servir d’un mécanisme à main qui imprime à un ventilateur de 0m,20 de diamètre une vitesse de cinq cents tours par minute. Une même soufflerie peut desservir plusieurs caisses. Le tuyau qui amène l’air est placé, de préférence, en dessous du plancher, afin de ne pas gêner; il a de 0m, 020 à 0ra,025 de large et est entièrement uni à l’intérieur, afin qu’il ne puisse s’y produire aucun dépôt de couleur qui se mélangerait plus tard avec une autre couleur. Immédiatement devant la caisse, ce tuyau est élargi pour recevoir la boîte à couleur, dont le couvercle supérieur est formé d’un tamis fin et qui est disposée de telle façon que le courant d’air la traverse avec toute sa force et entraîne la couleur. Le réservoir à couleur est muni d’un clapet se fermant bien et dans lequel est encastré un verre d’observation. Le tuyau remonte par derrière et débouche dans la caisse à 0m,30 environ en dessous du couvercle ; sa partie supérieure est évasée en forme de trompette dont la largeur est quatre fois plus grande que celle du tuyau même; elle ne peut faire saillie dans la caisse, mais doit affleurer exactement la paroi postérieure de celle-ci. Du tulle à mailles serrées est tendu sur l’ouverture, afin de diviser la couleur et de retenir les impuretés qui auraient pu être entraînées.
Les feuilles de verre à glacer sont recouvertes, sur une table spéciale, d’un enduit composé de trois parties de térébenthine et d’une partie de laque, auquel on a ajouté une petite quantité de glycérine pour empêcher un séchage trop rapide. On verse le tout ensemble dans une grande bouteille et l’on agile afin d’opérer un mélange intime; on doit aussi remuer avant d’appliquer l’enduit sur le verre. Les feuilles sont placées, de préférence, sur deux règles et frottées rapidement avec une grande brosse large, puis on les dépose immédiatement sur le chariot l’une auprès de l’autre. Lorsqu’il y a de petits morceaux, plusieurs personnes doivent être employées à cette opération; en général, deux personnes suffisent pour deux caisses.
Après que le chariot est recouvert de feuilles, on le pousse sans choc dans la caisse et on ferme celle-ci au moyen du châssis. La couleur chauffée est placée dans le réservoir et, après avoir ouvert le clapet du tuyau d’air, on fait agir la soufflerie jusqu’à ce que toute la couleur ait été lancée dans la caisse, ce dont on peut s’assurer en regardant par le verre du couvercle.
La couleur, entraînée par le courant d’air dans la caisse, se dépose lentement et régulièrement sur les feuilles de verre en vertu de la pesanteur, de sorte que les poussières les plus fines tombent les dernières et qu’on obtient une couche très fine et homogène. Quand le dépôt est terminé, on vide le chariot et on place les feuilles de verre dans un canal ou moufle de séchage, où l’huile se volatilise en partie en rendant l’enduit solide. On peut alors conserver les feuilles dans un endroit sec jusqu’au moment de la cuisson. On fait ensuite de même pour la seconde caisse, et le travail marche sans interruption, de telle sorte qu’on peut remplir une caisse toutes les demi-heures. La production est donc de 120 mètres carrés pour dix heures.
L’épaisseur du dépôt se règle en modifiant la quantité de couleur placée dans le réservoir et elle ne varie pas pendant l’opération. Après dix opérations environ, on donne quelques coups sur les parois de la caisse et on enlève les poussières avec un blaireau ; on fait de même chaque fois qu’on change de couleur.
HENRIVAUX. — LE VERRE. 435
Le jaune d argent et le noir, si difficiles à produire jusqu’ici sur les grandes feuilles, s’obtiennent aisément en toute nuance et en couche régulière. En mélangeant deux couleurs, on obtient de beaux effets; la seconde couleur est déposée en couche plus mince immédiatement après la première (1).