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VERRE VERT

Eviter la teinte verte est 1 obstacle contre lequel tous les verriers ont à lutter. S’agit-il au contraire d’obtenir une belle teinte verte, franche, régulière, assez foncée, la difficulté existe encore; elle existe d’autant plus qu’avec le gaz de la houille, et pour peu que l’on agisse en pots découverts, on doit éviter la réduction partielle des sels de cuivre qui sont associés aux sels de fer et de chaux, pour produire la coloration verte. C’est cette difficulté qui nous a porté à indiquer dans ce chapitre les compositions vitrifiables que l’on doit obtenir en pots découverts, ou les compositions plus tendres que l’on doit produire en pots couverts.

Sable .

in

Carbonate de soude .

Carbonate de chaux .

Carbonate de potasse .

Minium .

Nitrate de potasse .

Nitrate de soude .

Oxyde noir de cuivre .

Oxvde de fer .

Bichromate de potasse .

La malachite artificielle est un verre tenant en suspension, dans sa masse, du cuivre à différents degrés d’oxydation.

Ces différents oxydes de cuivre se combinent avec la silice pour former des silicates pendant la fusion des matières, puisque le verre est transparent après la fonte ; mais, si l’on conduit convenablement le réchauffage des pièces, pendant le travail, ces différents oxydes de cuivre se trouvent en grande partie précipités et restent en suspension dans la masse du verre, lui donnant d’abord son opacité, et, par le mélange irrégulier des différents degrés d’oxydation, produisent les veines que 1 on remarque dans la malachite, et qui sont parfois d’une grande richesse.

Ce même principe, qui consiste à précipiter des oxydes métalliques et à les tenir en suspension dans la masse du verre, peut recevoir en verrerie de nombreuses applications. Ainsi, avec de l’oxvde noir de cuivre, on obtient un verre complètement noir.

(1) Dingler’s Polytechnisches Journal.

(-) C II, pots découverts; lit, pots couverts.

Cette précipitation des oxydes métalliques dans les masses vitrifiées n’est, du reste, que la confirmation de la loi pressentie par Ebelmen, relativement à la possibilité de précipiter les oxydes métalliques dans les silicates en fusion. Cette précipitation se fait surtout dans un verre chargé de base métallique, d’oxyde de plomb par exemple. Ainsi dans un verre acide, il faut de grandes quantités d’oxyde noir de cobalt ou d’oxyde noir de manganèse pour faire du verre noir, suivant que l’on emploie l’un ou l’autre de ces deux oxydes. Tandis que dans un verre chargé de minium, il en faut des quantités relativement faibles. Il est facile d’expliquer ce fait.

Avec de l’oxyde de chrome, on obtient un verre opaque tenant en suspension de l’oxyde de chrome, ce qui donne un verre vert de la couleur du chrome précipité, et non un verre noir. En laissant refroidir ce verre très lentement dans le four ayant servi à la fusion, l’oxyde de chrome en suspension dans la masse du verre cristallise et l’on obtient Paventurine verte de M. Pelouze.

A l’Exposition de 1867, parmi les produits de la cristallerie de Saint-Louis figuraient deux cache-pots en verre triplé bleu sur émail. Les dessins noirs sur bleu de ces deux cache-pots étaient obtenus au moyen de la précipitation de l’oxyde noir de cobalt dans les couches superficielles du verre bleu qui sert de doublure. Cette précipitation dans les couches superficielles est suffisante pour donner cette belle teinte noire qui conserve encore un peu de translucidité.

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