SOMMES
kil.
fr. c.
fr.
fr.
Sable .
Sulfate de soude .
Calcaire broyé .
Drogues (manganèse, arsenic, cal-
caire) . . .
Bois .
Charbon de bois .
Charbon, briquettes et coke .
Pots .
Tuiles .
Pigeonniers .
Grès .
Émeri .
Plâtre .
Potée .
Fournitures diverses .
Éclairage .
Entretien des fours .
Entretien du matériel .
Main-d’œuvre .
Frais généraux .
Intérêts du capital .
Totaux .
HENRIVAUX. — LE VERRE.
MM. A. Gobert et P. Marlin, commissaires belges à l’Exposition de Philadelphie en 1876, ont donné un prix de revient comparé des glaceries américaines et des glaceries belges. Voici ce document. Ces messieurs admettent qu en Amérique la main-d’œuvre coûte le double de la main-d’œuvre belge. A notre avis ces prix de revient sont inférieurs aux chiffres que nous donnons ci-contre.
En France le revient d’un mètre carré de glace polie est moindre.
Le mètre de verre brut serait d’environ. . 7 »
— doucissage . 4 d
— savonnage . 1 25
— polissage . 5 80
Frais divers, généraux, etc . 5 »
NOMENCLATURE DES FABRIQUES DE GLACES EXISTANT ACTUELLEMENT AVEC LE CHIFFRE DE LEUR PRODUCTION ANNUELLE
Belgique.
Sainte-Marie d’Oignies . 75,000 m. c.
Floreffe . 75,000
Roux . 75,000
Courcelles . 75,000
Auvelais . 37,500
France.
Saint-Gobain . 180,000 m. c.
Cirey . 90,000
Montluçon . 80,000
Aniche . 35,000
Recquignies . 50,000
Jeumont . 50,000
Angleterre.
Tyhe Plate Glass Company, à South
Schields .
Rirmingham Plate Glass C°, à
Smethwick .
British Plate Glass à Ravenhead. . .
Union Plate Glass Works, à St-
Helens .
London et Manchester Plate Glass
C°, à Suthon .
Pilkington Brothers, à St-Helens..
Russie.
Smolianinoff, environ . 20,000 m. c.
Dorpat (MM. Amelung et fils) - » ?
Miklemichef . > ’
environ 700,000 m. c
Allemagne.
Munsterbusch (Cie de Saint-Gobain).
Stolberg ( Id. ).
Waldhoff ( Id. ).
Waldenburg .
St an k au .
Schalk .
Ilerzogenrath . ; .
50,000 ni. c. 70,000 60,000 30,000 15,000 60,000 25,000
A rnérique.
LennoxFurnace (Massachussets), env. 100,000 m. c.
Louisulle (Kentucky) . » \
Star Glass Company New-Albany (In- (
diana) . »
Cristal City (Missoury) . »
Soit 1 dixième de la consommation.
fabrications
intermittentes.
Voici la composition du verre à glaces :
Silice .
Chaux .
Soude .
Alumine et oxyde de fer. . .
traces
N° 1. Verre de Saint-Gobain.
N° 2. — — ancienne composition.
N° 3. Verre de Montluçon 1868.
N° 4. Verre de Ravenhead (St-Helens).
N° 5. Verre allemand.
Le tableau ci-dessous rend compte des améliorations apportées depuis cent ans aux procédés de la fabrication, on voit ainsi le temps gagné dans les diverses phases d’une opération de coulée et de travail de glace.
Mélange et enfournement ....
Fonte et coulage .
Séjour dans la carcaise .
Équarrissage .
Doucissage (des deux côtés d’une glace de 1 mètre) à bras. . . .
Savonnage .
Polissage .
Total . .
3 heures
3 heures.
36 — machine
5 — à bras
72 — machine
246 heures. 156 heures.
Ainsi cette durée de plus de dix jours de travail a été ramenée à moins de sept jours et cette durée sera encore abrégée.
En employant le sulfate de soude pour la fabrication du verre en général, on
HENRIVAUX. — LE VERRE. *85
perd 22,5 pour 100 de soufre que contient le sulfate. La verrerie perd ainsi annuellement une somme de G millions de francs.
Au lieu de livrer le sulfate de soude aux verriers il serait préférable de leur
livrer du silicate de soude par exemple.
Lorsqu’on calcine aune température assez élevée de la silice avec du sulfate de soude et du charbon de bois on obtient du silicate de soude, un dégagement d’acide sulfureux, d’oxyde de carbone, et du soufre libre :
2 (SO'NaO) -f C4 + SiO3 = Si03“2 NaO + 4 CO + SO2 + S.
D’après les conseils de M. Fremy nous avons produit de cette manière une quantité importante de silicate de soude en fondant un mélange de 70 parties de sable, de 71 sulfate de soude et 7 de charbon de bois. Soumis à la calcination, le mélange donnait 50 pour 100 du soufre («à l’état de soufre) contenu dans le sulfate, comme l’indique la formule ci-dessus, 50 pour 100 à l’état d’acide sulfureux, les matières étant séchées. Le but que nous poursuivions en opérant ainsi était la récolte du soufre, l’utilisation de l’acide sulfureux pour la fabrication des hyposulfites et l’utilisation du silicate de soude pour la fabrication du verre. En effet, en ajoutant à ce silicate de soude un peu de silice et la proportion voulue de carbonate de chaux (si l’on est placé à proximité d une fabrique de soude, on peut utiliser, au lieu de carbonate de chaux, la chaux qui sert à la caustification de la soude, chaux qui malgré son lavage retient toujours un peu d’alcali), nous avons obtenu du verre à glaces semblable a celui c e la fabrication ordinaire comme couleur et comme choix. L’habile directeur de a verrerie de Folembray, M. Damour, à la demande de M. Fremy, a bien voulu fabriquer, il y a peu d’années, vingt mille bouteilles par ce procède et les produits obtenus n’étaient pas différents de ceux de la fabrication ordinaire.
Pour la fabrication des bouteilles, la température des arches dans lesquelles se fait le frittage des compositions n’était pas suffisante pour accomplir notre réaction et eût nécessité la création d’unfour|spécial, ou tout an moins la transformation des fours actuels. Nous n’en donnons pas moins la théorie et 1 application de cette réaction, persuadé quelle sera employée si le sulfate de soude continue à être employé en verrerie et s’il n’est pas remplace par le sel de soude, fabriqué directement par la conversion du sel marin en caibona de soude, par l’ammoniaque et l’acide carbonique.
Encadrement des glaces. - Rien n’est plus propre qu’une glace à orner une chambre, à l’éclairer quand elle est sombre a 1 agrandir quand elle est p > le à l’égayer quand elle est triste. La glace substitue a la rigidité du nui qu a e et emprisonne le regard, un vide apparent qui laisse passer la vue et 1 pensée. Mais bien des erreurs, bien des fautes de goût sont commises d u l’encadrement des glaces ! Tantôt ce sont des bordures ecra ante pa Jeu volume, étincelantes par leur dorure; ou bien ce sont des cadres n ve en e de couleur ou eu fragments de verre blanc étame La glace a be n cadrement spécial, qui souvent l’assimile a une fenetre, a une « e dont rempli l’office, il est donc naturel de l’entourer comme on entouie po
ou une fenêtre. Souvent les glaces sont entourées d’étoffes semblables aux tentures de l’appartement, ou en velours de même couleur, mais de teinte un peu plus foncée, ce qui la distingue ainsi des tableaux, des gravures qui l’entourent.
Si le cadre doré est admis, il doit être en rapport avec le style décoratif de l’appartement, ne pas amoindrir la surface de la glace par une apparence trop en relief, trop accusée, en un mot l’accessoire ne doit point effacer le principal (fig. 157).
A 1 Exposition des arts décoratifs de 1882, on a remarqué un nouveau mode
HENRIVAUX. — LE VERRE.
de décoration auquel l’inventeur, M. Juncker, a donné le nom de Sylvain- Décor. Ce procédé consiste à métalliser les plantes naturelles avant de les fixer sur le bois, la toile, le verre, en un mot, sur tout ce qui peut se prêter à une ornementation quelconque, tout en laissant aux plantes leur souplesse initiale. Il permet ainsi de les appliquer au gré de l’artiste et de reproduire les effets de la nature en emprisonnant le type choisi et lui conservant toute l’intensité de la vie. La première apparition du Sylvain-Décor s’est manifestée au Salon de 1881, où il était appliqué au cadre du Mendiant de M. Bastien-Lepage et des tableaux de MM. Gervex et Blanchon destinés à orner la salle des mariages, à la mairie du dix-neuvième arrondissement de Paris.
Le principe du procédé réside dans l’emploi de la gutta-percha eu dissolution. On fait sécher les plantes dans le sable ou dans de la sciure de bois, et on remplace la sève disparue par le dissolvant qui pénètre dans la plante, et n’altére en rien leur souplesse. Le décorateur peut alors, à volonté, donner le mouvement et le modelé qui lui convient, en soutenant tous les reliefs par un mastic analogue à celui des ornemanistes. Le travail étant fixé sur la matière qui doit le recevoir, on le recouvre, au pinceau, d’une nouvelle couche de dissolvant dont l’adhérènce est telle que le métal, préparé en feuilles très minces, se trouve solidement fixé sur la plante, en épousant jusqu’aux moindres détails, au moyen d’un repoussé spécial donnant au Sylvain-Décor l’aspect d’une pièce d’orfèvrerie.
Ce moyen répondait suffisamment à l’ornemenlation des cadres et des panneaux, mais les objets en métal ne pouvaient supporter une décoration d’une matière inférieure à la leur; c’est-à-dire qu’un vase de bronze, par exemple, doit porter des ornements en bronze. M. Juncker demanda à la galvanoplastie le complément de son travail. On arrête la première opération quand le métal recouvre assez la plante ou l’étoffe pour qu’elle paraisse déjà métamorphosée en cuivre pur ; puis l’objet qui a fait l’office de modèle disparaît en ne laissant que son masque galvanique qui, après décapage intérieur, est remis au bain, pour devenir, par renforcement intérieur, un ornement massif. Dans ces conditions, il reçoit le degré de résistance nécessaire pour lui permettre de s'appliquer par la soudure sur tous les objets en métal.